Mattias KOPING : Les démoniaques

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France

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Ring le 6 octobre 2016

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Dans un thriller à la densité paroxystique, Mattias Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement.  Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

(Source : Ring – Pages : 400 – ISBN : 9791091447478 – Prix : 21,00 €)

L’AVIS DE MURIEL LEROY

Ce livre m’a tout d’abord déroutée par le style dans les 60 premières pages, je n’y étais absolument pas préparée et j’ai donc de prime abord pensé que l’auteur écrivait comme il parlait en rajoutant cependant un peu plus de vulgarité… le vocabulaire n’est donc pas ce que l’on pourrait appeler soft au contraire il est même plutôt très imagé et cru !!! J’ai donc lâché ma lecture puis je l’ai finalement reprise et bien m en a pris car tout change !!! On notera donc au fur et à mesure du récit que ce vocabulaire est voulu car il sied aux personnages et à la situation ! le style froid, acéré donne encore plus de cruauté aux propos de l’Ours et sa clique, à l’inverse il s’adoucit quand il s’agit des victimes…

Le roman parle de maltraitance, de drogue, de prostitution et de vengeance dans de petits villages où la corruption fait rage et les enfants et les femmes trinquent….  Il est sans concession, la psychologie des victimes bien faite et les mafieux bien méchants, bien rustres…. Ce récit nous montre aussi comment la torture finit par amener à la vengeance, quitte à faire des dommages collatéraux … Nul n’est en fait totalement innocent et la barrière est infime entre bourreau et victime ! Tous les personnages se retrouvent liés les uns aux autres d’une manière ou d’une autre…

Quant à l’histoire d’amour, elle atténue la dureté du récit et nous montre aussi que malgré toutes les tortures subies l’héroïne arrive à faire confiance et à garder l’espoir… Un petit bol d’air pur où les tensions se relâchent un peu…

On ne lit pas ce roman pour rêver c’est sûr mais il permet de montrer comment une victime peut se transformer elle-même en bourreau, et de manière très fine par ailleurs, à force de maltraitance sans perdre pour autant toute son humanité ! C’est  dur, c’est violent mais il ne faut pas non plus se voiler la face, la maltraitance elle-même est très violente pour les victimes et les pervers ne s’encombrent pas d’état d’âme, en parler de manière édulcorée, discrédite le propos… La victime n’est pas considérée comme un être humain dans ce cas-là et le langage prend donc ici tout son sens !!!

Ne faites donc pas comme moi, ne soyez pas dérouté par le vocabulaire fleuri du début et plongez-vous dans cette histoire de vengeance, de corruption (et trafics en tous genres), de pédophilie… Ce sont souvent des sujets tabous, que les gens évitent, comme si fermer les yeux permettait de l’éviter ! C’est tellement plus simple ! l’auteur a choisi d’en parler sans faire dans la facilité !

Ce livre est à lire et fera partie de mon top 10 de cette année c’est sûr !!! Courez l’acheter mais attention âmes sensibles s’abstenir !!!!


L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Une horde de salauds dans les fins fonds d’une Normandie plus que rurales.

Des salauds capables de tout, jusque violer et prostituer sa propre fille pour l’un des cadors. L’histoire d’une vengeance…

Un thriller rondement mené, des personnages plus pourris les uns que les autres, à part les victimes et quelques autres. On pourrait presque se demander où l’auteur va chercher tout cela, se dire que c’est trop gros, qu’il exagère, puis non. Il suffit de de se souvenir, Angers, Outreau… Les salauds existent, oui je sais je me répète, mais quel autre nom leur donner ?
Moi je n’ai pas…

Mattias évite de sombrer dans trop de détails qui pourraient devenir vulgaire, il reste dans le « subjectif », si je puis dire. On frôle l’hyper violence du Doberman, qui parfois est un peu trop forte pour que le livre colle à la réalité, mais d’ailleurs, est-ce que l’on veut qu’il colle à la réalité ?

Bien sûr que non, surtout pas… pas de ça chez nous, quand je dis chez nous, ce n’est pas la région, c’est dans l’humain. Mais tous les trafic décrit dans ce roman existent, sont, à plus ou moins grande échelle. Des esclaves sexuelles, de la drogue, des trafics en tous genres juste pour le maître pognon…

Cela se lit facilement, si ce n’est par moment des mots trop « érudits », que font-ils dans un livre de ce genre ? Ils font baisser le rythme et l’intensité…

Seule petite entorse à ce livre qui peut côtoyer sans honte Le PUITS DE LA PERVERSION  de Michel VIGNERON…

Beaucoup de livre traitent de la pédophilie, de l’inceste, c’est un sujet casse-gueule, dangereux, on a vite fait de sombrer dans le voyeurisme, Kopping l’évite, il maitrise son sujet.

Le noir est présent dans ce livre, tel une chape de poussière de charbon qui noircie tout ce qui passe à sa portée.

LES DÉMONIAQUES est le premier roman de KOPING, chose sûre, l’auteur est à suivre…

2 Commentaires

  1. J’ai dévoré “Les Démoniaques” de Mattias Köping, et je trouve que… ça suinte, c’est sale, c’est gluant. Jusqu’à la dernière phrase du dernier chapitre, horreur, haine et dégoût. L’Humain, en somme, dont il a jeté l’essence sur la papier. L’ultime point final est une délivrance amère, comme un tir de Dragunov bien placé entre les deux yeux du lecteur.

    Köping m’a remué les tripes, et j’ai adoré. Belle plume et récit rythmé. Je ne l’ai pas lu, je l’ai vécu, tel un témoin fantomatique au coeur de chaque scène, aux côtés des personnages… Comme saisi et soulevé par les mains de l’Ours, puis projeté dans le récit.

    Je l’ai vécu, avec de la haine, de la rage, du dégoût, de l’amour, de la compassion, des sourires et des larmes.

    C’est dur, bien entendu. Pas pour tout public. Mais je recommande vivement.

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