Jean MAZARIN : Zazou

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France

INFOS ÉDITEUR

zazou - jean mazarin

Parution aux éditions Atelier Mosésu en mars 2015

Dans le Paris de 1942, Paul, jeune zazou passionné de musique swing, va découvrir l’amour en même temps qu’il perdra l’insouciance. Pour les beaux yeux d’une femme, il va braver l’autorité vichyste et rejoindre les rangs de la Résistance.

Dans ce roman noir à la bande-son très jazzy, Jean Mazarin nous plonge dans la vie du Tout-Paris de l’Occupation.

Je suis swing, je suis swing, zazou, zazou, zazou zazou dé…

(Source : Atelier Mosésu – Pages : 280 – ISBN : 9791092100389 – Prix : 17,00 €)

L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Voici le 3eme opus de la collection [39-45], 3eme auteur, 3eme style. Cette fois-ci, l’histoire se déroule à Paris en 1942. Avant de commencer à parler de ce roman, il convient de définir le terme zazou. En France, juste après la Seconde Guerre mondiale, un zazou est un jeune qui se distinguait par sa tenue excentrique, et qui était grand amateur de jazz.

Paul Descamps est un zazou, tout comme ses amis. Il passe tout son temps dans un club de jazz près de chez lui. Il semble prendre à la légère le drame qui l’entoure jusqu’au jour où il rencontre Anna Tronska, une jeune juive résistante…

Nous pouvons nous dire qu’il s’agit encore d’un livre sous l’occupation, avec les nazis d’un côté et les résistants de l’autre. Et bien non. Du moins pas tout à fait. Des nazis nous en avons bien, mais nous avons essentiellement des flics du régime de Vichy qui traquent une filière de la résistance juive.

Vu comme ça, ça peut toujours paraitre classique, je vous l’accorde.

Maintenant, si nous rajoutons à cela un bobo idéaliste des années 40, je veux dire un zazou, qui s’amourache d’une de ces résistantes, et que ce dernier est le fils du commissaire en charge de la traque des filières terroristes ça met un peu plus de piquant.

Surtout ce qui change c’est le ton de la narration. Nous avons un air jazzy tout le temps de la lecture. Ceci procure une sensation bizarre. Nous savons que nous sommes en train de lire une succession d’événements terribles, mais nous sommes enjoués.

En y réfléchissant, je me dis que nous avons affaire à un conte moderne. Oublions Perrault, Grimm ou Andersen, et prenons Jean Mazarin…

Pour illustrer cela, je reviendrai sur Paul Descamps, notre jeune héros. Ce personnage est intéressant à plus d’un titre. Nous suivons son évolution comme lors d’un rite initiatique, celui correspondant à la prise de conscience et au positionnement dans le monde. Doit-il suivre les pas paternels, ou alors prendre sa propre voie avec le risque d’être en opposition avec son père ?
Paul Descamps avait déjà fait son choix qui pour lui était un jeu, jusqu’au jour où Anna Tronska le poussera à mener sa croisade, tel un chevalier contre l’oppresseur, dont son père fait partie. L’insouciance dont fait part le jeune homme fait sourire au départ, mais le sourire s’arrête en même temps qu’il commence à réaliser le fondement de la cause pour laquelle il s’engage.

Je ne reviendrai pas sur les autres personnages, mais il faut juste savoir que des personnages réels figurent dans le casting et ont une place de choix pour certains. Ceci renforce le récit, car ces caméos sont faits avec intelligence et justesse. Ceci ancre le roman dans une réalité et un contexte historique qui montre un visage différent de la guerre. Ici pas de purgatoire du front ou d’enfer des camps, mais simplement une guerre loin et proche en même temps.

La vie continue malgré la guerre, et se fait rappeler quotidiennement au souvenir de la population par le biais de rafles, d’arrestations, de résistance, de tracts, etc.

Pour finir, je dirais simplement que j’ai passé un très agréable moment dans ce Paris des années 40, dans ce Paris où règne insouciance et résistance, amour et haine, et enfin trajectoires de vies faites de choix et de convictions.

Je vous conseille de le lire, car si vous aimez la littérature noire et cette période de l’histoire vous serez sous charme, mais si justement cette période vous fait peur, sachez que cet opus est le moins « dur » des trois sortis dans cette collection.

Vous avez encore un doute sur le côté agréable de ce livre ? Et bien, regardez ce qui suit…

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