Juana SALABERT : La règle de l’or

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Espagne

INFOS ÉDITEUR

Juana SALABERT - La regle de l or
La Règle de l'or

Parution aux éditions Métailié en mai 2017

Traduit par Myriam Chirousse

Tout commence en 2012 à Madrid avec le cadavre d’un bijoutier égorgé, un message épinglé sur la poitrine. Il vendait et achetait de l’or aux familles victimes de la crise, il était aussi usurier. Mais c’est le troisième cadavre de la série. Le jeune inspecteur Alarde, perspicace et réfléchi, est chargé de l’enquête, et il tente de recomposer le puzzle.

Les suspects sont nombreux et les mécanismes complexes de la cupidité prennent des formes variées : évasion des fortunes vers les paradis fiscaux, vol d’héritages, fausse croisade contre les usuriers…

Dans un Madrid ultra réaliste, avec sa trame policière extrêmement bien construite et ses personnages originaux, ce roman va bien au-delà de l’enquête policière et nous parle de la violence avec laquelle s’impose “la règle de l’or” dans une société en déliquescence. Il est nourri de l’indignation et du sentiment qu’ont les Espagnols d’être escroqués depuis le début de la crise.

(Source : Métailié – Pages : 288 – ISBN : 9791022606516 – Prix : 18,00 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

En Espagne, où les suppressions de poste s’accumulent, les salaires deviennent moindres, où certains subsistant à peine sont dans l’obligation de vendre des souvenirs de famille à valeur sentimentale pour payer les factures, un bijoutier est retrouvé égorgé avec un message épinglé sur la poitrine, dans les rues de Madrid. Y’a-t-il un tueur en série qui rôde et qui s’en prend aux cash-or (vous savez les petites boutiques « J’achète votre or »…) ? C’est ce que va devoir découvrir l’inspecteur Alarde après la découverte de ce cadavre qui est en fait le 3 ème de la série.

La plupart des crimes se commettent à cause de l’argent mais est-ce une vengeance par rapport à ceux qui en tirent des bénéfices substantiels ? Peut-on imputer ces meurtres à des mouvements politiques ? Ou est-ce bien plus personnel ?

Une enquête dont le fil se déroule progressivement jusqu’à la conclusion finale qui n’explose pas comme un feu d’artifice mais qui est bien amenée, cohérente. Le lecteur a plaisir à découvrir les déductions progressives de Alarde, bien assisté (et aussi bien pressé par sa hiérarchie) dans ses réflexions par des collègues méticuleux et des amis dont l’ouverture d’esprit l’aiguille parfois. C’est un policier lucide, réaliste sur la situation de son pays. Un homme calme mais qui n’hésite pas parfois à bousculer verbalement son interlocuteur quand  la situation l’impose. Un homme ayant eu une enfance traumatique que l’on découvre par bribes mais qui avance dans la vie doucement mais sûrement. Voilà un des atouts charme du roman. La galerie de personnages secondaire est toute aussi intéressante : son amie Berta avec qui il refait souvent le monde autour de bons petits plats, un ami écrivain qui avec son sens des métaphores est indigné par ce monde de merde, son confrère légiste avec qui ce n’est pas les grands amours… En fouillant dans la vie des victimes, c’est aussi toute la complexité des relations familiales que nous allons découvrir : jalousies, rancœurs, rêves inassouvis… Et c’est surtout le portait d’une société fracturée où les pauvres sont de plus en plus pauvres et la colère gronde…

Intelligent, bien construit et écrit, ce texte est une belle découverte !

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