Boris QUERCIA : Les rues de Santiago

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Chili

INFOS ÉDITEUR

rues de Santiago - Boris QUERCIA

Parution aux éditions Asphalte en Mars 2014

Parution aux éditions Livre de Poche en juin 2015

Traduit par Baptiste CHARDON

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Qu’il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et que les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi… Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili, erre dans les rues de sa ville en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé…

(Source : Asphalte – Pages : 152 – ISBN : 9782918767404 – Prix : 15,00 €)

L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Cela fait quelques mois maintenant que je suis parti à la découverte du polar sud-américain, et je dois avouer que c’est un univers qui me plait, d’autant plus quand il s’agit d’un roman comme celui-ci, c’est-à-dire de ceux que m’on ne peut plus lâcher après avoir lu 3 pages.

Cette fois-ci nous nous arrêtons au Chili et plus précisément à Santiago.

Tout commence avec une planque qui tourne mal, durant laquelle Santiago Quinones abat un jeune délinquant. Cet acte le déboussole et se met à suivre Ema Marin, une femme qui semble l’envouter. Cependant il n’est pas le seul à tourner autour de cette femme et ceci l’emmènera à sa perte dans les rues de Santiago.

Ce court roman (150 pages) est un condensé de roman noir dans lequel l’action est rapide, les rebondissements nombreux, les personnages suffisamment pourris pour être vrai (nous y retrouvons notamment des flics ripoux et un avocat véreux), une femme fatale, des embrouilles terribles, de la corruption omniprésente, et enfin un flic typique de ce genre de roman, c’est-à-dire dur, solitaire, et porté sur la boisson.

Dits comme cela, nous pouvons nous dire que c’est un roman classique, et vous n’auriez pas tort tout en vous trompant lourdement. L’intrigue est classique, je vous l’accorde, mais là n’est pas l’essence de ce roman. L’intérêt se situe sur Santiago. Oui, mais la ville ou l’homme ?

Les 2 semblent étroitement liés, car rapidement on se pose la question de qui parle durant les pérégrinations du personnage principal. C’est pour cela que j’ai le sentiment que ce n’est pas un noir classique, mais un roman noir d’ambiance. En effet, nous sommes au sein de la vie chilienne, de son quotidien. Au travers les états d’âme de Santiago, et un certain mal de vivre, nous découvrons un Chili difficile à vivre, envahi par la corruption et la trahison, avec une violence omniprésente, mais un pays qui garde malgré tout confiance en l’avenir.

Cette ambivalence me séduit assez à vrai dire, et cette même ambivalence est présente chez Santiago Quinones, car il n’est pas foncièrement mauvais. Il se laisse juste guidé par les événements…

Pour finir, j’aurais tendance à dire que c’est encore un bon roman venu de l’Amérique latine, et je ne peux que vous encourager à tenter m’expérience avec ces romans issus du bout du monde.

Encore une bonne pioche avec Boris Quercia, qui est un auteur à suivre assurément.

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