Maxime CHATTAM : La patience du diable

6
2931
France

INFOS ÉDITEUR

Maxime CHATTAM - La patience du diable
La Patience du Diable

Parution aux éditions Albin Michel en Mai 2014

Parution aux éditions Pocket le 12 novembre 2015

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source.

Aux racines de la peur. Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maitrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

(Source : Albin Michel – Pages : 500 – ISBN : 9782226258083 – Prix : 22,90 €)

L’AVIS DE JEAN-MARC VOLANT

Le dernier roman de Maxime Chattam est un petit plaisir de lecture comme toujours, que l’on se le dise.

Si on est habitués à son écriture (un peu changeante sur ce dernier opus, moins ténébreuse et un tantinet moins nerveuse) et à ses personnages tous romans confondus, on ne peut qu’approuver une nouvelle fois celui ci.

Faisant suite à « la conjuration primitive », du moins avec l’équipe des gendarmes de la section de recherches (avec le duo Ludivine/Segnon) le romancier français nous fait découvrir une autre façe du Mal, celle du Diable et poursuit par l’écriture, sa quête de la découverte du Mal avec un grand « M » (déjà bien entamée avec sa 1re trilogie du mal) Celui ci invite de nouveau le lecteur dans de sombres affaires de violences extrèmes, d’attentats sur le genre humain et nous régale avec force rebondissements, suspense, et scènes d’action d’anthologie.

Ambiances sombres, glauques, sanglantes (lors de la découverte des corps des victimes) et aussi intimistes (oui l’auteur a quand même un grand coeur), j’ai fortement apprécié son dernier opus, même si malgré tout, je l’ai trouvé un peu moins surprenant que « la conjuration… » Il est vrai que celui ci est plus ou moins une suite et en tant que lecteur, je me suis contenté de retrouver un univers déjà connu (sujet et personnages) même si j’ai aimé prendre ou reprendre les chemins diaboliques dont le romancier sait avec délice, nous faire balader, avec des clins d’oeils savoureux tout au long du roman.

A l’image de la littérature SF des années 50 (qui dénonçait les dérives scientifiques, et a donné quelques chefs d’oeuvre) le romancier français a son tour, continue son exploration de la noirceur l’âme humaine et nous montre la dérive de plus en plus forte d’un monde empli de violences extrèmes, où l’homme ne compte plus, qu’on est prêt à exterminer de la pire des façons (attentats meurtriers, génocide, assassinats, viols…) Même si cela reste de la fiction, on ne peut rester ignorant des violences de notre monde actuel.

Un seul petit bémol toutefois : une fin un peu précipitée, un peu trop happy end…C’est un peu dommage, tout s’enchaînait bien avec une bonne régularité jusque là.

Mais je ne vais pas faire la fine bouche non plus : l’épilogue qui conclut cette « patience du diable » nous promet quelque chose de terrifiant à venir dans le dernier tome de cette nouvelle trilogie du mal.

Maintenant il va falloir faire preuve d’une patience… de tous les diables pour lire la suite.


L’AVIS DE LEA D.

Après La Conjuration Primitive, nous retrouvons Maxime Chattam dans un nouveau thriller.

Comme d’habitude, La patience du Diable commence très fort. Tout démarre avec deux adolescents, qui ouvrent le feu sur les passages d’un TGV, mais aussi avec l’arrestation d’un Go fast qui transporte quelque chose de bien pire que de la drogue et des gens qui semblent morts de terreur. Le Mal semble se répandre à grande vitesse, prenant les policiers de cours et terrorisant la population.

Pour Ludivine Vancker, il n’y a pas de hasard, il y aurait un seul dénominateur commun entre tous ces faits. Lieutenant à la section de recherche de Paris, elle va remonter les pistes, traquer le Mal, et faire en sorte de pouvoir arrêter toutes les personnes coupables.

Comme toujours, je suis très impatiente de retrouver Maxime Chattam et de savoir quel cocktail malsain il nous a préparé. Car il faut le savoir, ses romans policiers sont rarement tendres ! Pour découvrir La patience du Diable, je conseillerai d’avoir d’abord lu La Conjuration Primitive, car nous y retrouvons les personnages principaux, et c’est toujours intéressant de voir par quels chemins sont passés les différents protagonistes. L’idéal serait également de lire la Trilogie du Mal, car un de ses personnages y refait brièvement surface.

La Trilogie du Mal et La Conjuration Primitive compte parmi mes livres préférés de cet auteur, alors j’espérais ne pas être déçue par ce petit dernier. Mais j’ai eu tort de douter ! Même s’il n’atteint pas le niveau de la Trilogie (culte !), cela reste un excellent roman policier, très bien construit et vraiment addictif. Dès le début, on est plongés dans l’horreur et le sang. Maxime Chattam est expert dans l’art d’amener de la tension tout au long de l’histoire, sans jamais nous lâcher, et de nous faire aller de découvertes macabres à des détails sanglants. Cette plongée dans l’univers du Mal et des illuminés est parfois un peu dure à encaisser, tellement il y a de détails, mais le fait est que nous sommes des lecteurs masochistes qui en redemandons à chaque fois ! Il faut être prévenus du caractère très sanglant, mais cela ne devrait pas poser trop de problèmes, sauf peut-être aux plus émotifs.

Du côté des personnages, je suis déçue de ne pas avoir revu Joshua Brolin, mais d’après ce qui se dit, on n’a pas encore tout à fait fini avec ce détective… Pour les autres, nous retrouvons évidemment Ludivine Vancker et son collègue. C’est un plaisir de les revoir, car ces deux-là ont beaucoup changé. Ludivine, notamment. C’est devenu une jeune femme beaucoup plus dure, beaucoup plus renfermée… Elle a été marquée à vie par les épisodes marquants de La Conjuration Primitive, et sa réaction a été de devenir encore plus obstinée, encore plus acharnée à combattre le Mal, notamment en devenant l’élève de Mikelis, le profileur.

Le style est comme à chaque fois court, percutant, il va à l’essentiel tout en distillant les indices peu à peu, nous faisant douter et rebondir en pistes en idées. Je ne vois jamais le temps passer, et le livre est très vite englouti. Un thriller toujours très haletant, je me demande à chaque fois comment il va réussir à nous faire accrocher au prochain chapitre, quelle idée va lui passer par la tête. Maxime Chattam s’amuse comme un beau diable à nous torturer et à jouer avec nos peurs tout en nous faisant devenir de plus en plus accro. Comme à chaque fois, un pari réussi avec moi ! N’hésitez surtout pas à découvrir cet auteur, il m’a fait vivre à chaque fois des moments très intéressants et très intense.


L’AVIS DE LAURE CHIRON

Un aspect que je vais aborder de suite : mon attachement aux personnages créés par les auteurs, et pour lesquels j’ai très très souvent de l’empathie. Et pour peu qu’on les retrouve dans plusieurs livres, c’est pire encore ! Je sais, ce ne sont que des fictions, mais j’y attache néanmoins une grande importance. Du coup, Ludivine Vancker et Segnon Dabo n’ont pas échappé à la règle.

La première question qui m’est donc venue à l’esprit en commençant ma lecture a été « comment vont-ils après ce qu’ils ont vécu dans « La conjuration primitive » et que j’ai vécu aussi si je puis dire. Le constat est celui auquel on s’attend, un an et demi après l’horreur absolue, ils saignent encore. Ca m’a presque rendue triste pour eux, leur humanité écorchée vive est et restera un tatouage fait avec l’encre la plus noire qui soit.

J’ai abordé cette lecture avec un peu d’appréhension, je l’avoue… Je n’avais pas forcément envie de me retrouver dans « l’état » où je l’ai été avec La conjuration. Je ne suis pas traumatisée à vie non plus, il ne faut pas exagérer, mais tout de même ! Se prendre une claque et tendre l’autre joue en ouvrant « La patience du Diable » euh… J’ai comme un doute là ! Qui vivra verra, je me suis lancée armée d’une cafetière bien pleine (oui, encore !).

Et là… Flop.

Si nos héros écorchés sont beaucoup plus matures et ont appris de leurs erreurs passées, leur nouvelle sagesse m’a semblé à la limite du marshmallow qui dégouline au contact d’un feu. J’y vais fort, je sais, mais la transition entre une Ludivine casse-cou-tête-brûlée-qui-frappe-d’abord-et-qui-discute-ensuite et une Ludivine posée, calme, réfléchie est beaucoup trop brtuale, j’ai eu l’impression que sa personnalité a été modifiée sur un claquement de doigts. Quant à Segnon, il passe au second plan, devenant ainsi presque inexistant et perdant son attrait de bon samaritain de la brigade qui raisonne de manière très cartésienne. C’est un choix qui est dommage, je suis déçue qu’il n’ait pas prit autant d’ampleur que Ludivine. Ca me paraissait logique.

La narration a perdu sa cadence effrénée, quelques chapitres traînent en longueur à grands renforts de théories déjà exploitées à mon sens dans La trilogie du mal et Le cycle de l’homme. On aborde ici le mal à travers des croyances populaires telles que l’existence de dieu et du diable, thèmes là aussi déjà bien exploités.

Je m’attendais à quelque chose de nouveau qui pourrait expliquer les agissements des criminels de ce livre, en lien avec le diable, sans en trouver. Quelques chapitres lus en diagonale, des soupirs d’ennui là où j’aurais voulu y trouver du suspens pour avancer plus vite vers les dernières pages et un dénouement qui m’aurait décroché la mâchoire. A la place, des bons sentiments bien mielleux, où ça insiste sur la nécessité de changer de métier (« flic, ça te retourne la cervelle et tu deviens fou si tu continues à fréquenter le mal, blah blah blah – déjà lu – « ). Enfin, une fin trop happy end, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, tant que tu vis en ermite.

Pressée quelque part quand même de lire ce nouvel opus, au final j’ai été déçue, presque autant que j’ai été enthousiaste sur la conjuration. Suite au prochain épisode, puisqu’on retrouvera la suite probablement en mai 2015.

Sponsor

6 Commentaires

  1. Merci pour cette critique qui donne envie de découvrir ce roman.
    Y a t-il un roman à lire avant celui là pour comprendre les personnages ?

    • Bonjour !
      Je pense qu’il est mieux de lire »La conjuration primitive » avant « La patience du diable », qui est quelque part une suite du précédent, mais aussi parce que ce livre est le second tome d’une trilogie annoncée.
      Bonne lecture 🙂

    • oui surtout pour faire connaissance avec les personnages de Ludivine et Seugnon, ce n’est pas obligatoire certes, mais c’est toutefois préférable… ya moins de surprise quand on les (re)découvre en lecture.

  2. Comme toi, pour la happy end, j’avoue avoir été un peu décu et que j’ai trouvé surtout précipitée mais dans l’ensemble ma lecture fut bonne. J’ai relevé aussi ce que dont tu parles « le coté mielleux » mais ca ne m’a pas dérangé plus que ca pour autant.
    Malgré tout, j’ai hâte (comme toi) de lire le dénouement de cette nouvelle trilogie.

    • Oui, j’avais lu ta chronique avant de faire la mienne, on est d’accord sur ces points là 😉
      En fait, après le tumulte et le chaos de « La conjuration primitive », je pense que j’ai un peu trop idéalisé « La patience du diable ». Je m’attendais à un rythme identique, à une écriture plus nerveuse, à des intrigues aussi tordues que le premier. Avec le recul, je me dis que c’est pour ça que j’ai été déçue, même si ça ne m’a pas empêchée d’aller jusqu’au bout de la lecture.
      Du coup, je vais me calmer pour le troisième tome et attendre de voir ce que ça va donner.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici