Gaëlle PERRIN-GUILLET : Soul of London

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Une intrigue originale, des personnages attachants, une atmosphère dans le Londres victorien

Gaelle PERRIN-GUILLET - Soul of London-
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  • Éditions Fleur Sauvage en avril 2016
  • Éditions Milady en septembre 2017
  • Pages : 320
  • ISBN : 9782811238087
  • Prix : 7,20 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Londres, 1892.
Un climat de peur.
Un flic qui boîte et un jeune orphelin.
Tous deux face à un meurtre…
… dont il ne fallait plus parler.

Jouant avec un côté « Sidekick », Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller, de Gaëlle Perrin, se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

L’AVIS DE JEAN-MARC VOLANT

Replonger dans le Londres victorien et peu de temps après les sinistres méfaits d’un certain Jack à Whitechapel, était le gage d’une réjouissance de lecture qui ne pouvait que me plaire. Si je mets de côté le souvenir que j’ai gardé de mon voyage collégien au sein de la capitale anglaise, y revenir via un roman ne pouvait qu’être du bonheur (la même chose se passe quand je lis un roman (polar ou non) qui se déroule à Paris)

Alors on embarque pour Londres et ses vieux quartiers, ses ruelles dangereuses… la nuit surtout.

Un flic nommé Henry Wilkes et un jeune orphelin qui séjourne chez le policier depuis que celui ci l’a recueilli, vont ensemble, au mépris de tous les dangers, enquêter sur des morts suspectes, des femmes et… des chiens. Une enquête vraiment particulière qui va entrainer notre sympathique duo dans des endroits malfaisants, et qui vont devoir faire face à bien des dangers pour résoudre ces sombres affaires de meurtres totalement inexpliqués.

Dans une ambiance angoissante au sein de la capitale anglaise et fort bien documentée et retranscrite (on a vraiment l’impression de circuler de façon réaliste que nos deux héros, dans les sinistres ruelles de Londres) Gaëlle Perrin-Guillet, dans ce nouveau roman publié pour la première fois chez « Fleur sauvage », nouvelle maison d’édition (qui accueille déjà de très bons auteurs du genre roman noir et polar) nous entraine avec délectation dans cette enquête fort bien menée par notre duo : ce policier tout d’abord, Henri Wilkes, toujours pris à parti avec ses supérieurs, et qui doit faire avec une jambe déficiente qui ne lui permet plus d’être sur le terrain. Celui ci doit se contenter d’un travail d’enquêteur au bureau, sur des affaires indignes de son talent de policier. Sous son aile, on va trouver un jeune orphelin nommé Billy, qui assiste le flic dans son enquête, tout en étant au service de celui ci pour les tâches ménagères dans le lieu d’habitation où ils résident tous deux.

Un duo fortement attachant, que l’on suit avec plaisir tout au long de ce roman. J’avoue que j’aimerais beaucoup les retrouver un jour dans une autre enquête au sein de la capitale anglaise, tant ils m’ont plu tous les deux. En voilà des personnages plein d’humanité, agréables et suffisamment attachants pour que l’on tremble pour eux lors de leurs pérégrinations au sein de la ville, de nuit comme de jour.

Les autres personnages qui arpentent cette nouvelle publication de l’auteure (qui n’en ai pas à son premier roman, loin de là) sont eux aussi, fort agréables à suivre et cela donne un polar sombre, avec un accent « so british » de thriller.

Nanti d’un titre et d’une superbe couverture, qui donnent tout son sens dans les dernières pages du livre, à la résolution de l’enquête, j’avoue qu’un petit surplus de frissons et d’angoisse auraient le bienvenu… peut être que le lieu, l’époque étaient propices à ce type de réaction de lecture et que j’en attendais un peu trop de ce nouveau roman.

Néanmoins je ne vais pas bouder mon plaisir : une intrigue originale, des personnages attachants, une atmosphère dans le Londres victorien, le tout écrit avec une plume alerte et rythmée, j’ai quand même été ravi de découvrir le nouveau roman de l’auteure (dont le précédent polar « Haut-le-choeur » m’avait plu aussi et m’avait donné envie de la lire à nouveau)

Je m’adresse à Gaëlle PERRIN-GUILLET : pourras t-on retourner à Londres bientôt ? moi j’aimerais bien…

L’AVIS DE MURIEL LEROY

Dans ce roman de Gaëlle PERRIN-GUILLET, situé en Angleterre au début du siècle, s’amorcent les débuts de la technologie mais aussi l’essor du capitalisme… On remarque qu’à cette époque, déjà, l’argent et la politique priment sur l’individu de façon d’autant plus marquante. Les pauvres et les handicapés sont les rebuts de la Société, ceux que l’on cache. L’hôpital, quant à lui, n’est accessible qu’à ceux qui peuvent payer. Les enfants abandonnés, eux-mêmes sont victimes de discrimination suivant l’âge! Gaëlle, dans ce roman, montre  donc là  les inégalités sociales, accrues par l’époque mis en exergue par le décor. La froideur est donc renforcée par la neige  de l’époque, hantée, en outre par les souvenirs de Jack l’Eventreur. Tout est là pour façonner le climat  du récit: la situation économique du pays et les craintes de la population… En effet, quand les pauvres vivent dans la rue, avec un sentiment d’abandon de la classe dirigeante, comment peuvent-ils se sentir en sécurité? Qui devient une cible facile devant l’indifférence générale? Il est plus facile de se sentir en sécurité quand on dort au chaud, chez soi…

Toutes les croyances  semblent être remises en question puisque la science prédomine sur la religion, une autre manière de penser et de voir apparait. Les thèses de Darwin mettent à mal la religion et ce faisant les mentalités évoluent… certains ne croiront plus, d’autres catholiques convaincus n auront de cesse alors d’essayer de prouver l’existence de Dieu, quitte à tuer pour y parvenir… La religion mettait quand même l’humain au centre,  avec l’arrivée du capitalisme, l’argent va changer la donne et le chacun pour soi ira de pair, le but étant d’être toujours plus riche, et plus puissant. Le but ultime de l’argent n’est pas tant de posséder que de dominer, diriger. C’est à cela finalement que l’homme aspire à travers les siècles ! Grâce à une enquête à la Sherlock Holmes, Gaëlle PERRIN-GUILLET nous promène dans les rues et les dédales de Londres du début du siècle dans un paysage noir et blanc, facilement imaginable par nous, lecteurs, tellement sont précises les descriptions du paysage mais aussi des vêtements de l’époque… l’enquête nous permet de nous évader, de changer de siècle, mais aussi de voir que les inégalités existaient depuis bien longtemps tout en étant plus dures et différentes…On sent là  une recherche faite sur l’époque, montrant le début de nos problèmes actuels, l’avancée de la technologie et surtout que le pouvoir a toujours fascine peu importe l’époque !

Changer d’époque permet une évasion salutaire. Retrouver le climat des policiers de fin 19ème début 20ème siècle est dépaysant et agréable. Il n’y a là pas de gore mais une traversée historique de Londres à travers les difficultés de l’époque. Les personnages sont bien décrits et très attachants, très humains loin des stéréotypes des superhéros chacun ayant son handicap mais tout en la transformant en atout ! J’ai aimé ce livre pour toutes ces raisons et je le conseille : oui vous ne trouverez pas de gore mais, au contraire, une belle histoire d’amitié sur fond d’aventure et pour ça j’attends la suite avec impatience !!!

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Il est des maisons d’édition avec lesquelles j’aime bien collaborer, Fleur Sauvage est de celles-ci. Des publications éclectiques et des couvertures magnifiques signées Bertrand Binois, une fois de plus, c’est ce qui m’a attitrée l’œil, même si en plus, que cela soit dit avant de commencer afin d’éviter toute complaisance, Gaëlle est une amie.

Un joli voyage dans l’Angleterre victorienne, un très beau voyage d’ailleurs, l’auteur a su effectué un bon travail de recherches, le décor est très bien planté, même si parfois on y trouve quelques petites répétitions, mais rien de bien grave, l’ambiance de ce début de siècle londonien est bel et bien là.

J’ai lu toute la production de Gaëlle depuis qu’elle a commencé à écrire, elle connaît mon ressenti sur ses précédents opus, et je dois dire que ce livre est bien plus abouti que tous les autres, il y a un très bon travail derrière, de la relecture, de la correction… Un véritable bond en avant que l’on ne peut que saluer.

J’ai trouvé dans ce livre deux références très sympathiques, l’atmosphère du fabuleux Duel en enfer de l’ami Bob Garcia, mais aussi et surtout, du coté des personnages, j’ai pensé aux albums Les quatre de Baker Street une superbe série BD scénarisé par Jean-Blaise Djian. Le petit Billy me rappelle ces héros, gamin issus d’orphelinat, livré à eux-mêmes qui finissent par aider un certains Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes, causons-en justement, tout au long du livre Gaëlle joue à faire le parallèle entre ses personnages et ceux de Conan Doyle, tout en semant un peu de Jack the Ripper assaisonné par Tim Burton aussi.

L’intrigue en elle-même est très intéressante, peut-être aurai-je préféré qu’une partie (oui pas facile de causer sans spolier) — la première — soit plus fouillée, mais c’est un avis sûrement trop personnel car ce genre de sujet, d’intrigue me passionne.

On se doute lorsque l’on referme ce livre que Gaëlle compte réutiliser ses personnages, que nous retrouverons Henri Wilkes et son jeune assistant, Billy dans de prochaines aventures, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, le tandem du flic bourru et du gamin fonctionne plutôt bien…

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Auteur de romans. Né en Arménie, Stanislas Petrosky quitte son pays à l’âge de dix-sept ans pour rejoindre la France. Les articles sur Stanislas PETROSKY présent sur Zonelivre ici

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