Sylvain FORGE : Sous la ville

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INFOS ÉDITEUR

sous la ville - sylvain forge

Parution aux éditions Toucan en juin 2016

Adan Settara est brigadier à l’unité de police judiciaire de Clermont-Ferrand. Il a déjà plus de trente ans de « boutique » et ses origines algériennes lui ont valu de nombreuses vexations et beaucoup de difficultés professionnelles.

Mais elles lui ont aussi permis de nouer d’utiles relations avec les caïds des cités HLM de Clermont, où se réalise l’essentiel du trafic de stupéfiants.

Quand de jeunes étudiants arrivent au commissariat, après avoir trouvé une clé USB contenant d’atroces images de meurtre, Adan comprend vite que l’affaire est sérieuse et qu’elle le mènera dans les hautes sphères de la société auvergnate.

Mais il décide aussi qu’il ira cette fois jusqu’au bout de son enquête, quitte à bousculer les hiérarchies de la ville.

Il n’a plus rien à perdre.

(Source : Toucan – Pages : 416 – ISBN : 9782810007165 – Prix : 19,90 €)

L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Je découvre Sylvain Forge avec « Sous la ville ». En lisant la 4eme de couverture, mon petit voyant interne « roman noir » s’est mis à s’affoler, du coup je me suis dit « et bien tentons le coup ! »

Tout commence par la découverte d’une photo d’une étudiante martyrisée. L’enquête est confiée à Adan Settara qui commence alors à naviguer dans les strates de la ville de Clermont-Ferrand. Cette enquête tombe mal, car le commissaire est en train de passer la main à un jeune roquet ce qui pourrit le commissariat, et comme un malheur n’arrive jamais seul, Adan se voit confronter aux fantômes du passé par le biais de son père, réfugié Harki qui est en proie de ses propres démons…

En 1er lieu je tiens à confirmer une chose : mon alarme interne ne n’est pas déclenchée à tort. Nous avons affaire ici à un roman noir, à un bon roman noir même. L’aspect social de ce roman est puissant et donne de la force au récit.

En effet, nous naviguons dans les sociétés de Clermont-Ferrand de la strate populaire à celle de l’élite, tout cela en passant par la case délinquance bourgeoise et celle de la cité, et en ajoutant à tout cela un pan de l’histoire moderne de la France que sont les Harkis réfugiés suite à la guerre d’Algérie. Quand on mélange tous ces éléments, nous obtenons un contexte et un liant très bien construit pour ce roman.

Afin de renforcer cette toile de fond, l’auteur nous emmène donc dans Clermont-Ferrand et ses pierres volcaniques, ses pierres noires qui donnent un charme particulier à cette ville. Mais là aussi le choc des oppositions fait rage. Nous passons des façades sombres de la ville aux chalets en bois luxueux, en passant par des pavillons pas au mieux de leurs formes. Et pour finir sur ce point, si nous avions encore des doutes, l’auteur nous emmène dans les boyaux souterrains qui sont sous la ville, ce qui renforce encore une fois la noirceur du roman.

Tout le cadre est posé pour raconter l’histoire qui nous intéresse dans le cas présent. Le récit est bien ficelé et semble partir dans tous les sens tellement il y a des intrigues différentes au départ, mais comme on peut s’en douter, toute cette d’araignée converge en un seul point qui fait d’Adan Settara le centre, celui qui résoudre les affaires encours. Du coup, j’en profite pour dire que les intrigues sont bien ficelées, et tout s’emboite sans grain de sable.

D’ailleurs, en parlant d’Adan Settara, ce personnage est intéressant. C’est un flic de renommée locale, malgré le fait qu’il soit continuellement borderline. Certes ses méthodes peuvent prêter à caution, mais ce sont ses turpitudes intérieures qui en font son intérêt, notamment la recherche de la vérité de ses origines Harkis. Ceci permet de se détourner un peu des enquêtes officielles tout en maintenant la pression du récit.

Enfin comme nous parlons du personnage principal, il faut préciser que la psychologie des différents protagonistes est taillée sur mesure pour un roman noir. Cela donne une qualité certaine supplémentaire. En effet, quasiment tous les personnages sont des êtres normaux, avec leurs états d’âme, leurs manigances, leurs dualités, leurs réalités, leurs tromperies, leurs qualités.

Pour finir, je dirais simplement que « Sous la ville » est une belle découverte, et si c’est le premier Sylvain Forge que je lis, ce n’est certainement pas le dernier. Ce roman noir est, pour moi, à lire cet été et vous passerez un bon moment à coup sûr.

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PM, gestionnaire qui préfère le polar aux livres de comptes

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