Paul COLIZE : Zanzara

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Belgique

Paul Colize mélange histoire et fiction, nous fait voyager, sourire, il nous happe au fil des pages…

INFOS ÉDITEUR

Paul colize - Zanzara
Zanzara

Parution aux éditions Fleuve en février 2017

Fred, 28 ans, est journaliste. Il fait partie d’une team de jeunes pigistes web qui rêvent de gloire, de signer un article « papier » qui fera date.

La nuit venue, Fred mène une double, voire une triple vie. D’abord il a une femme, mariée. Une liaison passionnelle et sans espoir. Puis il y a le risque, les paris, et l’adrénaline. Fred n’aime rien tant que flirter avec les limites.

Ces savants cloisonnements vont voler en éclats le jour ou il reçoit un coup de fil étrange et impérieux à la rédaction. Rendez-vous lui est donné le lendemain pour des révélations fracassantes.

Arrivé sur les lieux, Fred va se trouver face à la Mort en personne. S’obstinant à enquêter sur un fait divers apparemment anodin, il va alors provoquer une réaction en chaine… jusqu’au final, inattendu et époustouflant.

(Source : Fleuve – Pages : 300 – ISBN : 9782265099388 – Prix : 19,50 €)

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, Montmartre en ce temps-là…

Non, il n’y a pas 20 piges, il doit y avoir moins de la moitié, un truc dans le genre… Maxime Gillio me file un livre, Le baiser de l’ombre de Paul Colize.

— Lis-ça, tu vas adorer, ok le type est Belge, mais le livre est bon…

Je ne relève pas la touche de racisme anti-Belge de mon ami, je lis le livre et depuis cette lecture, je suis devenu un inconditionnel de Monsieur Paul…

Alors j’ai chamboulé pour lui l’ordre de mes lectures, le passant en priorité, tel un fan avide de ses bons mots.

Si je retire le personnage du chapitre 7, je dirais que ce livre une véritable pépite. Colize est un auteur aurifère, un gisement de talent. Je vais arrêter ici les compliments, il va croire que je suis amoureux, et c’est impossible entre nous, il n’a pas assez de poitrine, et en plus il est Belge.

Zanzara c’est l’histoire de Fred, pas encore 30 piges, un peu fêlé dans sa tête il kiffe l’adrénaline. Il joue sa vie sur des paris excessivement dangereux. A côté Fast and Furious, c’est Mister Bean aux 24h00 du Mans. Côté boulot il est journaliste Web, comme tout type qui pond de la pige, il rêve du scoop du siècle et de prendre le relais de Sophie Nivelle-Cardinale et Étienne Huver. Ajoute à ça qu’il est amoureux d’une femme mariée, tu vois tout de suite que le gars aime les emmerdes. Il a tout du jeune chien fou, comme l’on dit.

Suffit qu’un jour au boulot il y ait un coup de fil louche, le genre de communication qui peut changer sa carrière, ben il fonce le Fred…

Sauf que cela ne va pas changer que sa carrière, sa vie aussi, un peu beaucoup…

Il est le seul à y croire à cette histoire, alors il va plonger dedans, il va aller jusqu’au bout, pour notre plus grand plaisir.

Zanzara c’est livre qui file à 200 à l’heure, comme Fred sur le ring.

Zanzara c’est aussi une belle histoire d’amour, si, un peu quand même, mon côté romantique.

Paul Colize mélange histoire et fiction, nous fait voyager, sourire, il nous happe au fil des pages… Il est plus qu’un auteur, il est un raconteur d’histoires. Je sais Les belles histoires d’oncle Paul, c’est facile. Mais vas-y, démontre-moi que j’ai tort…

Un jour Paul Colize reprendra la place laissée vacante par Pierre Bellemare et causera dans le poste.

Monsieur Paul est un très grand de la littérature actuelle, il fait partie de ces auteurs qui, au moment où je referme leurs livres, la première pensée qui me vienne, soit de la jalousie : J’aurai voulu écrire ce livre…


L’AVIS DE LAETITIA

Fred est un homme complexe. Le jour, il est journaliste, il gère une équipe de jeunes pigistes. Dynamique, il est ambitieux, il flaire le bon papier. La nuit, il met à mal son taux d’adrénaline, il flirte avec la mort dès qu’une occasion lui est donnée, il prend le ring en sens inverse, il teste sa résistance aux watts, il défie la mort qui le guette dans l’ombre depuis son enfance. Et au milieu de toute cette agitation des sens, il y a Camille. Camille qui est mariée.

Les humains savent qu’ils vont mourir. Cette nuance les différencie des animaux. L’échéance les fait avancer. Dès le départ, ils savent que leur temps est compté, qu’ils doivent se grouiller pour construire leur château de sable ou détruire celui du voisin.

Et comme il s’agit d’un polar, le tout est tenu par une intrigue. Fred reçoit un appel douteux, un homme veut le rencontrer pour lui donner des informations qui pourraient l’intéresser. Il va au rendez-vous pour y trouver un homme mort. Suicide conclut la police, une affaire qui sent mauvais préfère croire Fred. S’en suivront une enquête sur le terrain et des rencontres improbables notamment dans les milieux mercenaires ukrainiens alimentant les penchants morbides de notre journaliste. Paul Colize s’appuie sur un fait réel pour construire son roman, comme souvent. Le massacre d’Odessa en 2014 questionne quant à la légitimité de la presse et des journalistes, quant à la manipulation des médias par des instances supérieures, je te laisse échafauder ta propre réflexion.

L’auteur signe ici son douzième roman, et j’en ai lu un bon nombre, voire tous en fait, et donc assez pour dire qu’il y a une « patte » Colize (parce que tous, c’est assez pour le dire il me semble), et que cette « patte » s’affine et s’affirme au fil du temps. Des phrases courtes, des mots choisis, pas de déchet, pas de fioriture, le mot juste pour signifier l’essentiel. Le rythme est soutenu et régulier, pas de temps morts non plus. La construction du roman se veut aussi exigeante, une juste mesure des plans, l’histoire d’amour qui se construit avec Camille se mêle judicieusement au passé tourmenté du héros qui se frotte à l’intrigue sans lourdeur. Un style à part entière donc, mais aussi un ton. Parfois sarcastiques, souvent pince sans rire, les personnages de Colize peuvent sembler antipathiques voire détestables, mais si tu as accès à cet humour aigre doux, tu devrais tout aussi bien les apprécier. Fred est de ces personnages. Plus noir encore, peut-être.

Si tu ne connais pas encore l’auteur, tu as compris que tu as un certain retard à rattraper, si tu connais l’auteur, tu sais que ce livre ne te décevra pas. C’est du Paul Colize.

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