Karine GIEBEL : Juste une ombre

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France

Ce roman est un choc. Un livre qui vous prend au coeur, qui ne vous lâche plus. L’écriture de Karine GIEBEL est dense, très rythmée.

Karine GIEBEL - Juste une ombre
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  • Éditions Fleuve Noir le 08 mars 2012
  • Éditions Pocket en mai 2013
  • Pages : 608
  • ISBN : 9782266238571
  • Prix : 8,10 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Prix Polar Francophone du Festival de Cognac 2012

Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.
Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour…
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
A partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule.
Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…
Tu commandes ? Apprends l’obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence…

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

« Juste une ombre », juste un futur best-seller…

Il fait nuit. Les lampadaires ne fonctionnent pas tous. La rue est déserte. J’ai l’impression d’être suivie. L’angoisse augmente de seconde en seconde… L’ombre s’approche se fait de plus en plus menaçante…

Elle semble si forte et si fragile à la fois. Depuis qu’une ombre est passée sa vie en a été bouleversée…

Cloé est brillante, elle le sait, elle est la meilleure dans son domaine, elle succédera bientôt au grand patron. De plus, elle est superbe. Tant pis pour les sots, pour les jaloux, elle a sacrifié du temps pour en arriver là où elle en est aujourd’hui. Cloé la guerrière, Cloé l’amazone apprend à baisser un peu sa garde lorsqu’il s’agit de s’accorder du bon temps avec son amant. Mais l’ombre guette, obscurcit son quotidien.

La menace se fait de plus en plus pesante. Des objets sont déplacés dans sa maison. Cloé se sent épiée. Stress lié au travail, alcool, drogues ? Police, amant, meilleure amie… ne peuvent croire les allégations de la jeune femme. Cloé flirte t-elle avec la folie ?

Il n’y a pas que Cloé qui soit de plus en plus brisée par l’existence. Dans une autre partie de la ville, Gomez se bat. Un vrai flic de terrain, qui ne lâche pas sa prise, il flaire, il traque. Surtout si il peut atteindre la tête du réseau, peut importe la méthode. Etre border-line, et alors ? Ce n’est pas avec de la dentelle que l’on coince les pourris. Garder le masque même devant les collègues, particulièrement devant les collègues.

Son plus grand combat, celui qu’il mène aux côtés de Sophie. Sa femme, sa moitié, qui lutte contre la maladie, contre la mort.

Ce roman est un choc. Un livre qui vous prend au coeur, jusque dans les viscères et qui ne vous lâche plus. L’écriture de Karine est dense, très rythmée. A peine les premiers mots lus, on entre dans le récit, on le vit. On s’incarne dans Cloé. Les pas sont derrière nous, l’angoisse nous prend, la peur est là, réelle, palpable. L’utilisation du « Je » permet cette incarnation rapide, puis on est extirpé de ce corps. Le récit repasse à la troisième personne comme pour observer Cloé avec un regard neuf. Car cette jeune femme est loin d’être une sainte, cette perfectionniste est prête à marcher sur tout le monde au nom de sa réussite. L’auteur cherche-t-elle à nous protéger ? Paragraphe suivant, nouvelle incarnation dans l’intimité de cette victime…. ou de ce bourreau ?

Sentiments contradictoires : doit-on l’aimer, la détester ? Devient-elle folle ? Devient-on fou de s’attacher à un tel personnage ?

Autre personnage complexe : Gomez. Ce flic qui aurait pu faire partie de l’équipe de Braquo (série TV avec des flics border-line). Un homme avec des valeurs mais qui ne correspondent pas forcément avec celles du commun des mortels. Il est de ces êtres à qui vous pourriez tout donner et que vous détestez l’instant d’après. Une personnalité tellement forte qu’elle pourrait le détruire mais surtout détruire ceux qui le côtoient. Il hurle à la mort à la fois « prends moi » et « casse toi », quelles seront les ondes de choc de « ses cris » ?

Karine Giebel a une tonalité particulière dans ses écrits. Elle a quelque chose d’unique. Elle modèle avec brio ses personnages qu’elle peut broyer d’une main à la page suivante. Nous ne sommes pas dans la violence gratuite, ses textes sont d’une grande intelligence. La vie est une forme de violence qui peut frapper de manière aléatoire même les gens que l’aime…. surtout ceux que l’on aime ! Elle ne sacrifie pas ses héros sur l’autel du « happy-end ».

« Juste une ombre » développe des aspects psychologiques passionnants : paranoïa, manipulation (avérée ou non)…. Ce récit est très réaliste. Alors que je n’ai pas la larme facile, j’ai failli craquer par moment tellement les faits avaient l’air réel. J’ai fini ce roman avec « une boule dans la gorge ». J’ai été habitée pendant tout l’ouvrage par l’envie de savoir la fin et en même temps j’ai eu une impression étrange en fermant ce livre. Comme lorsque l’on se réveille d’un long rêve ou d’un long cauchemar et que l’on aimerait refermer les yeux quelques instants pour y retourner.

« Juste une ombre » est bien un thriller au sens étymologique du terme : « oeuvre qui donne le frisson » de l’anglais de « thrill » (frissonner). Ouvrir ce roman c’est un peu comme monter dans un train fantôme, à peine démarrer et c’est à fond. Le danger peut se cacher dans n’importe quel coin, surtout lorsque vous ne vous y attendez pas. Fausses trappes, faux semblants ou c’est la peur qui modifie l’aspect des choses extérieures. Impossible d’arrêter le wagonnet, tout s’accélère, cris de joie et d’angoisse mêlés…

Une oeuvre à ne surtout pas manquer ! Petits conseils de lecture pour lire ce texte en toute sérénité : à commencer de bonne heure sinon vous êtes bon pour la nuit blanche, marque-page inutile car vous ne pourrez le lâcher, prévoir un stock de verrous car vous pouvez être prise d’une petite crise de paranoïa si vous lisez ce livre seule. Solution : demander à votre meilleure amie ou à votre homme de se mettre dans un coin de la pièce pour veiller sur vous mais surtout qu’ils ne tentent pas de vous adresser la parole car vous serez partie très loin dans le récit. Pensez à fermer les volets si vous êtes au rez-de-chaussée car vous risquez d’hurler si une ombre apparait devant votre fenêtre… Prévenir le concierge d’ouvrir l’oeil pour que personne n’escalade les balcons pendant que vous êtes plongée dans votre livre. (Je n’oublie pas que le lectorat de Karine Giebel se compose également d’hommes, j’ai hâte messieurs d’avoir vos impressions face à la « peur croissante »)

Je stoppe là ma petite tranche d’humour décalé (peut-être un moyen de fuir la vague d’émotions qui m’a envahie suite à la lecture.)

Préparez-vous en tout cas pour expérience : « Juste une ombre » est un « livre à vivre ». Il vous capte et il ne vous lâche plus… Lequel de vous deux a pris le pouvoir ?

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Nuits blanches en perspective

Cloé est une femme à qui tout réussit, elle est belle, elle va bientôt avoir une promotion, a un amoureux adorable… Jusqu’au jour où un soir un homme en noir la suit, s’approche d’elle menaçant…Et ne fait rien, alors qu’elle croyait sa dernière heure arrivée. A partir de ce moment, son univers va vaciller…Elle est persuadée que cette Ombre lui en en veut, qu’il rentre chez elle la nuit, change des objets de place…Cette Ombre va devenir son obsession ! Et personne ne va la croire !

Concernant le personnage principal, j’avoue avoir ressenti des sentiments contradictoires. C’est une femme de caractère, qui ne laisse pas marcher sur les pieds que ce soit dans son travail ou dans sa vie personnelle. Son leitmotiv « Ne pas s’excuser, ne pas s’apitoyer, ne pas se laisser marcher sur les pieds ». C’est honorable mais parfois je me suis dit quelle chieuse ! Néanmoins, au fur et à mesure du récit, on se prend d’affection pour cette femme qui devient l’ombre d’elle-même (sans mauvais jeu de mots). A ses côtés, on a la peur vissée au ventre, on imagine très bien ce qu’elle peut ressentir mais aussi on se demande parfois si elle n’est pas folle. Et puis on découvre des blessures secrètes qui la rendent plus attachante encore. Je crois que l’auteur réussit parfaitement bien à nous lier à ses personnages.D’ailleurs, les autres personnages ne sont pas en reste. Bertrand, son petit ami, sous sa facette d’ange, cache bien son jeu. Cloé, désemparée, va se tourner vers l’homme qu’elle aime, mais n’aura peut être par le soutien qu’elle escompte. Aidé par Carole, l’amie de Cloé, Bertrand l’incite à aller voir un psy, elle se fait des idées, c’est le surmenage…Une relation houleuse qui rajoute du stress à notre héroïne.

Un autre personnage clé intervient dans le récit même si au début, on ne comprend pas forcément le rapport. Gomez, un flic border-line, aux méthodes expéditives. Beaucoup de monde le considère comme provocateur et givré. Mais est-ce une carapace ? Une façon de se prouver qu’il existe ?

Voilà pour la présentation des personnages principaux. L’intrigue maintenant…Difficile d’en parler sans trop en dire…Avec cette menace (L’Ombre), tout est suggéré donc la lecture devient entêtante, il faut tourner les pages encore et encore pour savoir…Avec l’héroïne, on essaye de savoir qui est cette Ombre, on fait une liste des suspects…Mais d’abord, on tente de se faire à l’idée qu’elle existe réellement. Certains chapitres ressemblent à des lettres de l’Ombre adressées à Cloé mais est-ce une ruse de l’auteur ?! Je dois dire que ce livre ne m’a laissé aucun répit. Comme l’héroïne, j’avais envie de me calfeutrer chez moi de peur qu’une ombre surgisse. J’ai vécu les angoisses mais aussi les coups de speed de Cloé, j’ai entendu des bruits suspects dans la maison, je suis devenue presque insomniaque…Car une fois commencé, vous ne pourrez plus lâcher ce livre qui joue sur les sensations, la menace invisible…Et quand vous vous approcherez de la fin, je parie que personne ne devinera la vérité, car jusqu’à la dernière ligne, vous serez bluffé ! Karine Giebel m’a encore une fois épaté !

Gros gros coup de coeur !

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