Gunnar STAALESEN : Varg Veum, le privé norvégien – Tome 15 – Où les roses ne meurent jamais

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Norvege
Gunnar STAALESEN - Varg Veum - 15 - Ou les roses ne meurent jamais
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  • Éditions Gaïa en septembre 2018
  • Traduit par Alex FOUILLET
  • Pages : 320
  • ISBN : 9782847208719
  • Prix : 22,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mette jouait gentiment devant la fenêtre de la cuisine. Soudain, elle ne fut plus là, seul son nounours traînait encore dans le bac à sable. Presque vingt-cinq plus tard, sa mère lance un ultime appel, juste avant la date de prescription pour ce genre de crime. Si crime il y a eu.

Et les cas désespérés sont pour Varg Veum.

Le privé norvégien lutte pour ne pas succomber à la bouteille d’aquavit qui le nargue. Il se lance dans une enquête où raviver les souvenirs de chacun n’est pas une mince affaire.

Dans ce polar de haut vol, Varg Veum revisite les communautés hippies de la fin des années 1970, icônes de partage et d’ouverture d’esprit. Ou de secrets et mensonges ?

L’AVIS DE CATHIE L.

Où les roses ne meurent jamais, Der Hvor Aldri Dor en version originale parus en 2012, a été publié par les éditions Gaïa en 2018. C’est le dernier opus de la série à avoir été traduit en français. En effet, les deux derniers, parus respectivement en Norvège en 2014 et en 2016 restent, à ce jour, inédits en français.

Le récit est raconté au passé à la première personne par Varg Veum qui relate sa dernière enquête faite de témoignages et de reconstitutions. Le style est sobre, efficace, presque journalistique : « Au moment où les voleurs évacuaient l’horlogerie, ils durent heurter un homme juste devant la porte. L’individu poussa un cri, il y eut une ou deux secondes de silence, puis un échange verbal, et un coup de feu claqua. Le piéton fut projeté vers l’arrière et s’écroula sur le trottoir, tandis que du sang jaillissait de sa poitrine, tout près du cœur. » (Page 9).

Construction : pas de préambule : le roman commence directement par l’attaque de la bijouterie. Puis, sans transition, Varg Veum évoque la mission que madame Misvaer lui confie. Dès lors, les chapitres voguent entre ses souvenirs du passé, vingt-quatre ans plus tôt, et l’enquête menée par Varg Veum, dans le présent.

L’intrigue

Le roman commence par le braquage d’une bijouterie par un commando de trois hommes cagoulés lourdement armés. Une fois leur forfait accompli, ils tuent un homme qui se trouvait devant le magasin avant de s’enfuir à bord d’un bateau. Malgré l’alerte rapidement donnée, ils ne sont pas retrouvés, semblant s’être littéralement volatilisés.

Trois mois plus tard, Maja Misvaer demande à Varg Veum de reprendre l’enquête sur la disparition de sa petite fille intervenue le 17 septembre 1977, vingt-quatre ans plus tôt. Dans six mois il y aurait prescription et plus aucune enquête ne pourrait être entreprise. La tâche se révèle ardue: malgré l’intensité des recherches et les avis diffusés dans la presse, la police ne trouva jamais aucun indice. La petite fille avait tout simplement disparu, comme si elle n’avait jamais existé.

Varg Veum part à la recherche des témoins mais vingt-quatre ans plus tard, cela semble utopique. Pourquoi la petite Mette, âgée d’à peine trois ans, qui jouait sagement dans le bac à sable de la résidence où elle vivait avec ses parents et son frère, en était-elle sortie? Avait-elle vue un animal ? Une personne connue? Dans ce cas, pourquoi aucun indice n’avait été retrouvé ? Au fur et à mesure de la progression de ses recherches, de menus détails apparemment insignifiants, des paroles en l’air instillent le doute dans l’esprit du lecteur qui se met à échafauder diverses hypothèses. Et quel rapport avec la fusillade de la bijouterie ?

Les lieux

Au fil des romans, le lecteur suit la lente mutation contrastée de la ville de Bergen, entre taudis et maisons cossues, prostituées et riches avocats, bourgeoisie et délinquance. Gunnar Staalesen brosse ainsi un portrait de la Norvège bien loin du fameux modèle social scandinave.

Communauté d’habitation où eut lieu la disparition de Mette: en 1974, la configuration des lieux était totalement différente, compliquant les investigations de Varg Veum. « Les maisons voisines, des deux côtés, n’ont été bâties que dans les années 1980 » tandis que l’immeuble en face était en construction. Et de l’autre côté de la rue, « il y a des maisons aussi, mais à l’époque, il n’y avait qu’un sentier » et des champs. » (Page 41)… « Je m’arrêtai pour observer les lieux. La description de Maja m’avait fait imaginer une configuration plus dégagée. Mais les maisons environnantes et la végétation avaient progressé alentour et d’où j’étais, on concevait mal comment il était possible d’apercevoir le lac. » (Page 40).

La communauté, conçue par un architecte visionnaire, était composée d’une cour autour de laquelle se déployaient cinq maisons en fer à cheval. Les façades sont peintes de couleurs vives, les toits en pente faible. La maison centrale, plus grande, était celle de l’architecte. Elle abritait la salle commune. Au centre de la cour, presque sous les fenêtres de la cuisine de Maja, se tenait un petit bac à sable. Comment, dans une cour totalement fermée par les maisons et un portail, la petite fille avait-elle pu disparaître sans laisser aucun trace ?

En conclusion

Où les roses ne meurent jamais est construit comme un whodunit : Varg Veum interroge une à une les personnes qui étaient chez elles lors de la disparition de Mette ou celles indirectement liées, tentant de démêler les fils un à un : « Quelque part, quelqu’un savait des choses, et je n’étais pas encore prêt à renoncer. Il me restait beaucoup de gens à interroger. Il y avait d’autres chemins à explorer, sur la trace de ce que tout le monde craignait d’apprendre, mais que personne ne savait…hormis une ou deux personnes. » (Page 146). Un roman captivant, dont on dévore les pages fébrilement dans le but de savoir ce qui s’est réellement passé ce 17 septembre 1974. Sur les traces de Veum, le lecteur suit les pistes en tentant de reconstituer les événements.. Qui sera assez persévérant et malin pour mettre la vérité au jour ? A vous de jouer….

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