Interview de Ivan ZINBERG

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France

INTERVIEW

etoile morte - ivan zinbergPouvez-vous vous décrire en quelques mots pour vos lecteurs ?

J’ai 36 ans et je suis l’auteur de deux thrillers, Jeu d’ombres et Étoile Morte, publiés en 2014 et 2015 aux Éditions Critic et chez Points Thriller pour le format poche. Je travaille actuellement sur mon troisième roman. Je suis moi-même lecteur de polars et de thrillers, je lis aussi un peu de fantastique et de littérature générale, et j’aime me détendre en regardant des films d’épouvante.

D’où vous est venue cette passion de l’écriture ?

J’ai toujours aimé manier les mots et rédiger des textes. A l’époque du collège et du lycée, les devoirs et les dissertations étaient tout sauf des contraintes, j’aimais ça et je prenais du plaisir à noircir des pages. Plus tard, vers l’âge de 20 ans, je lisais beaucoup de littérature de genre et l’idée m’est naturellement venue d’écrire moi-même des romans. J’ai imaginé des histoires, des intrigues et je me suis lancé. Au bout de quelques années, j’ai terminé Jeu d’ombres, mon premier roman, que j’ai soumis à une poignée d’éditeurs.

Que lisiez-vous  étant enfant puis adolescent ? Avez-vous une méthode de travail spécifique ?

Enfant, j’ai lu pas mal de bibliothèque verte, Les six compagnons notamment, et des BD comme Tintin dont j’ai dû lire chaque album au moins vingt fois… Plus tard, adolescent, j’ai dévoré des Agatha Christie, quelques Simenon, des Stephen King, des Dean Koontz… Puis j’ai lu du polar et du thriller, parmi lesquels Ellroy, Finder, Marshall, Connelly, Crais, Descosse…

Que vous faut-il pour écrire (ambiance, musique, lieu) ? Surtout connaissez-vous d’avance la trame complète de l’histoire avant d’écrire ?

Pour écrire, j’aime être bien installé au calme dans mon bureau. J’écris parfois avec de la musique ou un film en fond, mais plus souvent je préfère le silence. Je sais très précisément de quoi le roman sera fait dès le début. C’est quasiment indispensable dans le thriller moderne, souvent complexe. Je prépare un synopsis dans lequel chaque chapitre est défini sous tous ses aspects et je respecte cette partition tout au long du processus d’écriture. Quelques ajustements mineurs peuvent être décidés, mais sur la trame globale de l’intrigue, le plan est suivi avec rigueur.

Pour revenir à vos romans, comment passe-t-on de « Jeu d’ombre » à « Étoile morte » (deux romans radicalement différents) ?

Ils sont assez semblables au niveau de la structure. On suit deux intrigues en parallèle, a priori distinctes l’une de l’autre, mais qui finissent par n’en former qu’une seule avec un rythme soutenu et  une montée en puissance au fil des pages. Mais, en effet, là où Jeu d’ombres tournait autour d’un concept, d’une pathologie mentale, Étoile Morte est plutôt dans la veine polar, avec une immersion dans une ville, un univers, où les personnages et l’atmosphère sont plus travaillés. Ce sont des aspects que j’ai voulu davantage développer pour mon deuxième roman, pour qu’il soit plus dense et plus abouti.

Qu’avez-vous cherché à démontrer à travers votre dernier livre ?

Il s’agit d’un thriller, donc le premier objectif est d’entraîner le lecteur pour quelques heures de lecture intense et de faire en sorte qu’il ait du mal à lâcher le livre. Après, pour Étoile Morte, j’ai eu envie d’aborder le thème de la pornographie, et plus largement des violences faites aux femmes, car le sort réservé à ces dernières – viols, violences conjugales… – est bien trop souvent banalisé et passé sous silence. C’était l’occasion de traiter cette question et de leur rendre hommage.

Est-il inspiré de faits réels ou totalement fictif ?

Plusieurs personnages sont librement inspirés de personnalités réelles issues du milieu du X aux USA. Pour ce qui est de la genèse de l’intrigue, je me rappelle avoir eu l’idée d’écrire quelque chose sur ce thème en lisant un article relatant le drame vécu par une candidate de télé-réalité tombée dans le X, qui s’est retrouvée grièvement blessée sur un tournage et contaminée par le virus du SIDA. Plus généralement, l’univers du X que je décris dans Étoile Morte s’inspire de documents, reportages et témoignages que j’ai lus et il reflète donc fidèlement une certaine réalité du porno underground.

Une bande son pour écrire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

Étoile Morte contient de nombreuses références musicales, qui correspondent souvent à mes propres goûts musicaux. Quand j’écoute de la musique en écrivant, il s’agit de rock ou de métal, mes deux genres de prédilection, ou parfois d’électro. Le silence reste néanmoins le meilleur moyen de bien écrire et de maintenir un bon niveau de concentration, pour ce qui me concerne en tout cas.

Avez-vous d’autres passions en dehors de l’écriture (musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez-vous une autre facette cachée ?

Je m’intéresse à l’actualité, à la politique et à la culture en général. J’aime aussi les sciences, la pensée scientifique et bien sûr la création artistique. Je suis un grand fan de rock et de concerts. Je regarde quelques films et séries, mais assez peu, car ces œuvres imposent par nature au spectateur les visages, les scènes ou les paysages. Les romans ont ceci de supérieur qu’ils permettent au lecteur de créer mentalement l’image qu’il désire à partir des mots que l’auteur lui soumet. J’aime cette idée de rencontre à distance, très libre, entre auteur et lecteur, à travers les lignes de caractères imprimées sur les pages d’un livre.

Sur quoi travaillez-vous aujourd’hui ? Avez-vous des projets ?

Je travaille sur mon troisième roman, qui sera un thriller dont l’intrigue se déroulera à nouveau aux États-Unis et qui mettra en scène Madden et Gomez, les deux inspecteurs de la section spécial homicide qui apparaissent déjà dans Étoile Morte. Ce roman devrait sortir au printemps 2017, toujours aux Éditions Critic. Pour la suite, je pense localiser mes intrigues sur le sol européen pour gagner en réalisme et en authenticité. Je compte aussi m’éloigner des personnages de policiers et imaginer par exemple des profils de journalistes ou d’universitaires, qui sont aussi des hommes d’investigations et d’expertise intéressants à développer. J’ai adoré faire vivre le personnage de paparazzi Michael Singer, dans Étoile Morte.

Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Je dispose d’un compte Facebook sur lequel je poste des news, des chroniques ou des articles. Je reçois régulièrement des messages via Facebook, que ce soit des retours de lecture, des questions, des chroniques, des propositions de salons ou de dédicaces, etc. Je réponds systématiquement à tous les messages, j’aime assez ce type de correspondance. Je suis également joignable via mon adresse mail ivan.zinberg@gmail.com.

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