Jean-Bernard POUY, Marc VILLARD : La mère noire

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Jean-Bernard POUY, Marc VILLARD : La mère noire
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Présentation Éditeur

L’histoire de J.-B. Pouy relate la vie d’un père qui élève seul sa fille de 12 ans. Il lui a dit que sa mère était partie voir le monde. Pendant leurs vacances, la fillette est blessée par un tir de flashball lors d’une manifestation. Le récit de M. Villard brosse le portrait psychologique de la mère qui a tout quitté pour se retrouver. Une histoire faite de mensonges écrite à quatre mains.

Pouy a imaginé l’histoire d’un père qui élève seul sa fille de 12 ans, petite soeur de la Zazie de Queneau. La mère « elle s ‘est barrée pour voir le monde avant de devenir une vieille chaussette ». C’est en tout cas ce que raconte Papinou à sa petite Clotilde, qui le raconte à ses copines de classe. Pendant leurs vacances en Bretagne, Cloclo et son père se trouvent embarqués dans une manifestation qui dégénère et la fillette est gravement blessée au visage par un tir de flashball…

Villard quant à lui, s’est attelé à l’histoire de la mère, Véro. Les raisons de son départ, sa vie loin de sa famille mais aussi loin des rives du Gange ou des plages du Golfe d’Arabie où sa fille la croit… Dans un style plus rigoureux et précis que celui de son comparse, qui s’amuse du flot incessant de pensées et de paroles de l’adolescente ou des questionnements sans réponse du père, Villard explore la psychologie d’une femme qui a tout quitté pour se trouver, pour ne pas se laisser dévorer par sa vie.

Ensemble, ils racontent une histoire faites de mensonges.

OrigineFrance
ÉditionsGallimard, Série noire
Date11 février 2021
Pages160
ISBN9782072916373
Prix15,00 €

L'avis de Yannick P.

Un quatre mains à deux styles. Deux auteurs du Noir, de la Série Noire pour être précis. Deux piliers de la littérature française, osons le dire. Un roman noir où l’amour est un effort et la désillusion une faute à pas de chance quand on additionne les petits mensonges de la vie.

Papinou et cloclo d’un côté, un père célibataire délaissé qui tente de trouver sa place avec une fifille qui a le cerveau qui carbure, jusqu’à ce que la vie, les adultes casse tout. Et Véro et sa désillusion de l’autre, celle d’une femme qui a tout plaqué.

La première partie est truculente et presque joyeuse. Un Pouy comme je l’aime, anarcho-gouailleur, pour tracer l’errance ferroviaire bretonne d’un couple père fille hors norme. Une gamine amoureuse de ses poules, à la gouaille qui claque et un père satellisé qui fait ce qu’il peut dans un monde où il est hors-jeu. La seconde, c’est Villard, l’aigre-doux. Lui s’occupe de la mère. Une femme trop fragile pour ne pas dériver. Une mère qui aurait pu partir à Katmandou ou à Goa. Il n’en est rien. La faute à un mauvais choix qui s’enquille dans un autre pour finir en Camargue dans un Mas psy.

Mais dans les deux cas, c’est toujours avec beaucoup d’émotions, qu’une tendresse couvre leurs personnages. Parfois cela semble désuet, une autre fois, un rire presque gras couvre la peur, enfin un soupçon de poésie éloigne la fatalité. Le noir de ce duo magique est tendu autour de Clothilde, Jean-Pierre et Véronique. Il tenu par une écriture maitrisé. Deux styles, deux raisons d’être. A chacun, le pendant d’une même histoire.

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