Karine GIEBEL : Meurtres pour rédemption

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France

INFOS ÉDITEUR

Karine GIEBEL - Meurtres pour redemption
Meurtres pour rédemption

Parution aux éditions Rail Noir en juin 2006

Parution aux éditions Fleuve Noir en août 2010

Parution aux éditions Pocket en mars 2012

Vingt ans. Le bel âge ? Pas pour Marianne. En prison. Pour perpète. Pour meurtres.  » Ils ne m’ont laissé aucune chance (..:) -Mais j’existe encore (…) Ça leur ferait trop plaisir que je cesse le combat… Je ne leur ferai pas cette joie (…).

Alors, nourrir la haine, l’instinct de survie, même si l’on ne désire qu’aimer, être aimée ; pour lutter malgré tout, contre les coups, les brimades, l’ignoble.

La liberté. Inaccessible. Sauf à se laisser bercer par le chant des trains, pas si loin, là, derrière les barreaux, à se laisser emporter dans leur sillage.

Jusqu’au jour où … En taule, même l’inimaginable peut surgir. Une porte s’ouvre…

 » La liberté, Marianne, ,tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ?  » Mais le prix à payer pour transformer ce rêve en réalité est terrifiant. Marianne ira-t-elle jusqu’au bout ? Jusqu’au bout de cette voie de sang ? Mais, peut-être, aussi, de rédemption ?…

(Sources : Fleuve Noir – Pages : 767 – ISBN : 9782265092051 – Prix : 21,90 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Il y a quelque temps, j’ai découvert le recueil de nouvelles L’empreinte sanglante, où 8 auteurs ont écrit une nouvelle à partir de la phrase « L’empreinte sanglante d’un pied nu, la suivre le long d’une rue… ». Parmi ces auteurs, il y avait mes « chouchous » (Maxime Chattam, Raphael Cardetti et Franck Thilliez) mais j’ai pu également découvrir de nouveaux auteurs. Et dans ces auteurs, il y avait Karine Giebel.

Je me suis intéressée à ses écrits, et me suis arrêtée sur Meurtres pour rédemption.

Meurtres pour rédemption est un pavé d’environ 900 pages, écrit petit… Et qui se dévore en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Dans ce livre, Karine Giebel nous entraîne dans la vie de Marianne de Gréville. Jeune femme d’une vingtaine d’année, Marianne est une tueuse multirécidiviste. D’après tous, un monstre. Qui mérite de passer sa vie entière derrière les barreaux. Qui mérite les pires traitements. Pourtant Marianne a comme on dit un « bon fond », elle ne voulait pas tuer, tout a commencé quand, avec son petit ami, elle a voulu fuir des policiers et a fini par tirer sur eux.

Marianne est une vraie boule d’énergie et de violence, sujette à des crises de fureur dévastatrice, aidée par sa pratique des arts martiaux, qui refuse catégoriquement de se soumettre et de se laisser marcher dessus. Derrière les barreaux, elle ne peut s’évader qu’en écoutant les trains qui passent, aux livres lus et grâce à la drogue procurée par un maton, Daniel.

Meurtres pour rédemption est divisé en deux parties. Tout d’abord, la vie de Marianne en prison, en butte à l’hostilité de la majorité des surveillants et des défis des autres détenues. Mais tout bascule quand trois policiers lui rendent visite pour lui proposer un marché. Ils l’aideront à s’évader si elle fait un travail pour eux en échange.

Pour Marianne, le prix à payer en échange de sa liberté va être immense. Trop, peut-être. La jeune femme a beau encaisser tous les coups et s’en sortir encore plus forte, elle devra réunir toutes ses forces pour tenter de survivre aux coups du destin.

Haletant, ponctué de rebondissements incessants, Meurtres pour rédemption, de Karine Giebel, est un livre absolument bouleversant ! Chacun des personnages est unique et touchant, le récit est dynamique et ne laisse pas une seconde de répit, je vous recommande vivement cette lecture !


L’AVIS DE JUSTINE

Les critiques sont toutes excellentes, il s’agirait du meilleur de Karine Giébel, etc. Pourtant, ayant lu Juste une ombre et n’ayant que moyennement adhéré, je n’étais pas hyper-emballée à l’idée de me plonger dans un pavé pareil (988 pages tout de même), surtout pour une histoire plantée dans l’univers carcéral qui ne me parle pas du tout (en général, je m’ennuie). Et puis, finalement, contre toute attente, la magie a vraiment bien fonctionné 🙂

L’héroïne de l’histoire s’appelle Marianne, et ce n’est pas le personnage principal type. Issue d’une famille aisée, elle a perdu tôt ses parents et a été élevée par ses grand-parents, qui ne voyaient pas d’un bon oeil sa pratique du karaté (pas assez bien pour eux). Adolescente, Marianne rencontre un petit voyou avec qui elle va tenter de voler une personne âgée. Le vol se passe mal, son ami est tué et, acculée, elle tue un policier lancé à sa poursuite et blesse gravement une de ses collègues, enceinte. Ce sera la prison à perpétuité pour elle. On la découvre donc en maison d’arrêt, où elle moisit depuis déjà 4 ans. Sa découverte du milieu carcéral ne s’est pas faite sans heurts; entre la culpabilité qui la ronge, l’addiction au tabac et à l’héroïne qu’elle ne peut payer qu’en couchant avec un des surveillants, ses co-détenues violentes et les matonnes sadiques, c’est comme l’enfer sur terre sans espoir de sortie. Pourtant, un jour, 3 policiers viennent lui proposer un marché: ils peuvent la faire sortir de prison si elle accepte de tuer pour eux…

Dans juste une ombre, j’avais déjà noté la maîtrise des mots de Karine Giébel. Cette impression est renforcée ici; il n’y a pas à dire, elle a une plume vraiment magnifique et sait manier les mots pour plonger ses lecteurs dans un bain d’émotions. Son style est précis, incisif, noir au possible, mais vraiment prenant et peu d’auteurs peuvent se vanter d’écrire aussi bien.

C’est un livre très noir, très sombre, dur et violent. Pourtant, ça semble également très réaliste. L’univers carcéral est très bien dépeint. L’intrigue est longue à se mettre en place, puisque la proposition des flics à Marianne arrive page 80 environ, et on n’entend plus parler d’eux ou presque pendant les 400 pages suivantes. Elle attendra la page 540 pour s’évader, donc plus de la première moitié du livre se déroule exclusivement à l’intérieur de la prison. Pourtant, à aucun moment je n’ai trouvé le temps long, moi qui ne suis vraiment pas fan des histoires qui se passent en prison. On s’attache à Marianne, à sa hargne, son désir de liberté, on la comprend, même si elle a tué. Il y a tout de même des touches de lumière grâce aux personnages de Daniel et de Justine, qui, chacun à leur manière, rendent le quotidien de Marianne un peu plus supportable. Je me suis aussi beaucoup attachée à Emmanuelle, et j’ai été vraiment attristée de la façon dont cette sous-intrigue se termine.

La seconde moitié du livre est à la fois très différente (puisque Marianne sort enfin de prison) et finalement assez semblable: elle passe d’une cellule à une autre (l’endroit où elle est gardée « en transit » tant qu’elle n’aura pas commis les fameux meurtres) et de surveillants infects à d’autres matons (les flics qui la surveillent). On comprend que la vraie prison de Marianne, c’est sa culpabilité. La voir traitée comme une sous-merde par pratiquement tout le monde fait mal au coeur, et dénonce vraiment l’injustice du système judiciaire (n’est-ce pas là un comble?). Comment pourrait-elle s’améliorer, devenir une meilleure personne en étant traitée de la sorte? Les vrais criminels ne seraient-ils pas plutôt les surveillants qui profitent des failles du système pour assouvir leurs pulsions sadiques? Le livre est porteur de messages sous-jacents très forts et est bluffant de bout en bout.

J’ai deux regrets, c’est la façon dont termine l’histoire pour Daniel et le fait qu’on ne revoie pas Justine après la sortie de prison de Marianne, j’aurais aimé que les deux femmes se rencontrent une dernière fois.

Au final, un livre qui m’a vraiment soufflée, et que je conseille à tous les amateurs de polars!

CHRONIQUE EN VIDÉO

A l’occasion du Salon du Livre de Paris en 2012

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