Interview de Armelle CARBONEL pour son roman Criminal Loft

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Armelle CARBONEL
Photo : Karim Baudrais

Sébastien MOUSSE : Bonjour Armelle, bienvenue sur ZoneLivre, avant de parler du livre en lui-même, de son sujet et de sa conception, j’aimerai que tu racontes l’histoire de la publication, avant d’être chez Fleur sauvage de l’ami David Lecompte, tu as eu quelques embuches sur ta route…

Armelle CARBONEL : Bonjour Sébastien. Tout d’abord, merci de m’accueillir sur Zonelivre. Effectivement, « Criminal Loft » a connu de nombreuses vies avant de ressusciter chez Fleur Sauvage. En 2011, je décide de le publier en autoédition et j’ai alors la chance de voir s’ouvrir des perspectives auxquelles je n’espérais pas prétendre, comme la participation à des salons, aux côtés d’auteurs reconnus. Fin 2012, un ami me confie avoir rencontré une directrice littéraire aux Editions du livre de Poche et celle-ci propose de me faire une fiche de lecture. Deux semaines plus tard, je suis reçue dans les locaux de ladite maison d’édition pour un projet de parution en « Inédit ». Début 2013, des remaniements internes stoppent ce bel élan et « Criminal Loft » redevient orphelin. En 2014, sur les conseils de mon « mentor », j’adresse donc mon manuscrit à MA EDITIONS. Bingo !  L’ouvrage est retenu, de pertinentes modifications sont suggérées, et je replonge dans la réécriture d’une nouvelle mouture. Mais le sort s’acharne… Quatre mois seulement après la signature du contrat, MA EDITIONS subit une liquidation judiciaire. Exit la parution annoncée en octobre 2014 ! « Criminal Loft » reprend donc le chemin de l’orphelinat, jusqu’à ce que ce que se dessine une belle FLEUR SAUVAGE, qui donnera un second souffle aux Lofteurs de Waverly Hills. Je tiens quand même à préciser que ces expériences successives ont toutes été bénéfiques. Sans compter le travail de réécriture, ce roman s’est enrichi d’une préface qui me tient à cœur et qui n’aurait sans doute jamais vu le jour sans cet étonnant périple….

SM : L’idée de jouer sur les dérives de la téléréalité est magnifique, mais est-ce que tu penses, qu’un jour, ce genre d’émission pourrait voir le jour dans un pays ou un autre ?

AC : Non, je pense que jamais nous n’atteindrons ce degré d’amoralité car l’existence – sous cette forme – d’un tel jeu, signifierait la complicité, même passive, d’une population de masse et nécessiterait l’implication d’un système « anarchique ». Cependant, réduites à l’échelle du « Dark Web », ces dérives pourraient sans doute exister. Mais là, nous ne serions plus dans un jeu de téléréalité…

SM : On critique aisément le téléspectateur qui regarde ce genre de programme, dans ton livre on a même envie de les gifler, mais le lecteur qui tourne les pages du livre n’est-il pas lui non plus un voyeur, qui à sa façon se délecte aussi du malheur, des peurs et des angoisses des autres ?

AC : Pas plus que l’auteur qui a écrit ce livre !
La fiction se limite à procurer des émotions, certes parfois proches de la fascination malsaine, mais cela demeure avant tout un récit inventé de toute pièce. Il peut également susciter la réflexion, cette oubliée de la téléréalité… Je ne prétends pas exclure les lecteurs, ni moi-même, de la catégorie des voyeurs. Mais nous n’en sommes pas acteurs, sous prétexte que nous frissonnons en tournant les pages d’un livre…

SM : Comment nait l’idée d’une telle intrigue ? Lorsque tu as eu le déclic, que tu t’es dit je vais créer un jeu de téléréalité où l’on gagne le droit de vivre , après il y a le lieu, les personnages, le final, combien de temps pour écrire ce livre, être juste dans un sujet d’anticipation dirons-nous ?

AC : L’idée est née… devant mon poste de télévision ! Ces quinze dernières années, la grille des programmes s’est considérablement « enrichie » en jeux divers dans lesquels les protagonistes s’exhibent face à des téléspectateurs en quête de divertissement. Le sexe, l’humiliation, l’enfermement ont fait leur apparition sur le petit écran, et ce, à travers le monde. Ne manquait plus que la mort au programme des réjouissances ! Mais l’histoire a réellement trouvé son fil conducteur en 2009, lorsque j’ai découvert l’existence du Sanatorium de Waverly Hills. Ce fut un coup de foudre immédiat. Le soir-même, j’accouchai de John T. Il fallut un an et demi de recherches et d’écriture pour lui offrir la faculté de « se tenir sur ses deux jambes » (sourire).

SM : Quelles sont tes influences littéraires, qui sont les auteurs qui t’ont donné envie de te jeter à l’eau, de te mettre toi aussi à écrire ?

AC : J’ai commencé à écrire avant de découvrir le plaisir de lire… Cependant, mes aspirations ont pris un tournant décisif lorsqu’à 10 ans, j’ai découvert « Carrie » de Stephen King, œuvre que ma mère m’avait interdit de lire !

SM : D’où te viens ce surnom de Nécromancière ?

AC : Il y a déjà quelques années, lors d’une conversation, quelqu’un m’a demandé quel « surnom » me définirait le mieux compte tenu de mes orientations littéraires. « Nécromancière » s’est imposé comme une évidence. La contraction de « nécromancienne » et « romancière »  se révélait appropriée, puisque les morts ont placé leur confiance en moi pour raconter leur histoire…

SM : J’ai deux petites questions qui reviennent fréquemment, si tu devais faire lire ton livre, à une personne réelle ou fictive, à qui et pourquoi ?

AC : Réelle bien que défunte… Ma grand-mère. Elle m’a légué sa passion des mots. Je lui dois mes premiers pas vers la persévérance. 25 ans après sa mort, sa dernière phrase résonne encore en moi : « Ma petite-fille, il ne faut jamais cesser d’écrire ». J’aurais aimé qu’elle sache que sa petite Armelle a réalisé son rêve de gosse, qui était aussi le sien…

SM : La seconde, si l’on devait écouter une musique, un artiste, un album en lisant Criminal Loft, tu conseillerais quoi ?

AC : Sans hésiter, le 5ème mouvement de la Symphonie Fantastique de BERLIOZ, qui m’a accompagnée tout au long de l’écriture de Criminal Loft !

SM : Quelle est ton actualité du moment, ton prochain livre ?

AC : Depuis le 03 octobre, je sillonne l’Ile-de-France chaque week-end pour aller à la rencontre de mes lecteurs. C’est ce que j’appelle « La tournée des lofteurs » et celle-ci s’achèvera le 20 décembre. Quant à mon prochain livre, il est en cours d’écriture… Par superstition, je ne l’évoque pas. Un indice tout de même… il s’agit d’un thriller !

SM : Armelle, merci de m’avoir accordé un peu de ton temps.

AC : Ce fut un réel plaisir. Merci à toi.

Pour en savoir plus sur les éditions Fleur Sauvage : www.editionsfleursauvage.com

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Auteur de romans. Né en Arménie, Stanislas Petrosky quitte son pays à l’âge de dix-sept ans pour rejoindre la France. Les articles sur Stanislas PETROSKY présent sur Zonelivre ici

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