Shaun HAMILL : Une cosmologie de monstres

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Shaun HAMILL - Une cosmologie de monstres
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Présentation Éditeur

« Dans Une Cosmologie de monstres, Shaun Hamill allie brillamment les univers angoissants de H.P. Lovecraft avec l’histoire contemporaine d’une famille menacée de destruction par des forces surnaturelles. Il réussit son coup, parce que ces braves gens pourraient être nos voisins. L’horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle. Voilà à quoi ressemblerait un roman d’horreur signé John Irving. J’ai adoré ce livre, et je pense qu’il vous plaira aussi. »
Stephen King

La Famille Turner, de Vandergriff (Texas), se tient sur le seuil d’un monde terrifiant dominé par une cosmologie de monstres.
Est-ce le leur ou est-ce le nôtre ?

Shaun Hamill est américain. Une Cosmologie de monstres, appelé à devenir une ambitieuse série télévisée, est son premier roman.

Origine Etats-unis
Éditions Albin Michel Imaginaire
Date 2 octobre 2019
Traduction Benoît DOMIS
Pages 416
ISBN 9782226439048
Prix 24,00 €

L'avis de Clémence

Noah, fils de la famille Turner, est le narrateur de cette histoire qui débute en évoquant la collection de lettres de suicide sa sœur, Eunice. Pas commun me diriez- vous ! Et c’est exactement ce qui la diffère des autres romans. Flirtant avec le fantastique, sans tomber dans le gore ou l’invraisemblance.

Noah nous emmène au cœur même de l’intimité familiale en remontant jusqu’à la rencontre entre ses parents. Fervent amateur d’horreur et de Lovecraft en particulier, le père Harry convertit Margareth à sa passion dévorante. Original dans l’âme, Harry l’emmène dans des lieux tous plus hantés les uns que les autres. Un soir, Margareth croit apercevoir une bête poilue. Ce sentiment étrange ne la quittera plus.

Devenus parents de deux filles, le couple traverse une mauvaise passe où le quotidien est rythmée par les folies et l’étrange comportement du père. Cette période chaotique est aussi celle que choisit le destin pour intégrer Noah à cette famille.

Quelques années plus tard, Noah fait la connaissance d’une étrange créature. Qui est-elle ? D’où vient t’elle si ce n’est pas de son imaginaire ?

Dans la famille Turner, chaque membre semble atteint d’un mal qui le ronge de l’intérieur sans pouvoir réellement se l’expliquer.

Le principal atout de ce roman réside dans sa force à conter un récit familial avant de basculer dans une atmosphère surnaturelle.

Quelques lenteurs peuvent être ressenties au démarrage mais les amateurs du King reconnaîtront leur importance pour la mise en place de l’ambiance.

J’ai adoré cette fantastique histoire de famille qui distille ni trop ni pas assez de bizarrerie.
Il m’a juste manqué les nombreuses références cinématographiques et littéraires dont l’œuvre de Lovecraft pour en faire un réel coup de cœur.

Si vous voulez une histoire qui sort de l’habituel, foncez ce livre est fait pour vous.

L'avis de Yannick P.

Si je suis honnête, je dois écrire que je n’ai pas accroché à 100% à cette Cosmologie. Enfin pas dès le début. Il m’a fallu la pénétrer, la laisser entrer en moi. Elle m’a demandé un effort. Sans les éloges que j’entendais, ça et là, je pense que j’aurais lâché cette lecture. Le fantastique est un univers que j’ai abandonné depuis longtemps. Adolescent, j’ai adoré HP Lovecraft.

L’influence de ce dernier fut grande sur mes choix littéraire. Cthulhu et ses entités, ses créatures maléfiques et ses personnages incapables de lutter contre leurs destinés m’ont accompagné des années, jusqu’à le syndrome de Céline se révéla à moi. Je me pose toujours cette fichue question : faut-il séparer l’homme et ses positions de ses écrits ? Accepter le tout, le rejeter ou ne conserver que ce qui m’arrange.

Néanmoins, j’avoue qu’HPL m’a permis de découvrir Robert Bloch et Fritz Leiber mais aussi Clive Barker Guillermo del Toro et bien entendu John Carpenter et bien entendu cela m’a mené au sieur Stephen King.

Adulte, j’attends davantage qu’un monstre qui gratte à la fenêtre, une série d’aberrations aptes à lacérer le héros ou à l’avilir physiquement et mentalement. Bien m’en a pris d’avoir résisté à la cosmologie en combattant mes premières pages de lecture. Car, une fois que je me suis insinué dans ce roman, j’y ai découvert un monstre de subtilité, une lecture captivante au-delà des tentacules et des griffes.

Le style de Shaun Hamill est volontairement sobre. Il tend souvent à la frontière de la mélancolie. C’est à l’opposé de HPL et de tous les romans d’horreur. Preuve en est qu’il n’y a aucun besoin à laisser couler des flots d’hémoglobine suinter le longs des paragraphes pour susciter l’effroi. La tension se distille tout en suggestion, dans une ambiance très particulière. Rapidement, il pose un voile d’inquiétude. Celle qui plane autour de la famille Turner à Vandergriff au Texas.

La cosmologie des montres est à mon sens bien plus qu’un roman fantastique. C’est l’histoire trans-générationnelle d’une famille en plein dysfonctionnement. Une histoire faite d’appréhension.
Shaun Hamill élabore ses personnages sur une période longue. Ils sont solides et font preuve de profondeurs.

De la rencontre des parents dans les années 60 – Harry qui exorcise ses peurs à travers la littérature « pulp » et Margaret, pas maternelle pour un sou, issue d’une famille chrétienne qui cherche toujours sa liberté –  jusqu’en 2013. Fait est que dans les années 80 la famille s’agrandit avec l’arrivée de deux filles, Eunice qui plongera dans l’écriture et la dépression, et Sydney semble plus douée. Arrive ensuite, Noah, le narrateur. Les Turner évoluent au fil des ans. Ils auraient pu être une famille ordinaire. Mais la maisonnée est marquée par la fascination morbide du père, son besoin de faire peur à autrui.

Oui, les personnages de cet ouvrage, fourmillent de détails. Mais, mon intérêt pour cette cosmologie a véritablement été forgé par la découverte des rapports enfants / parents, enfance / âge adulte. Ils bâtissent une psychologie marquée sur le long terme. La colonne vertébrale de ce livre. Noah apparait comme le zélateur. Le fidèle au creux de cette cellule autour de qui la création d’une maison hantée dans le jardin familial fixe la peur et le chagrin des Turner. Il est manifeste que ce cercle domestique est un amalgame de « moi », au sens psychique freudien. Le conscient, le préconscient et l’inconscient. Celui de Noah et tout le reste des Turner vis-à-vis des autres. L’horreur n’est pas forcément celle que l’on croit.

L’ambiance Lovecraftienne quasi cosmique, les effets à la Stephen King sont présents, mais il ne s’agit pas là des fondamentaux. Il n’y a pas de surenchère.

La cosmologie des montres se révèle à la lecture, un roman original et subtil dont on ne garde que le sentiment d’une ombre qui plane, une certaine lenteur bouleversante.

Au bout du bout, restent les monstres, les véritables, ceux qui hantent et saccagent, les secrets et les blessures d’une famille, tels la précarité, la maladie (cancer), la disparition d’un être, la dépression. Des coups de griffe que la vie ne referme jamais totalement.

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