Jean-Christophe GRANGE : Entretien lors des Quais du Polar de Lyon 2009

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Compte-rendu de conférence : Entretien avec Jean-Christophe Grangé par la journaliste Christine Ferniot – Quais du Polar de Lyon 2009

Jean-Christophe GrangeSon parcours – Son envie de devenir écrivain

Jean-Christophe Grangé a fait des études de lettres. Pendant cette période, il avait l’espoir de pouvoir écrire des livres mais n’avait pas d’idées. Il est devenu journaliste et a réalisé des reportages un peu partout dans le monde. Ses reportages ont nourri ses futurs romans. De plus, il a véritablement découvert la littérature policière lors de ses voyages en avion. En dehors de son travail, il essayait toujours d’écrire…Un reportage sur les migrations des cigognes est à l’origine de son premier roman « Le vol des cigognes ». Celui-ci lui a pris deux ans. Il l’assimile à un livre de voyage. A sa sortie, le livre n’a pas rencontré un gros succès commercial mais lui a permis d’être repéré par le monde du cinéma.

Ainsi il a continué à exercer son métier de journaliste et travaillait en parallèle pour le cinéma.

L’aventure « Rivières Pourpres »

« Les rivières pourpres » sont sorties aux éditions Albin Michel en 1998. L’éditeur a eu la bonne idée de le classer dans la collection Spécial Suspens aux côtés des livres de Mary Higgins Clark. Il y eu un véritable buzz autour de ce livre que ce soit du côté de la presse ou du public.

Il a fallu 4 ans à Jean-Christophe Grangé pour écrire ce livre car en parallèle il continuait à avoir des demandes de la part du cinéma.

Il a ressenti ce livre comme l’instant de vérité.

Angoisses

Son 3ème livre l’a vraiment angoissé ayant obtenu un succès retentissant avec « Les rivières pourpres ».

Son 4ème livre a été celui de la « relâche ».

Peu à peu, Jean-Christophe Grangé a arrêté les reportages et les scénarios pour le cinéma (ex : Vidocq)

Les livres se vendant de plus en plus, la confiance en soi s’établit, du coup il hésite moins à tenter certaines choses.

Son but est désormais d’écrire un livre par an.

Projets

Jean-Christophe Grangé a voulu pendant un moment écrire « une trilogie du mal » mais a momentanément laissé tomber l’idée car de nombreux écrivains le font (cf : Maxime Chattam).

Cette trilogie devait être constituée de « La ligne noire » (dans la tête d’un tueur), du « Serment des limbes » (diable) et d’un livre sur le mal préhistorique (La forêt des Manes, sortie fin 2009 ?).

De toute façon, il considère que la violence/le mal est le thème prépondérant de ses ouvrages, donc pas besoin de faire une trilogie pour en parler.

Attention, certains détracteurs ont pu considérer qu’il faisait preuve de complaisance dans ses livres. Ce n’est pas le cas, il s’agit plutôt d’une forme de dénonciation.

Projet : Peut-être une série sur les cigognes pour Canal+…

Ses personnages

Il n’aime pas que ses personnages aient une vie toute lisse, sans histoires.

Il aime la dualité dans le cœur de ses personnages (« ni tout blanc, ni tout noir »). En effet, dans la plupart de ses ouvrages, les flics ont tous un côté « maléfique » comme le penchant pour l’alcool ou la drogue…

Il est arrivé qu’il fasse mourir certains personnages mais il a arrêté car il s’est rendu compte que cela ne plaisait pas aux lecteurs.

Le voyage dans ses livres – Le suspens

Pour construire ses livres, J-C Grangé se nourrit de ses souvenirs de reportage, effectue des recherches et n’hésite pas à aller sur les traces de ses personnages comme pour « La ligne noire » pour se ré imprégner de l’atmosphère, des coutumes…

Il préfère se méfier de la documentation qui risque d’engloutir celui qui écrit. Se réfère toujours à ses souvenirs.

Quand il était journaliste, il devait sans cesse trouver des sujets surprenants. C’est ce qu’il essaie de refaire dans ses livres : trouver des détails qui sortent de l’ordinaire.

On lui dit souvent d’ailleurs, que dans ses livres, on apprend des choses sur l’histoire d’un pays…En fait, il ne se sert que de petits détails qui viennent servir l’intrigue.

Il considère qu’il n’y a pas de recette miracle pour construire du suspens. Le seul devoir : être imprévisible à chaque page grâce à des détails.

Construction de l’écriture

Jean-Christophe Grangé travaille avec un synopsis très détaillé, par chapitre.

Il lui ait arrivé d’écrire dans le désordre ses chapitres car certains étaient assez difficiles à aborder, mais désormais, il écrit « chronologiquement ».

Il travaille avec de la musique au casque et se lève très tôt le matin pour travailler.

La concurrence – Influences

Fin des années 90, il était le seul sur le terrain du thriller français.

Aujourd’hui, on assiste à une grosse vague d’auteurs de thriller.

Il les connaît et les apprécie.

Ses pairs : Léo Malet, Ellroy…

Par contre, contrairement aux bruits qui courent le nommant « Le Stephen King français », il n’est pas un lecteur assidu de cet auteur.

L’histoire de « Miserere »

Au départ, Allo Ciné l’a contacté pour inventer le scénario du n°2 d’un film qu’il aimait (en l’occurrence « Marathon Man » avec Dustin Hoffman)

A commencé à faire des recherches autour d’une communauté chilienne, la musique…

Finalement, a envoyé ces premières ébauches à Allo Ciné mais aussi à son éditeur Albin Michel…

Au final, les éditions Albin Michel, totalement séduites par le projet, l’ont récupéré pour en faire un livre.

Le cinéma – Les adaptations

Tenté par la réalisation ? NON car cela n’a rien à voir avec le boulot d’écrivain. Un écrivain travaille seul alors que le cinéma est un travail de groupe.

Confirmation : L’adaptation de « La ligne noire » par Olivier Marchal est en route. Le réalisateur a déjà en tête son casting mais pour l’instant, le projet est en stand-by car il a d’autres projets en cours avec la tv. L’auteur aime beaucoup Olivier Marchal et souhaiterait vraiment que le projet aboutisse.

Jean-Christophe participe à tous les scénarios de ses adaptations. Il s’agit pour lui de faire un 1er écrémage dans l’histoire. Et après c’est les professionnels du cinéma qui s’en occupent…Il a bien compris la difficulté que représente l’adaptation d’un livre de 500 pages en un film de 1h30.

Il est heureux de l’adaptation des « rivières pourpres » car cela a pu attirer le public vers ses livres.

Et il est flatté que son personnage soit repris dans « Les rivières pourpres 2 ».

(Source : Mes notes d’après les propos de l’auteur aux Quais du Polar)

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Lucie Merval est libraire

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