Interview de l’auteur Jacques SUDRE

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Nous avons rencontré l’auteur Jacques SUDRE, à l’occasion de la sortie de son dernier roman « L’or de Malte » aux éditions de l’Harmattan en avril 2018.

Jacques Sudre © Alain Bujak
Jacques Sudre © Alain Bujak

Jérôme PEUGNEZ : Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

Jacques SUDRE : Comme des millions de français j’ai le goût depuis toujours de l’écriture. Mon métier d ailleurs dans la banque m’oblige à manier l’écrit et à trouver le mot juste ; j’ai toujours eu ainsi une proximité avec l’écriture. Mais écrire un roman est une autre chose. Je pense qu il faut un déclic et du temps pour passer à l’acte. C est venu chez moi tardivement. J’avais 55 ans.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

JS : Je viens de regarder ma bibliothèque d’enfant. J’ai eu visiblement une passion pour Fantomette de Georges Chaulet. Adolescent j’ai été sevré par les classiques français et par des livres d’histoire. Stendhal, Balzac, Flaubert m’ont marqué de manière indélébile. D’ailleurs j’y fait régulièrement référence dans mes livres. Plus tard, ce furent  les grands maîtres de l’école anglaise du roman d’aventure historique : patrick OBrien, CS Forester, B Cornwell…

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

JS : Ayant une activité professionnelle, mon rythme d’écriture s’y adapte. Chaque soir environ une heure, souvent consacrée à la relecture ou à la recherche. Le week-end j’y consacre 4 ou 5 heures. Et puis en vacances plusieurs heures par jours. Au total il me faut 3 ans pour écrire un tome.

Je commence à écrire le roman une fois que j ai imaginé la fin. Ensuite je dévide la pelote.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de vos livres et leur parution ?

JS : En fait au départ le manuscrit de L’Or de Malte était un cadeau d’anniversaire pour mon épouse. C’est elle qui m’a conseillé de l’envoyer à un éditeur. Il me restait un exemplaire, je l’ai envoyé à l’Harmattan. Et trois semaines après l’éditeur manifestait son intérêt pour le roman. Depuis je crois aux contes de fée.

Jacques SUDRE - Une aventure du colonel de Sallanches - 02 - or de Malte
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JP : Pouvez vous nous parler de votre série de romans sur « Les aventures du colonel de Salanches »  ?

JS : L’idée m’était venue il y a dix ans de suivre un personnage année par année lors de l’épopée impériale. C’est une époque extraordinaire. Chaque année en vaut six de notre temps. C’est un instant pas si lointain ou la France d’aujourd’hui jette ses bases. Sallanches, avec ses aventures entre polar et espionnage, en est l’acteur et le témoin. Au travers de ses aventures qui suivent les semestres de l’empire mon souhait est de faire redécouvrir à nos contemporains ce moment essentiel de notre construction. J’attache une grande attention à la réalité de la période. C’est une démarche appréciée d’ailleurs par les historiens qui me lisent. Cela ne m’empêche pas par ailleurs à faire de nombreux clins d œil à notre quotidien. Deux tomes ont été édités à ce jour. Sallanches est prévu pour mourir en 1852. Cela laisse la place à de nombreuses aventures…

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

JS : Sallanches est une personne de fiction. Mais on a besoin, j’ai eu besoin de le personnaliser pour lui donner vie. Dans ce travail je lui ai trouver un modèle. C’est Philippe Noiret, l’acteur hélas décédé trop tôt. Hors Sallanches et sa famille, la plupart des personnages sont en revanche historiques. Par sa position sociale Sallanches a la chance de pouvoir côtoyer la plupart des people du moment. Aussi ils arrivent naturellement dans les romans.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de votre romans ?

JS : Une remarque qui me revient souvent est que je suis un auteur qui a une certaine exigence vis à vis de ses lecteurs. Cela se traduit par exemple par un champ lexical large dans les romans. Notre langue est si riche, pourquoi se réduire à 500 mots ? Pourquoi laisser mourir tant de superbes nominatifs ? Je suis pour la bio diversité des mots. Et puis c’est faire peu de cas de ses lecteurs que de les laisser passifs face à ses écrits.

Le plus beau compliment reçu ? Un journaliste disant que mes ouvrages permettaient de se distraire en devenant plus intelligent. C est bien l’objectif que je me suis fixé.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

JS : C est déjà bien suffisant dans mon emploi du temps, mon épouse n’apprécierait pas . Plus sérieusement l écriture à cette faculté de pouvoir tout mêler. Vous trouverez dans mes romans une large part faites à d autres romanciers, des peintres, des musiciens et des gastronomes. Il faut être généreux avec son public.

JP : Avez-vous des projets ?

JS : Commencer le troisième tome.

JP : Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

JS : Quand je regarde ma bibliothèque je vois que les ouvrages que sont le plus abimés sont ceux de Proust. Cela fait sans doute cliché mais sa découverte a été un véritable choc. Lui aussi on en trouve des traces dans mes romans. De Modestes allusions mais qui n échapperont aux lecteurs attentifs.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

JS : Le fandango du quintette pour guitare de Boccherini pour accompagne le début de L’or de Malte.

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

JS : Oui il existe une page le colonel de Sallanches sur  Facebook .elle se veut très interactive. Vous trouverez des photos de lecteurs avec leur exemplaire du roman et prises au quatre coins du monde. La plage semble être un endroit apprécié pour la lecture des aventures du colonel de Sallanches.

JP : Merci Jacques SUDRE d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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