Interview de l’auteur Bernard LARHANT

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Rencontre avec l’auteur breton Bernard Larhant

Benrard Larhant, auteur dans la maison d'édition Bargain, dans les rues de Quimper.
Benrard Larhant, auteur dans la maison d’édition Bargain, dans les rues de Quimper. Photo : Laurent Laveder

Jérome PEUGNEZ : Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Bernard LARHANT : De profession, je suis créateur de jeux de lettres (mots croisés, fléchés…), un métier, une passion, qui m’apprennent chaque jour à jouer un peu plus avec la richesse des mots de la langue française. Mais je pense avoir toujours aimé conter des histoires. Après un premier roman intimiste, La Croisée des maux, j’ai proposé le manuscrit d’un roman policier breton aux Éditions Alain Bargain. Quelques mois plus tard, je recevais une réponse positive, voilà comment l’aventure a démarré en 2009, qui se poursuit en 2016 avec la sortie récente d’un quinzième roman policier « Hors la loi à Groix« .

Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

BL : Très tôt, dès mes 16 ans, j’ai composé des poèmes, le plus souvent en alexandrins, puis j’ai été conduit à écrire des articles de presse pour un organe associatif. À une période charnière de ma vie, l’écriture de manuscrits m’a permis de m’occuper l’esprit avant de rebondir. Restait ensuite à franchir un autre pas pour oser présenter les manuscrits à un éditeur.

Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

BL : Essentiellement les romans d’aventure avec un coup de cœur pour Michel Strogoff  de Jules Verne, que j’ai dévoré un nombre incalculable de fois, avant de le remplacer par le Docteur Jivago de Pasternak, après avoir été ému par le film. Deux fresques russes et pourtant je n’ai jamais visité cet immense pays. Mais aussi des B.D. avec un penchant pour l’une, d’Uderzo et Goscinny, moins connue qu’Astérix : Oumpah-Pah.

Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

BL : De base, J’ai une idée assez précise dans la tête du déroulement de l’intrigue avant de me placer devant mon clavier. Là, je lance un premier jet pour m’assurer du souffle de l’intrigue, et aussi de son rythme, avec fausses pistes et rebondissements. Par la suite je reprends chaque chapitre pour lui donner une forme plus littéraire, développer la psychologie des personnages, approfondir le lieu dans lequel se déroule l’histoire, rencontrer des gens susceptibles de nourrir le récit par des anecdotes originales… Puis je fais lire le texte à mon épouse, c’est ma première lectrice. Si elle trouve rapidement le coupable, je revois la fin de mon histoire; après tant d’année, je dois toujours la surprendre. Ensuite il passe entre les mains de policiers et magistrats pour tenter, même s’il s’agit de romans, de respecter autant que possible les procédures policière et judiciaire. Mais il arrive aussi que les personnages décident d’une fin différente de l’histoire et me forcent la main pour que je leur offre un autre destin. C’est rare, mais c’est arrivé.

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

BL : Les personnages, héros récurrents ou protagonistes principaux d’une histoire, sortent rarement de nulle part. Mais ils sont davantage le résultat d’un mélange de personnes que le portrait d’un individu précis. Néanmoins, il m’est arrivé, avant l’écriture de « La Madone du Faouët » de découvrir à la télévision une jeune actrice nommée Anne-Sophie Deval dont la pureté du regard m’a fasciné, au point d’en faire l’héroïne de mon intrigue.  Le livre achevée, j’ai appris qu’Anne-Sophie était décédée entre temps d’un lymphome ; ses parents m’ont permis de lui dédier humblement cet ouvrage.

Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

BL : Curieusement, non, j’ai été chanceux, tant pour mon premier roman que pour mon démarrage dans l’univers du roman policier. J’ai croisé les bonnes personnes au bon moment et je ne cesse de remercier ma petite étoile des opportunités qui m’ont été offertes de publier mes écrits.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

BL : Bien sûr, de nombreuses, amusantes ou émouvantes. À propos de mon premier roman, « La Croisée des Maux », qui traite du handicap, une femme m’a adressé un long courrier pour m’expliquer que le parcours de l’héroïne du livre lui avait redonné l’envie de se battre pour relever la tête. Pour les romans policiers, une adolescente m’a fait flipper en expliquant que, désormais, elle ne prenait plus de décision importante dans sa vie sans se demander avant comment agirait Sarah Nowak, l’un des personnages récurrents de mes livres. Une autre personne m’a quasiment demandé s’il ne fallait pas passer à l’acte avant d’écrire correctement une scène de crime… Et puis cela m’a permis de retrouver un ami d’enfance, fils du chef de gare de Quimper, dont je me suis servi du démarrage dans l’existence comme passé pour mon héros, Paul Capitaine. Mais ce qui me touche le plus, c’est de constater que ces personnages attachants, qui forment en quelque sorte ma seconde famille, font aussi désormais parti de l’univers de bien des lecteurs, qui parlent d’eux comme d’êtres réellement vivants dont ils partagent les joies et les peines. Ce constat est une belle récompense et me suscite beaucoup d’émotion.

Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

BL : J’ai beaucoup joué au football et reste passionné par ce sport (et beaucoup d’autres), même si le milieu d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui de mon époque. Sinon, j’aime beaucoup les films d’espionnage, avec un coup de cœur particulier pour « Les Trois jours du Condor » de Sydney Pollack, que je revisionne régulièrement.

Quels sont vos projets ?

BL : J’en ai bien plus que de temps devant moi pour les mener tous à terme. Bien sûr, je vais poursuivre la série des « Paul Capitaine » car les lecteurs attendent des réponses aux mystères que conservent en eux les différents héros. J’aimerais aussi reprendre l’écriture des romans intimistes, mais il faut de la disponibilité. En fait, le plus difficile est la gestion du temps, quand on doit assumer une activité professionnelle à côté. J’ai souvent l’impression de voler le temps d’écriture soit à la vie de famille, soit à mon univers relationnel, soit à ma santé en prenant sur mes heures de sommeil. Mais toute passion entraîne des sacrifices et des compromis, je crois.

Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

BL : L’autre inconvénient d’écrire en plus de son activité professionnelle, c’est de ne plus avoir vraiment le temps de lire car chaque moment de disponibilité sert à avancer dans son projet d’écriture. Ma dernière belle rencontre littéraire a été la lecture de « Jan Karski » de Yannick Haenel, un livre qui, je crois, date de 2010. À présent, je lis davantage les romans policiers de Michel Bussi, dont j’envie le talent d’écriture, l’imagination et la plume.

Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

BL : Comme les intrigues de mes romans policiers se déroulent en Bretagne, j’aime bien me mettre dans l’ambiance par des compositions de Yann Tiersen et Didier Squiban, ou encore les compositions méconnues d’un autre Quimpérois, Dan ar Braz, bien avant le succès de « L’Héritage des celtes ».

Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

BL : Voici l’adresse de mon blog : http://motsdebernard.canalblog.com/
Mais on me trouve aussi sur Facebook et Twitter… et sur votre site si bien documenté à propos des romans policiers bretons.

Merci beaucoup Bernard Larhant d’avoir répondu à cette interview

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