
Présentation Éditeur
Viktor Braunstein, commissaire principal à la Direction des recherches criminelles, est dégradé pour avoir voulu faire le ménage dans la bureaucratie moscovite. Sanction immédiate : il est envoyé en tant qu’adjoint au commissariat numéro 1 de Rostov-sur-le-Don. Braunstein commence juste à prendre ses marques dans ce nouvel environnement et découvrir les mœurs de la province, quand l’actualité criminelle le rattrape… Une jeune femme, Hélène Koskas, est retrouvée morte au milieu des bois. Si son identité et son histoire ne font guère de mystères – elle devait venir gon er le nombre des femmes slaves sur les trottoirs des capitales européennes –, c’est son corps, mutilé, qui interpelle. Suivant le mode opératoire de l’assassinat, tout laisse à penser que ce crime porte la signature du tueur cannibale, un dangereux spree killer en cavale depuis plus de dix ans. Si le meurtrier le plus recherché de Russie est dans la région, il n’y a aucune raison pour qu’il ne récidive pas dans les jours prochains. L’enquête commence…
Un récit sombre au plus profond de la Russie d’aujourd’hui : une nation qui se cherche entre la postérité des tsars, un mythe soviétique décadent et le pouvoir actuel conserva- teur et autoritaire.Toujours plus froid. Toujours plus noir.
L'avis de Stanislas Petrosky
— Maud Tabachnik sort un nouveau livre !
— Super !
— C’est l’histoire d’un tueur en série…
— Ah merde…
Voilà souvent c’est ma réaction, parce que des tueurs en série j’en ai bouffé, et à toutes les sauce, à tous les styles alors il y a un moment on sature. Il fut même un temps où j’ai lu toutes sortes de documents, assistés à des tas de conférences sur le sujet. Puis merde Tanachnik quoi !
La dame est plus réputée pour du roman noir engagé que de venir jouer dans le thriller sérial killer… Je ne critique pas hein, Claire Favan, Armelle Carbonel et quelques autres savent faire, ont compris la maitrise du genre institué par Thomas Harris, Maud a prouvé depuis belle lurette qu’elle connaissait le métier et savait écrire, donc ça doit se laisser lire.
Sauf que…
Sauf que dès les premières lignes tu sens le souffre qu’elle a distillé, tu sens que cette histoire n’est pas vraiment sortie que de son imagination, tu comprends très vite que Maud a réveillé un monstre, qu’elle a pris un personnage bien réel, une des pires ordures que notre terre ait portées et qu’elle a romancé autour de la vie d’Andreï Tchikalito, l’ogre de Rostov, le boucher de Rostov, l’éventreur de Rostov, bref une figure locale à Rostov. Considéré comme l’un des plus grands criminels du XXème siècle, un brave garçon qui fut accusé de 52 meurtres, mais qui a déclaré que c’était faut, c’est 56 !
Pédophile, cannibale, violeur, acte de barbarie, nécrophilie, bref à lui tout seul il remplit la moitié du DSM-5…
Faire un roman, oui roman, c’est tiré de fait réel, ce n’est pas une biographie, encore moins un documentaire, puisque Maud a brodé autour, a distillé son talent d’auteur dans ces terribles « faits divers ». C’était un pari risqué, mais un pari réussi. Sans jamais sombrer dans le gore, ce qui aurait été chose facile avec les états de service de ce type, Maud Tabachnik va nous conter d’un côté la traque de Tchikalito, menée par deux flics, et d’un autre pénétrer dans la tête du tueur, un criminel hors concours au vu de ce qu’il a commis comme acte, jusqu’à manger des enfants… Et surtout à la manière du docteur Lecter, c’était un homme extrêmement cultivé et intelligent. C’était puisqu’il fut exécuté en 1990.
On voyage au cœur de la Russie, une balade pleine de cadavre semée par l’ogre de Rostov…
L’impossible définition du mal, un titre qui va à merveille à ce roman. Un roman qui ravira les amateurs du genre, les passionnés de tueur en série, mais aussi les autres. Ce livre est le troisième titre d’une nouvelle collection chez De Borée : Marge noire, s’ils sont tous du même acabit, cela promet de belles lectures.