Interview de Xavier MAUMEJEAN en tant que directeur de collection

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Xavier MaumejeanXavier MAUMEJEAN est directeur de la collection Pandore lancée par les éditions Le Pré aux Clercs et destinée aux adolescents et aux jeunes adultes.

Découvrez son métier, son parcours et ses conseils pour les personnes attirées par sa profession.

Xavier Mauméjean, comment pourriez-vous définir votre métier de directeur de collection ?

Deux intentions priment. D’une part définir un projet de collection qui n’existe pas. D’autre part publier des romans de qualité, écrits par des auteurs aguerris ou de nouvelles plumes. Pandore associe les deux. Elle propose la première collection de Fantasy francophone à destination du lectorat Young Adult. Elle accueille des écrivains confirmés et de nouvelles voix, à commencer par Estelle Faye qui publie au Pré aux Clercs son premier roman, absolument remarquable. Estelle est une romancière avec qui il va falloir compter, d’autres nouveaux talents suivront.

Quelle relation le directeur de collection entretient avec l’éditeur ? Est-ce vous qui êtes allé vers l’éditeur ou est-ce que c’était « une commande » ? Est-ce que ces deux cas de figures peuvent exister ?

Mes relations avec les éditrices se sont d’entrée imposées comme franches, cordiales et efficaces. Il ne s’agit pas d’une « commande », le concept de collection a été défini puis affiné ensemble. Remarquablement vite. Entre l’évocation d’une collection et la remise des premiers romans, il a fallu moins d’un an.

Vous êtes également auteur, à votre avis est-ce un avantage ou un inconvénient d’avoir cette « double casquette » ?

Un avantage, incontestablement et cela pour deux raisons. D’une part pour la partie technique du projet, le rythme du texte, son souffle, la conduite de l’intrigue et tout ce que je peux appréhender par mon expérience d’auteur. D’autre part pour la relation établie avec l’écrivain, forcément de partage, d’une complicité qui n’est jamais la même, mais toujours nécessaire.

Vous êtes directeur de collection, auteur, professeur de philosophie… comment arrivez-vous à articuler vos semaines ?

En ayant un emploi du temps drastique, et en nécessitant que peu d’heures de sommeil.

Vous lancez une nouvelle collection pour adolescents et jeunes adultes intitulée Pandore. Quelle est sa ligne éditoriale ?

Avant tout, il faut préciser ce que l’on entend par Young Adult. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, ce terme n’entretient aucun rapport avec le qualificatif de « Young Person » apparu dans l’Angleterre victorienne pour désigner l’état d’enfance et sa littérature. Il désigne un phénomène non prévu, pas prémédité, apparu avec Harry Potter, pour faire simple. Jusqu’alors, chaque tranche d’âge avait ses livres. Avec J.K. Rowling, et par la suite Twilight de Stephenie Meyer, sont apparus des romans et séries qui rencontraient l’enthousiasme de tous. Enfants, adolescents, adultes. Voilà ce que l’on entend par Young Adult.

Pandore s’adresse à ce lectorat, en proposant non seulement une collection de romans écrits par des auteurs francophones, mais aussi de la fantasy francophone, héritière de la tradition d’aventures fondée par Jules Verne et Alexandre Dumas, qui se passe ici et maintenant

Pouvez-vous nous présenter les titres à sortir ? Combien pensez-vous en présenter par an ?

Magies secrètes d’Hervé Jubert, auteur à la réputation internationale, nous plonge dans une cité tentaculaire, qui évoque le Paris du XIXe , foisonnant de machines steampunk et d’êtres féeriques. On suit un détective de l’étrange et sa jeune assistante qui traquent un tueur machiavélique.

La dernière lame d’Estelle Faye propose une vaste fresque pleine de fureur et de romance, dans un univers inspiré de la Renaissance qui serait lentement submergé par les flots. Imaginez Venise harcelée par une guerre de religion que mènerait une jeune guerrière charismatique.

Enfin, Les adversaires de Fabien Clavel, une référence en Fantasy, décrit un jeu de la mort, un tournoi sans pitié auquel se livrent anges et démons pour s’emparer du trône divin. Cela, en plein Paris.

Nous comptons présenter six titres par an. 2013 est déjà bouclée.

Comment choisissez-vous des auteurs pour qu’ils intègrent votre collection ? Vous êtes loin d’être un novice dans ce domaine, pouvez-vous nous citez vos autres collections et peut-être nous dire quelques mots sur celles qui vous tiennent à cœur ?

Je ne choisis pas les auteurs, ils s’imposent à moi par leur personnalité et leur talent. Concernant mes autres collections, elles me tiennent autant l’une et l’autre à cœur. « La Bibliothèque Rouge », créée avec mon ami André-François Ruaud, s’intéresse aux héros de la littérature populaire. Holmes, Lupin, Poirot, dont nous proposons une biographie fictive, basée sur de sérieuses recherches historiques et des conjectures basées sur les romans. « Royaumes Perdus », chez Mango, a été une très belle aventure qui m’a appris mon métier de directeur de collection et m’a permis de publier d’excellents romans, tel La dernière flèche de Jérôme Noirez.

Quels sont vos projets « personnels » ? Allez-vous écrire dans cette collection ? Travaillez sur un nouveau roman ?

Non, je ne publierai pas dans cette collection, question de déontologie.

Je continue d’écrire des dramatiques pour France Culture, une adaptation du Frankenstein de Mary Shelley est prévue, et ces derniers temps j’ai participé à l’élaboration de plusieurs émissions pour cette radio, ainsi qu’à France Inter. Je publie l’année prochaine, en littérature blanche, un roman basé sur la vie du peintre Henry Darger. Il y sera question de comptines, de tueur d’enfants, de blagues à l’intérieur d’emballages de confiserie, de jazz, de commission des affaires antiaméricaines, de maisons closes élisabéthaines et de cinéma. Entre autres…

Quels sont vos derniers coups de cœur littéraire ?

Le cycle flamboyant de polars dédié au personnage de Charlie Parker par John Connolly.Magistral. Mais aussi les essais à la fois hilarants et profonds que Bill Bryson consacre à l’Amérique.Dans les deux cas, la garantie, le soir, de se changer les idées.

Ah, et tous les habitués de Zonelivre doivent se jeter sur Le dictionnaire des assassins, ouvrage collectif dirigé par François Angelier et Stéphane Bou, publié chez Calmann-Lévy. L’ouvrage recense les principaux meurtriers, réels ou provenant de la fiction. Un must incontournable !

Avez-vous un site internet ou une adresse e-mail pour que les lecteurs puissent vous contacter ?

Pour l’instant, je ne recherche aucun manuscrit. Sinon, directement à mon adresse mail personnelle : xavier.maumejean@laposte.net

Merci à Xavier MAUMEJEAN de nous avoir accordé cette interview.

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