BTK : Le sérial-killer qui défia l’amérique

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btk - Denis raderLe serial-killer qui défia l’Amérique

Il s’était lui-même affublé d’un surnom, BTK, pour décrire sa méthode : «Bind» – ligoter -, «Torture» – torturer – et «Kill» – tuer. Et pendant trente ans, il avait réussi à échapper à la police. Son nom : Dennis Rader, soupçonné d’au moins dix meurtres, commis entre 1974 et 1975, dans la bourgade jusque-là sans histoires de Wichita, dans le centre-ouest des Etats-Unis.

Confondu grâce à son ADN, le tueur en série a été arrêté le 26 février 2005, à l’âge de 60 ans, puis jugé et finalement condamné à dix peines de prison à vie, pour chacun de ses meurtres, soit un total de 175 années de réclusion criminelle.

LE RAPPEL DES FAITS

Une enquête de 31 ans s’est achevée par l’arrestation du BTK Strangler, Dennis Rader, 59 ans, marié avec Paula et père de deux enfants majeurs. Né le 9 mars 1945, il a trois frères et fréquente le lycée de Heights High School jusqu’en 1963. Cet employé de la ville de Park City où il vit depuis 1971, qui est située à environ dix kilomètres de Wichita, a fréquenté les bancs de Wichita State University – comme les enquêteurs l’ont prédit – avant d’en sortir diplômé en 1979. Vétéran de l’US Air Force entre 1965 et 1969, chef scout et membre influent de la branche locale de l’église Luthérienne, Rader vit avec sa famille dans une demeure située à l’intersection de l’I-135 et de 61st Street North, à quelques pâtés de maisons de sa belle-famille.

Pour le mettre sous les verrous, le Wichita Police Department et le Kansas Bureau of Investigation ont examiné près de 5 000 suspects et prélevé l’ADN de 4 000 personnes. Selon des sources officieuses, c’est une dénonciation de Kerri, 26 ans, la propre fille du tueur présumé, qui s’avère décisive. Pour le moment, on ignore ce qui a pu éveiller les soupçons de Kerri Rader, mais elle aurait contacté les autorités il y a deux semaines environ. Elle accepte ensuite de donner un échantillon de son sang dont l’ADN est à 90 % compatible avec celui conservé sur plusieurs scènes de crimes des années 70 et 80. Mis sous surveillance 24 heures sur 24, Dennis Rader est arrêté le vendredi 25 février lors d’un banal contrôle routier et il n’offre aucune résistance.

LE VISAGE DU TUEUR

Employé maniaque, pointilleux, voire tatillon, Rader est chargé de dresser des contraventions pour des infractions de la vie courante – véhicules mal garés, nuisances sonores, etc. – et son métier est de capturer les animaux abandonnés. Plusieurs de ses voisins indiquent un comportement bizarre : il est vu en train de filmer la façade d’une maison ou de mesurer la taille de l’herbe chez plusieurs habitants de Park City à des fins de vérifications. Lors d’une réunion en 1984 des anciens élèves de Riverview School, Dennis Rader écrit dans le livre d’or : “Vivez au présent et agissez dans l’instant. La vie est compliquée et trop courte. Il faut rester jeune dans son âme aussi longtemps que possible: c’était si facile en 1959.” L’existence va effectivement se compliquer pour Rader qui devrait être inculpé de 10 accusations de meurtre au premier degré, mais qui ne risque pas la peine de mort dans son Etat du Kansas, sauf si l’on vient à découvrir qu’il a commis des assassinats après 1994, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

De 1971 à 1973, Rader est employé au rayon boucherie de Leeker’s IGA et ajusteur chez Coleman Company. Entre 1974 et 1989, il travaille chez ADT Security Services où aucun de ses anciens collègues ne semble l’avoir apprécié : “Trop querelleur, un vrai maniaque qui s’emportait pour un oui ou pour un non. Un type arrogant, égoiste, mal élevé qui a toujours une insulte au bord des lèvres. Il adorait humilier tous ceux qui travaillaient sous ses ordres”, raconte Mike Tavares. Son emploi lui permet d’effectuer des installations aux domiciles des clients de l’entreprise, et c’est durant cette période que le BTK Strangler tue la très grande majorité de ses victimes. En 1989, Rader travaille pour le bureau du recensement de Wichita, un emploi qui, là aussi, lui facilite le contact et l’entrée chez les habitants. Lors de déballages de grenier dans le quartier où réside Rader, celui-ci vérifie méticuleusement si les habitants possèdent bien les autorisations nécessaires, au point de leur dresser des contraventions, s’ils sont en infraction. “Vous avez intérêt à faire gaffe. Personne ne s’attaque à moi, sinon vous le regretterez…” explique Rader à Sarah Gordon, une de ses voisines. On le dépeint comme extrêmement méticuleux et toujours propre sur lui, il ne porte jamais de jeans et ses chaussures sont toujours cirées. Ses crayons sont toujours taillés à la perfection et alignés avec soin.

Il y a 31 ans que sévissait celui qui s’est auto-proclamé le “BTK Strangler » et qui a assassiné ses quatre premières victimes – la famille de Joseph Otero au 803 North Edgemoor, le 15 janvier 1974. Après chacun de ses sept premiers meurtres, le serial killer adresse des lettres aux médias locaux. Il coupe le téléphone avant de les tuer et il emporte des souvenirs, tels qu’un permis de conduire ou une montre bracelet. Le 4 avril 1974, c’est au tour de Kathryn Bright, 21 ans, d’être poignardée à trois reprises au 3217 E. 13th Street. Ensuite, il y a une période de répit de trois ans, avant que les meurtres ne reprennent le 17 mars 1977 avec Shirley Vian, 24 ans, qui est ligotée et étranglée au 1311 South Hydraulic. La dernière victime connue avant l’arrestation de Dennis Rader, Nancy J. Fox, 25 ans, est ligotée et étranglée dans sa maison du 843 South Pershing, le 8 décembre 1977. Le 28 avril 1979, le “BTK Strangler » attend une victime potentielle au 600 South Pinecrest, mais il se lasse et quitte les lieux, en laissant un mot indiquant ses intentions. Les initiales BTK viennent du fait qu’il avoue adorer “bind, torture and kill » (ligoter, torturer et tuer). A la fin des années 80, l’ADN du sperme du tueur, récupéré au domicile de la famille Otero, a été analysé et comparé au fichier d’empreintes génétiques, mais le résultat s’est révélé négatif.

L’enquête sur le BTK Strangler connaît un nouveau rebondissement le 20 août 2004. La police de Wichita fait appel au public pour trouver un lien entre un des poèmes du tueur, un ancien professeur de l’Université de Wichita et une macabre chanson folklorique du Sud des Etats-Unis. Dans une brève conférence de presse, le lieutenant Ken Landwehr a indiqué que les profilers du FBI leur ont conseillé de rendre public ces différents éléments. Depuis quelques mois en cette année 2004, les autorités effectuent des prélèvements ADN sur d’anciens étudiants d’une classe de 1977 sur le folklore de l’Université de Wichita. Le professeur P.J. Wyatt, décédée d’un cancer en 1991, y enseignait “Oh Death”, une obscure chanson, lors de ses cours de littérature américaine dans les années 1970. Depuis “Oh Death” a acquis une certaine notoriété depuis qu’elle figure dans la bande son du film des frères Coen, “O Brother, Where Art Thou ?”.

Suite à un de ses crimes de 1978, celui de Nancy Fox, le BTK Strangler a adressé un poème “Oh! Death to Nancy” le 10 février 1978 qui ressemble beaucoup aux paroles de la chanson. Par ailleurs, une lettre envoyée par le tueur le 5 mai 2004 à la chaîne de télévision locale KAKE-TV comprend une table des matières intitulée “BTK Story” où un chapitre porte le titre de “PJs” qui sont les initiales du prénom de cette professeur de littérature. Elle a donné des cours à l’université entre 1964 et 1986. Avant son décès, P.J. Wyatt avait été interrogée par les policiers qui lui ont demandé d’examiner la liste de ses anciens élèves qui se monte à plusieurs milliers d’étudiants. Apparemment, elle aurait surtout utilisé cette chanson folklorique lors de neuf cours de l’automne 1977. En 1978, le tueur en série s’est servi d’une photocopieuse de l’Université de Wichita pour l’envoi d’une de ses lettres et il a mentionné le campus de l’établissement lorsqu’il s’est adressé à une des victimes qui a survécu.

Suite à l’arrestation de Dennis Rader, le shérif du Comté de Sedgwick Gary Steed annonce que le BTK Strangler est aussi responsable du meurtre par strangulation de Marine Hedge, 53 ans, enlevée le 27 avril 1985 et retrouvée huit jours plus tard dans un fossé. Quant à Delores “Dee” Davis, 62 ans, elle est kidnappée le 19 janvier 1991 et son corps est découvert 13 jours plus tard sous un pont, les mains et les pieds liés avec ses sous-vêtements. Longtemps, ces deux crimes ont posé des problèmes aux enquêteurs, car il s’agit des deux seuls cas où les victimes n’ont pas été tuées à leur domicile. »

(Sources : site officiel m6 puis extrait de l’article posté par Stéphane Bourgoin le Lundi 12 mars 2007 sur son site www.au-troisieme-oeil.com)

VIDÉO

Extrait de l’émission Secrets d’actualité, en mars 2007, Dennis Rader : le serial killer qui défia l’Amérique, sur M6.

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