Gilda PIERSANTI : Saisons meurtrières – 07 – Wonderland

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Italie

Gilda Piersanti nous emmène des oeuvres d’art sur toile à une toile plus éphémère où tout s’écrit, tout se montre

INFOS ÉDITEUR

Gilda PIERSANTI - Saisons meurtrieres - 07 - Wonderland
Wonderland

Parution aux éditions Le Passage en février 2012

Parution aux éditions Pocket en mai 2016

Un camion traverse le bois d’Aston Hill, en Angleterre. Cristina, confortablement installée dans la cabine, accompagne des tableaux qui retournent en Italie après avoir été exposés à Oxford. C’est le mois d’août, la soirée est douce, la route est libre et les chauffeurs discutent tranquillement de foot. Cristina s’endort. Elle se réveillera en butte à une réalité qu’elle n’aurait pu imaginer, même dans ses pires cauchemars.

L’inspecteur principal de la brigade criminelle de Rome, Mariella De Luca, invitée à Oxford par ses collègues britanniques, est appelée à la rescousse car le chief inspector Mark Farrell doit faire face à une scène de crime incompréhensible : le camion transportant les œuvres d’art a été retrouvé immobilisé à la lisière du bois, les deux chauffeurs ont été assassinés, pourtant aucun tableau n’a été dérobé. Cristina, elle, a disparu.

Le compte à rebours est en marche pour la retrouver, mais Mariella De Luca est rappelée d’urgence à Rome sur une autre affaire de disparition, hypermédiatisée, qui bouleverse l’Italie. Car celle qu’on appelle déjà « la petite Barbie » n’a que douze ans et elle s’est volatilisée en plein cœur de Rome, à deux pas de chez elle, sur un chemin qu’elle emprunte tous les jours.Très vite, Mariella se retrouve plongée dans l’univers des réseaux sociaux, où le désir de raconter sa vie semble, pour tant d’adolescents, tellement plus fort que celui de la vivre. Et si elle n’oublie pas l’enquête anglaise, elle sait qu’il lui faut progresser rapidement dans ce « monde merveilleux » où règne dangereusement la confusion entre vie réelle et vie virtuelle, car les meurtriers ne tuent pas sur la toile, mais dans la vraie vie.

Ce roman est un diptyque : la suite (et la fin) d’une partie de l’histoire se déroule dans Le saut de Tibère

(Source : Le Passage – Pages : 247 – ISBN : .. – Prix : 18,00 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Sous un tableau souvent un autre se dessine … (diptyque formé avec « Le Saut de Tibère)

Cristina est une conservatrice passionnée par son métier. Elle est en Angleterre et elle doit « raccompagner » en Italie une collection de tableaux. Malgré des incidents lors des préparatifs la veille au musée, tout semble rentrer dans l’ordre. Elle part en camion avec deux chauffeurs.

Les deux hommes sont retrouvés avec une seringue plantée dans la gorge tandis que la jeune femme est portée disparue.

Les forces de l’ordre d’Oxford interviennent sur les lieux. Et chief inspector Mark Farrell sollicite sa consoeur Mariella De Luca venue lui rendre visite. Surprenante scène de crime où l’on n’a pas touché aux tableaux mais où la conservatrice des oeuvres s’est volatilisée.

Fini l’esprit déconnexion pour Mariella qui avait profité de son séjour dans un nouveau pays pour rechausser ses hauts talons et utiliser sa perruque. La jeune femme sent bien qu’il y a une véritable tension « sensuelle » avec son homologue britannique mais elle a repris ses bonnes vieilles habitudes en séduisant des amants juste pour une nuit.

Nul n’a vu le prédateur qui rodait dans l’ombre de sa victime. Il a pris le temps de savoir tout d’elle. Il veut lire la terreur dans son regard jusqu’à son dernier souffle.

Mais la collaboration Mark-Mariella est très vite perturbée par une affaire qui met toute l’Italie en émoi. Une jolie fillette de 12 ans a disparue. On la surnomme « Petite Barbie ». Sylvia, la collègue de Mariella ne cesse de lui envoyer des mails à ce sujet. Les médias, les réseaux sociaux sont sur le qui vive. Et l’émission de télé « Missing » va donner une tournure spectulaire à l’affaire en direct.

Au revoir l’Angleterre, bonjour l’Italie. Un macabre pèlerinage va avoir lieu sur les lieux du drame. Chacun y va de son point de vue. Et les proches d’Alice vont dépeindre tous les aspects de la vie de la pré-adolescente. Pour mener l’enquête, il faut aller au-delà des apparences et pour Mariella cela va être l’occasion de se plonger dans un drôle d’univers riche en photos et commentaires : Facebook.

« Wonderland » est la première partie d’un superbe diptyque. Gilda Piersanti nous emmène des oeuvres d’art sur toile à une toile plus éphémère où tout s’écrit, tout se montre et que l’on nomme facebook. L’auteur joue un habile tour de passe passe. Les enquêtes s’entrecroisent. Comme pour un tableau, il faut observer le moindre détail, il a son importance. Et la peinture peut laisser apparaitre un autre dessin, un autre visage en dessous…

Pour ce roman, l’auteur s’est inspirée d’un fait a défrayé la chronique en Italie. Et on ne discutait plus que de ça dans toutes les familles.

Ce que j’admire chez cette auteur c’est sa capacité à faire des portraits réalistes de personnes de tous les âges. Des références classiques à l’art et à la littérature et en même temps elle cite « Radiohead » et elle connait parfaitement les méandres de facebook.

Son personnage récurent Mariella continue son évolution. Je suis touchée par cette femme qui s’assume et à qui la vie ne fait de cadeaux. Mais c’est une battante. De même que sa complice Silvia. Beaucoup de pudeur dans les personnages et un véritable respect pour le jardin secret de chacun (cela fait du bien une série où le lecteur puisse s’identifier à un héros qu’il soit hétéro, gay…) . Une sensualité très présente dans les écrits de Gilda mais jamais vulgaire. Une ombre de fantasme qui plane et pimente le récit. Tout y est : le bruit, les odeurs, les goûts. Encore quelques pages et il aurait fallu que je me serve un Campari…

Tout est crédible. On découvre les risques d’une hyper médiatisation et combien le désir peut ronger et détruire.

Les livres de Gilda Piersanti sont un véritable hymne à l’élégance, à la culture, la tolérance, à aller au-delà des apparences. Une très belle écriture et une maitrise de l’intrigue policière car à la fin de Wonderland il y a un véritable « cliff-hanger » et vous ne pouvez que vous précipitez sur la suite « Le saut de Tibère ».

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