Todd ROBINSON : Cassandra

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Flag-ETATS-UNIS

INFOS ÉDITEUR

Todd ROBINSON - Cassandra
Cassandra

Parution aux éditions Gallmeister le 20 aout 2015

Parution aux éditions Gallmeister Poche en mars 2017

Traduit par Laurent BURY

Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l’orphelinat. Aujourd’hui adultes, ils sont videurs dans un club de Boston. Avec leurs deux cent quinze kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs.

Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu’à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe.

Mais quand elle se retrouve sous l’emprise de ses mauvaises fréquentations, c’est une autre histoire.

(Source : Gallmeister – Pages : 384 – ISBN : 9782351780961 – Prix : 17,50 €)

L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Voici ici le dernier né de Neonoir, la nouvelle collection de Gallmeister. Nous avons affaire à un roman noir urbain, avec une ambiance particulière et des personnages entiers.

Boo et Junior, 2 hommes inséparables depuis l’orphelinat, sont videurs au Cellar, une boite de nuit. Ils gèrent également une société de sécurité alliant muscles et discrétion. C’est dans ce cadre-là que le procureur de Boston fait appel à eux pour retrouver sa fille qui a fugué. Cette jeune Cassandra, tendance punk, doit absolument revenir avant qu’il ne se présente aux élections municipales.

Mais tout se complique quand Boo et Junior découvrent que ce n’est pas une simple fugue… Cassandra est sous l’influence de très mauvaises personnes et qui ne trainent pas dans les bons milieux. Le pire est à craindre pour elle

Ce roman ne révolutionne pas le genre, mais il est bien construit. Le récit ne contient pas de temps mort, les rebondissements sont ceux que nous souhaitons quand nous les attendons. Même si je me doutais de cette histoire durant ma lecture, je ne suis pas déçu, car un autre déroulé m’aurait finalement sans doute laissé sur ma faim.

Aussi, j’ai presque envie de de dire que c’est un polar à l’ancienne, car ici aucune nouvelle technologie malgré le fait que le roman soit contemporain. Boo et Junior n’ont pas de téléphone portable, mais de vieux biper, les infos sont découvertes via leurs réseaux d’indics, ils planquent piteusement pendant plusieurs nuits pour surveiller leurs suspects. Je dois bien avouer que cela fait du bien de ne pas avoir de géolocalisation magique, pas de Google miraculeux et pas de résultat scientifique en 30 secondes et 47 centièmes.

Outre le fait que ça change un peu des romans actuels, ce manque de technologie renforce le ressort de l’intrigue, car on se recentre sur l’essentiel : la narration et les personnages.

Tout ceci est plaisant, car les personnages composant le paysage sont très bons et variés : un politicard prêt a tout pour faire bonne figure pour les élections, un flic drogué et alcoolique cherchant la rédemption, l’ancien flic « légende », une jeune assistante surprenante, le parrain de la mafia irlandaise locale et son tueur à gages, et j’en passe.

Ce bestiaire cosmopolite génère un environnement de choix pour Boo et Junior. Le véritable personnage principal est donc Boo. Une brute au grand cœur, et qui est beaucoup plus attachant qu’on ne pourrait le croire. Junior quant à lui est beaucoup plus en retrait, mais est prêt à tout pour son ami d’enfance. Leurs fonctionnements à tous les deux m’a vraiment plus, car leur relation m’a paru crédible. Avec son meilleur ami, pas besoin de parler pour se comprendre, tout est permis niveau vannes et surtout on fait n’importe quoi pour lui. Là c’est le cas, mais dans une juste mesure.

Même s’ils jouent régulièrement des poings, cassent tout sur leurs passages, et que leurs choix ne soient pas toujours les meilleurs, nous ne sommes pas dans le trop. Tout est dosé correctement… enfin pour moi.

Ce roman prouve encore une fois une chose : pas besoin qu’un récit soit innovant pour être bon. Du moment que le roman est bien écrit et que les personnages tiennent bien la route, tout se tient pour que le lecteur passe un bon moment.

Ceci est d’autant plus vrai, quand le récit en question est plutôt graphique et visuel. En le lisant, je me projetais parfaitement dans Boston, une Boston et un univers à la David Fincher, ce qui plante une toile de fond de bonne facture.

Au final, j’ai passé un agréable moment avec « Cassandra ».

Si vous ne connaissez pas encore cette nouvelle collection, je ne peux que vous encourager à vous laisser tenter…vous ne le regretterez certainement pas.

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PM, gestionnaire qui préfère le polar aux livres de comptes

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