Marin LEDUN : Dans le ventre des mères

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INFOS ÉDITEUR

Marin LEDUN - Dans le ventre des meres
Dans le ventre des mères

Parution aux éditions Ombres Noires en septembre 2012

Parution aux éditions J’ai Lu en septembre 2013

Un thriller très documenté sur les biotechnologies et le traçage des individus dans les sociétés de demain, autant de sujets qui font froid dans le dos.

Une explosion anéantit un village ardéchois. Dans un décor apocalyptique, les sauveteurs exhument un charnier. Les cadavres, véritables cobayes humains, ont subi des mutations génétiques. Une femme apparaît dans les décombres : Laure Dahan, 29 ans. Ses jours sont comptés. Son obsession : mettre à l’abri sa fille, qu’elle n’a jamais connue, avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela, elle est prête à tout et n’hésite pas à semer la désolation sur son passage. Les meurtres se succèdent, mystérieusement reliés, au fil de l’enquête du commandant Vincent Augey. Une course-poursuite s’engage à travers l’Europe entre Laure et Vincent. Dans un monde où s’effritent les frontières entre le bien et le mal, Vincent Augey devra choisir son camp.

(Source : Ombres Noires – Pages : 464 – ISBN : 9782081277465 – Prix : 18,90 €)

L’AVIS DE LAETITIA

C’est noir.

Des monceaux de cadavres suite à l’explosion d’un village ardéchois. Des cadavres mi-humains, mi-monstres. Que s’est-il passé ici ? Cobayes humains ? Mutilations ou mutations ? Folie des hommes ? Laure Dahan, porteuse du « mal », réussit à fuir les cendres, à fuir son geôlier avec une obsession en tête : vengeance.

Et c’est un homme déterminé, le commandant Vincent Augier, qui sera en charge de l’enquête. Il ne lâchera que quand il saura.

Ce roman de Marin Ledun nous entraîne dans l’obscurité des laboratoires clandestins. Là où tout est permis pour arriver à ses fins, pour atteindre le pouvoir par le biais de manipulations génétiques, en testant des virus de plus en plus puissants. On connait l’Histoire. Ces expérimentations sur l’homme ne sont pas une vue de l’esprit d’un auteur de thriller, c’est une réalité, et cela rend le roman encore plus effrayant.

Les personnages que sont Vincent ou Laure sont comme le fond de cette histoire, ils portent la désolation et la peur. Mais comment trouver la volonté de combattre ?

« Le virus nous ronge de l’intérieur. Il nous maintient debout pour servir ses propres desseins de parasite mais, tôt ou tard, nos corps lâcheront. Je sais que ce jour est proche… En attendant mon heure, ils m’ont reconvertie en soldat. »

L’intrigue est bien menée, on se laisse embarquer facilement dans cette quête des « méchants » scientifiques. L’auteur connait son sujet, on y croit. Malgré quelques longueurs à mi-chemin, les pages se laissent tourner et l’accélération finale ne fut pas pour me déplaire.


L’AVIS DE LAURE CHIRON

Je viens de faire la connaissance de Marin Ledun… Un village entier de l’Ardèche a été réduit en poussières par une explosion qu’on n’explique pas, pas plus que l’existence de ce village, non répertorié ; des hommes, des femmes, des enfants que l’on retrouve dans ce charnier qui semblent avoir subi les pires horreurs tant leurs corps ressemblent à des mutants (si je puis dire) ; un flic usé et fatigué par une vie personnelle chaotique, Vincent Augey*, qui débarque sur les lieux avec sa personnalité brute de décoffrage, solitaire, cassant. Le genre de flic qu’on ne vient pas chatouiller impunément. Et il y a Laure Dahan, qui semble être la seule survivante de ce drame, tenu à l’écart des journalistes.

Tels sont les ingrédients mis sur la table pour « cuisiner » un thriller que je qualifierais de « médico-psychologique », puisque le véritable héros de l’histoire n’est ni un taré psychopathe qui sème la mort et la désolation sur son passage, ni ce flic hors du commun (par rapport à mes lectures habituelles), et encore moins cette « survivante ». Au cœur de ce roman, on se retrouve dans l’univers de la recherche médicale et des expériences génétiques hasardeuses, dans le seul et unique but de créer des « hommes parfaits ». Pour autant, le nerf de cette guerre sans pitié entre scientifiques de bas étage et cobayes, c’est la maternité, avec tout ce que cela comprend en termes de transmission de gènes effroyablement modifiés. J’ai presque envie de dire qu’on pourrait comparer ce livre à un épisode de X-Files à la française, sans gentils ni méchants. Juste des hommes et des femmes qui se battent pour éviter que l’humanité ne soit peuplée que de monstres sans états d’âme et sans scrupules.

J’ai énormément apprécié le style de narration employé par Marin Ledun, qui nous livre un récit à l’écriture percutante, sans temps mort ; j’ai également aimé cette manière que l’auteur a eu de transposer ses dialogues à la mitraillette : ils s’enchainent sans préciser qui tient le crachoir à l’autre, à vous de bien suivre et d’éviter de vous arrêter en cours de lecture si vous ne voulez pas être perdus. Des temps morts, je n’en ai pas trouvé beaucoup, sauf peut-être vers la moitié du livre, quand on arrive aux explications scientifiques. Si ce thème singulier que l’auteur, hyper documenté, possède à la perfection, l’œil profane du lecteur n’arrive pas forcément à comprendre sans se faire quelques nœuds au cerveau. C’est le seul bémol que j’ai relevé. Un autre point qui m’a un peu dérangée en début de lecture : la narration uniquement au présent. Un bel exercice de style que l’on rencontre rarement, qui déstabilise au début mais qui finalement rend le récit encore plus prenant, dans lequel on s’immerge inévitablement. Ce roman est noir, très noir, mais je ne peux m’empêcher de dire que j’y ai également trouvé beaucoup de douceur, tant dans ses personnages que dans les sentiments qu’ils se portent. Un grand respect mutuel les relie, et ça fait du bien à lire dans ce monde de brutes. Une lecture que je vous conseille vivement.

Dernière chose : après avoir fini de le lire, j’ai appris que deux des personnages de « Dans le ventre des mères » s’étaient déjà côtoyés dans un autre roman, « Marketing viral ». Nathan Seux et Laure Dahan sont les personnages principaux de cet autre livre, paru en 2008. Il se peut que je fasse plus ample connaissance avec eux d’ici quelques temps…

*Petite anecdote : le patronyme de Vincent Augey est orthographié de deux manières différentes. « AugeR » sur le quatrième, et « AugeY » dans le récit. De quoi douter de sa mémoire quand il s’agit d’évoquer ce personnage !

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3 Commentaires

  1. voici ici une nouvelle pépite de Marin Ledun : tout est réunis pour que la lecture de ce roman se fasse d’une traite : une écriture superbe, une trame haletante, des personnages bien campés et complets, et comme bien souvent avec Marin, on ressors une nouvelle fois enrichi de son roman…

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