
INFOS ÉDITEUR
![]() Parution aux éditions Lajouanie en aout 2015 Le lieutenant Bertrand-Hilaire Lejeune, eh oui BHL, parcourt les rues de Rouen, grimé en vieille femme. Objectif de ce travestissement, tenter de coincer une bande d’arracheurs de sacs à main. La tâche peu reluisante est une sorte de punition infligée à notre héros par son patron, Chassevent, flic en fin de carrière plus porté sur les agapes et les siestes qui en découlent, que sur la lutte contre le grand banditisme. Les deux hommes cohabitent difficilement au sein d’un commissariat un poil vintage, mais partagent un goût immodéré pour la dive bouteille. C’est dans cette ambiance addictive et ronronnante que surgissent les emmerdements sous la forme d’un cadavre de roumain au CV peu reluisant. Suicide ou crime ? That is the question ! L’enquête va conduire BHL dans la villa d’un trafiquant de Pitbull, dans un bar à poker, sur un ring de boxe… Dans ces hauts lieux d’un tourisme normand pour le moins criminogène se croisent une jeune chef de gang radicale, végétarienne et « méphistophélique », un prédélinquant portugais terrorisé par sa mère, une couguar peu farouche, une flic agoraphobe, une accorte infirmière, un poulet parisien pompeux et donneur de leçon délicatement surnommé « la fistule » par ses correspondants rouennais… (Source : Lajouanie – Pages : 236 – ISBN : 9782370470614 – Prix : 18,00 €) |
L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY
Bertrand-Hilaire Lejeune… BHL, comme l’autre. Sauf que le personnage de JAHOUEL ne doit pas avoir la liquette aussi blanche, c’est même certain.
Car BHL n’est pas vraiment du genre à prendre soin de sa personne, ou alors de son foie, plus de son foie, c’est même certain.
Le langage n’est pas le même non plus, notre flic, puisque c’est bel et bien d’un lieutenant de police qu’il s’agit est plus portée sur l’argot, la langue fleurie et imagée que sur les grandes phrases grandiloquentes, et c’est tant mieux, car les conneries de ce BHL là font rire. C’est vraiment tant mieux, car c’est cette truculence dans le verbe, ce caractère bougon qui rendent le personnage si attachant.
Pascal JAHOUEL nous offre dans ce roman une galerie de personnages ô combien pittoresques, sous prétexte de deux enquêtes. La première pour coincer une bande d’arracheurs de sac à mains, la seconde afin de savoir si Tudor LUPU, un roumain découvert mort à son domicile, s’est suicidé ou bien a été assassiné. JAHOUEL crée et joue avec ces seconds rôles haut en couleurs : une jeune chef de gang « méphistphélique » qui mène les jeunes mâles en rut à la baguette ; un pré-délinquant de quartier terrorisé par sa mère ; un flic agoraphobe ; un autre matuche débarquant de Paris pour donner des leçons et cracher son fiel sur ses subordonnés (la fistule pour les intimes, tout un programme) ; une cougar nymphomane. Et tout ce petit monde se croise, se rencontre, se mélange pour notre plus grand bonheur.
Je serai presque tenté de dire que l’intrique n’est pas importante, d’ailleurs l’enquête en elle même n’est pas ce qui m’a captivé, ce n’est pas elle qui m’a entrainé dans ma lecture, non ce sont les frasques de cette équipe composée de pas mal de bras cassés, reconnaissons-le. Non pas qu’elle soit sans intérêt cette trame policière, c’est juste que les intervenants lui font de l’ombre, au grand plaisir du lecteur.
Un temps de chien est vraiment comme c’est indiqué sur la quatrième un roman jubilatoire, une lecture qui change et que je conseille…