Zygmunt MILOSZEWSKI : Les impliqués

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Pologne

INFOS ÉDITEUR

Zygmunt MILOSZEWSKI - Les impliques
Les Impliqués

Parution aux éditions Mirobole en octobre 2013

Parution aux éditions Pocket le 8 janvier 2015

Traduit par Kamil Barbarski

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère en plein coeur de Varsovie, Henri Telak est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire atterrit sur le bureau du procureur Teodore Szacki, las de la bureaucratie inhérente à son poste et de sa vie de famille sans relief.

Il rencontre Monika Grzelka, une reporter qui affiche un goût certain pour le flirt, et découvre le pouvoir effrayant de certaines méthodes thérapeutiques non conventionnelles basées sur les mises en scène. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de tuer Telak ? L’enquête de Szacki fera resurgir un assassinat commis vingt ans plus tôt, avant la chute du communisme, et le mènera à des faits qui, pour sa propre sécurité, auraient mieux fait de rester oubliés.

(Source : Mirobole Editions – Pages : 448 – ISBN : 9791092145090 – Prix : 22,00 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Procureur : acteur ou pantin ?

Le procureur Teodore Szack s’occupe d’un crime peu banal. On a retrouvé un homme avec une broche à rôtir plantée dans l’oeil. Certains évoquent la thèse du suicide mais il est difficile d’imaginer quelqu’un mettre fin à ses jours ainsi.

Pour avancer dans son enquête, le procureur va devoir étudier de très près les codes d’une thérapie de groupe intitulée « thérapie de la constellation familiale ». Entre jeu de scène et émotions directes. Pas facile d’avancer sans toucher aux » traumatismes » des autres participants. Le secret médical protège aussi certains aspects des événements. Il n’est pas évident pour Teodore d’aller de l’avant car l’analyse des relations familiales fait ressortir le sentiment d’échec de son mariage et l’impression de médiocrité de son existence.

Il n’est certainement pas le seul à tirer les ficelles, il n’est peut être juste qu’un pantin qui ne peut voir qui agit dans l’ombre. Il manque de moyens pour agir, même pour prendre un café, il se contente souvent d’un soluble. Pas évident lorsqu’une superbe journaliste apparait, les deniers des besoins familiaux seront peut engloutis dans des moments plus légers et coquins.

Mais la culpabilité est forte. Et c’est comme si tous les moments de la vie étaient consignés. Les secrets, les dossiers classés ne sont peut être pas que des lointains souvenirs.

« Les impliqués » est un roman très dense qui entraine le lecteur dans une immersion totale de la Pologne. Entre petits moments de la vie quotidienne et événements politiques, rien n’est mis de côté. Chaque chapitre s’ouvre sur des moments clefs et d’autres plus dérisoires.

On sent la difficulté économique. Teodore Szack a beau être procureur, il porte des costumes un peu chiches. Boire un expresso en France est quotidien, alors que pour lui, on sent que le café a un aspect de luxe. Nous sommes après l’effondrement du bloc soviétique mais les pays de l’Est restent touchés par ces années difficiles. De plus, il y a des véritables écarts dans la population.

Certains peuvent faire preuve d’une grande générosité mais il faut rester sur ses gardes.

Il y a une véritable influence des pays de l’Ouest notamment avec la musique. Cela créé des contrastes stupéfiants.

Un autre axe très intéressant de cet ouvrage est la dimension psychologique. Les exercices de ce groupe ne sont pas anodins, de la psychogénéalogie en live où l’on partage avec des étrangers des douleurs profondes dues à un ou plusieurs membres de sa famille.

Le décor est superbe et inquiétant à la fois : un ancien monastère en plein coeur de Varsovie. Entre blessures individuelles et douleurs nationales ayant traversées les années, Teodore Szack va devoir démêler le vrai du faux sans y laisser sa peau. Et cela n’est pas gagné d’avance.

J’ai été contente de pouvoir retrouver la Pologne grâce à un roman policier. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut lire un texte se déroulant dans ce pays. Je vous invite vivement à le découvrir


L’AVIS DE HELENE B.

Teodore szacki est procureur à Varsovie, il est amené à prendre en charge une enquête dans laquelle un homme nommé Telak est retrouvé mort, une broche dans l’œil. Cet homme participait à une thérapie avec trois autres patients dans un ancien monastère de Varsovie. Le psychiatre menant cette thérapie est le docteur Rudzki, il utilise la méthode de la constellation familiale pour traiter ses patients.

Voici un polar intéressant où le héros n’est pas un inspecteur de police mais procureur. Fonctionnaire mal payé, bien heureux d’occuper ses journées de travail avec cette nouvelle enquête…. Et oui, les temps sont durs, le manque de moyen signifie des enquêtes bien moins excitantes que celle-ci.

Revenons à notre cadavre, un nommé Telak, cet homme ayant un portefeuille bien rempli, un métier rémunérateur mais une vie famille et sentimentale catastrophique. Sa fille s’est suicidée et son fils est condamné par une pathologie cardiaque.

Szacki est persuadé que le meurtrier se trouve dans les participants de la thérapie (j’entends les 3 patients et le docteur Rudzki).S’agit-il d’une sorte de meurtre en huit-clos ?

L’enquête piétine et en parallèle, la vie personnelle du procureur suit le même chemin. En effet, le roman nous invite dans le quotidien familial du procureur et nous comprenons très rapidement que les relations intimes de notre procureur avec sa femme ne sont plus au top. Lassitude, manque d’entrain, routine…Sazcki s’éprend d’une jeune journaliste, du moins il cherche à casser la routine avec une certaine culpabilité. L’enquête semble donc piétiner, quand une série de numéros attire l’œil de notre procureur et plonge l’enquête dans le passé de la victime et de la Pologne communiste. C’est à ce moment que l’enquête progresse et devient alors intéressante.

On comprend très vite qu’un secret entoure la victime et qu’il a un rapport avec son meurtre mais lequel ?  Le procureur se retrouve rapidement en contact avec des hommes qui en savent beaucoup et certaines révélations ne sont pas du goût de la mafia polonaise…. Le procureur se retrouve alors dans une situation délicate et met sa personne et sa famille en péril…..

Je terminerai par la mise en scène dite de la  «  constellation familiale », si au départ on peut émettre des gros doutes quant à la crédibilité d’une telle thérapie, on peut saluer  le talent avec lequel notre procureur l’utilise pour que le meurtrier se révèle. Le dénouement et le déficelage de l’intrigue sont surprenants …ce qui est intéressant c’est que le roman nous donne au final très peu d‘indices sur le coupable, on suit les investigations, on ressent l’angoisse, et les doutes du procureur mais il nous manque le lien qui relie toutes les informations qu’on a…

J’ai vraiment apprécié le personnage du procureur, je l’ai trouvé sympathique et attachant.Je dirai qu’on pourrait le qualifier de « normal », un monsieur tout le monde en somme. Ni héros, ni looser seulement un fonctionnaire mal payé qui essaie de faire son travail aussi bien que possible.

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Lectrice qui voyage des grands classiques au roman policier en passant par les auteurs russes et nordiques que j'affectionne particulièrement.

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