Interview de l’auteur Jean-Pierre SIMON

0
250

Rencontre avec l’auteur Jean-Pierre SIMON à l’occasion de la sortie de son roman « L’Héritage mortel de la Vouivre » aux éditions Corsaire en septembre 2017

Jean-Pierre SIMONJérôme PEUGNEZ : Bonjour Jean-Pierre SIMON, pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Jean-Pierre SIMON : Je suis né en Allemagne en 1949, j’ai vécu jusqu’en 1968 à Saint-Pierre des Corps, la première gare de Tours où mon grand-père était cheminot. Je suis entré en 1964, à l’âge de 13 ans, à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Tours (37). Professionnellement, j’ai d’abord été enseignant en collège, puis directeur d’école. J’ai ensuite été détaché 10 ans dans l’enseignement agricole. J’ai pris ma retraite en 2005.

A la retraite, je décide de me consacrer au roman. Je me teste en auto-édition, avec 9 titres, dont un roman, un recueil de nouvelles : il y a également trois recueils de poèmes, une pièce de théâtre, qui a été jouée, un documentaire jeunesse, un catalogue commenté de mes aquarelles qui tournent en dérision le patrimoine local : « Gaguarelles 1 » . C’est alors la rencontre avec Corsaire-éditions, et ma vie de romancier et documentariste littéraire d’aujourd’hui.

JP : Comment vous est venu l’envie d’écrire ? À quelle période ?

JPS : J’ai toujours aimé écrire, j’ai commencé en poésie en 1967. Je suis resté fidèle à ce genre, avec quelques incursions dans les nouvelles, jusqu’à ma retraite en 2005, n’étant pas assez disponible pour le roman. J’ai obtenu de nombreux premiers prix, ai publié dans des revues et des recueils à compte d’auteur. J’ai été sélectionné pour une Anthologie des poètes contemporains de la Région Centre (CEL, Tours, 1983 – compte d’éditeur). Un essai avec Fleuve Noir en 1982. Critique très encourageante, mais refus : j’avais réinventé ET, dont je n’avais pas entendu parler! 7 publications à compte d’auteur de 2008 à 2012 « pour tester un éventuel lectorat », puis rencontre avec Corsaire Éditions.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

JPS : J’ai appris à lire seul à l’âge de 3 ans grâce à un abécédaire et au quotidien « La Nouvelle République ». Je lisais tout ce qui passait à ma portée. J’ai lu attentivement tout ce qui m’a été recommandé par mes enseignants. J’en ai rajouté avec Dumas, Verne, Balzac, Zola, Genevoix, puis les grands feuilletonistes ; Sue, Leblanc, Ponson du Terrail, Allain et Souvestre … beaucoup de BD également. Au temps de mon enfance, il n’y avait pas de Littérature Jeunesse, ou peu, et je ne le regrette pas !

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

JPS : J’écris le soir ou quand il pleut, directement sur le clavier, une à deux heures, quelquefois plus. Ce n’est pas une priorité pour moi : j’ai beaucoup d’activités physiques, que je privilégie : jardinage, bûcheronnage, tournage sur bois, menuiserie, bicyclette. Je me considère comme un « manuel mal orienté ». À 68 ans, j’ai encore en moyenne 6h d’activité physique intense par jour.

Je n’écris jamais la nuit, mais je pense à mes personnages, car je suis en proie au phénomène des réveils nocturnes intempestifs.

Je ne connais jamais la conclusion de mes histoires, il n’y a pas de scénario, je laisse évoluer mes personnages. j’utilise mes rêves, dont je me souviens très bien.

JP : Pouvez-vous nous présenter votre série « Vouivre de Loire » ?

JPS : La série répond à quatre challenges :

  • Réveiller le genre « Feuilleton littéraire », occulté par les séries télévisées.
  • Utiliser une intrigue liée à l’aventure (espionnage, policier) pour faire découvrir la Loire dans ses aspects les moins médiatisés et mettre en valeur son patrimoine naturel, culturel et humain.
  • Dénoncer quelques travers de nos sociétés, en particulier l’insignifiance de l’individu devant la Raison d’Etat, ainsi que la non prépondérance d’un système social sur un autre, la primauté de l’individu sur la société.
  • Servir au lecteur une belle langue. je me refuse aux notes de bas de page : je souhaite que mes lecteurs effectuent eux-mêmes les éventuelles recherches. C’est ma formation d’enseignant qui me dicte cette conduite.

Relire et corriger me demande beaucoup plus de travail que le premier jet.

Jean-Pierre SIMON - Vouivre de Loire - 04 - Heritage mortel de la Vouivre
L'Héritage mortel de la Vouivre

JP : Quelle est la genèse de votre dernier roman, « L’héritage mortel de la Vouivre » ?

JPS : J’avais envisagé un épisode sur le thème du retour de la « Rumeur d’Orléans »; il avait pour inconvénient de vieillir le personnage et de le rendre moins actif, moins inoxydable… ce qui n’a pas échappé à mon éditeur et ami. Nous avons convenu que je proposerai une autre intrigue, avec une héroïne pétulante et invincible comme d’habitude. Comme je travaille à un ouvrage documentaire sur les curiosités de la Loire de la source à l’embouchure, j’ai mis à profit mes acquis pour proposer une intrigue trépidante et itinérante, qui était déjà dans mon esprit comme thème du 5ème tome… Il est devenu le 4ème.

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

JPS : Tous mes personnages sont la caricature d’un agglomérat de personnages existants. Je combine plusieurs figures déjà remarquables en forçant le trait. Maujard possède quelque chose de moi, mais va bien au-delà de mes capacités propres.

Seule la Vouivre est une invention absolue ! Elle est extrapolée d’aquarelles de femmes surnaturelles que je peignais ou évoquais en poésie, le concept de Vouivre m’étant proposé par mes lectures ésotériques et les ouvrages de Marcel Aymé et Henri Vincenot. J’ai fait en sorte de rendre la créature possiblement humaine, de lui donner une sensibilité.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture et la parution ?

JPS : Pas vraiment, l’éditeur Gilbert Trompas m’a contacté en 2010 alors que j’étais en auto-édition. J’ai rapidement écrit « La Vouivre de Loire » en respectant ses souhaits sur la forme, l’époque. Le livre est sorti en 2012. En 2013, il recevait le Premier prix du Roman de l’École de la Loire à Blois et Prix du Conseil général du Loir-et-Cher.

Dans le même temps, j’avais proposé un manuscrit ayant quelques thématiques communes, mais relatif à la Bretagne, aux Éditions Astoure où œuvrent quelques amis auteurs. Resté ignoré plusieurs années à la suite d’un concours de circonstances auquel la littérature est étrangère, ce roman est paru en 2015. J’ai hésité à accepter, mais je suis convaincu que cette double appartenance des thématiques et des lieux d’intrigue créé une synergie profitable à tous. Une complémentarité sur le mode « gagnant- gagnant ».

Je travaille également avec les Éditions La Gidouille, pour des collectifs de nouvelles. Le fondateur de La Gidouille est par ailleurs auteur chez Corsaire Éditions.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

JPS : Beaucoup d’encouragements, j’ai des inconditionnels qui guettent la parution des nouveaux « opus ». On me dit souvent que mon personnage « décoiffe », « déménage », qu’on découvre la vraie Loire dans mes récits, et … que j’écris plutôt bien.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

JPS : Aquarelliste « de Loire », cela a été ma priorité lorsque je travaillais (en moyenne 5 expos personnelles par an, plus des collectives). Tourneur sur bois, je fais de l’animation sur les fêtes pour faire découvrir le bois. Bûcheron et menuisier, pratiquant volontiers tous les métiers de bâtiment en bricoleur averti, jardinier, voyageur. Je privilégie l’activité manuelle à la création.

Si j’écris des paroles de chansons et suis l’ami de nombreux artistes, voire président d’associations artistiques, je suis absolument ignorant en musique et béotien en photographie. J’aime le cinéma mais n’y vais pas assez faute de temps.

J’ai été maire-adjoint aux affaires culturelles de mon village de 1994 à 2000.

JP : Quels sont vos projets ?

JPS : Vivre longtemps et en bonne santé pour écrire beaucoup et promouvoir mes livres. Ma hantise est qu’on limite un jour ma mobilité à cause de mon âge ou de ma santé, au nom du « principe de précaution ».

JP : Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

JPS : Pour ce qui concerne les contemporains, ils ne durent jamais bien longtemps, je suis souvent déçu à la longue par les auteurs qui m’ont emballés. Actuellement, je privilégie les auteurs de qualité des petites maisons. En dehors des « classiques », j’ai gardé une grande affection pour San-Antonio.

Je déteste les best-sellers commerciaux.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

JPS : On peut essayer les bons chants de mariniers ou la Moldau de Smetana.

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

JPS :  Site de l’éditeur : www. corsaire-editions.com
Comptes facebook :
https://www.facebook.com/jeanpierre.simon.353
https://www.facebook.com/lavouivredeloire/

JP : Merci Jean-Pierre SIMON d’avoir pris le temps de répondre à mes questions

Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.