Eric DUPUIS : Aussi noir que le charbon

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France

INFOS ÉDITEUR

Eric DUPUIS - Aussi noir que le charbon
Aussi noir que le charbon

Parution aux éditions Ravet-Anceau en avril 2016

En 1970, dans le bassin minier, un terril sépare les riches des pauvres. Deux enfants que tout oppose se lient pourtant d amitié : François-Xavier de Montjarrieux, fils d’un puissant industriel, et Iwan Kaczmarek, dont le père est mineur. Des années plus tard, le premier est devenu avocat, le second policier. François-Xavier a sombré dans la drogue et l’illégalité en défendant dealers et malfrats. Alors, quand sa famille est retrouvée massacrée, il constitue le suspect idéal. Son seul allié : Iwan, ami de toujours. Au fil de l’enquête, de nouveaux éléments changent la donne. La tuerie semble faire écho à une sombre affaire de meurtres et de viols survenus dans la région trente ans auparavant. Simple similitude ou lien réel ?

(Source : Ravet-Aceau – Pages : 304 – ISBN : 9782359735543 – Prix : 14,00 €)

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Dupuis nous entraine dans le passé du bassin minier, 1970. Lutte des classes, les riches à droite, les pauvres à gauche. Le terril posé au centre, c’est la ligne de démarcation.

Du côté des fils de mineurs, des boyaux rouges, il y a Iwan Kaczmarek, fils d’ouvrier d’origine polonaise, il a fait ami avec François-Xavier de Monjarrieux. Tu remarques, je n’ai pas besoin de te dire qu’il vient du bon bord, ça sonne le pognon à l’oreille dès le nom prononcé.

Les deux ne vont plus se quitter, deux amis d’enfance, avec leurs jalousies, leurs différences, leurs luttes d’ego. Je pourrais presque caricaturer en causant d’Amicalement vôtre, les Brett Sinclair et Danny Wilde d’ch’Nord… Mais là j’en ferai trop, et ce n’est pas le genre de la maison. Puis surtout je pars dans la déconne, alors que le sujet du livre ne prête pas du tout à rire.

Iwan et FX grandissent, l’un devient flic, l’autre avocat, on va dire qu’ils ne se quittent pas. L’un fait des conneries dues à son statut, à l’impunité que lui offre la fortune de son vieux, l’autre le sort de dans la merde. Voilà donc la vie de ses deux hommes au début des années 2 000. Un drôle de tandem, l’un sert la justice, l’autre enfile sa robe d’avocat pour défendre de véritables ordures, et il le sait, il n’a pas d’âme, juste besoin de fric, encore et toujours du fric.

Mais Dupuis nous transporte souvent dans les années 1970, que l’on comprenne bien comment est née cette amitié, comment on vivait dans les mines en ce temps-là. Puis surtout au fur et à mesure nous faire comprendre quel genre de salaud peuplaient la région. Quel genre de secrets l’on pouvait cacher. Jusqu’où peut aller l’innommable.

Éric a l’art de cultiver le rebondissement, comme d’autre cultive le bon mot, la digression, l’angoisse, lui a décidé de jouer de rebondissement en rebondissement, de découverte en découverte, et cela (entre autres) avec l’aide d’un livre confidences d’un ex-flic, véritable brulot contre certains notables.

Un livre dont les fondations sont ancrées dans des faits divers bien réels. Lorsque l’homme ne sait plus protéger ses enfants mais qu’il les sacrifie pour les pires des débauches.

Dupuis est flic dans la vie, major instructeur, son vécu dans la police renforce son écrit, plus de réalisme dans la procédure, les petits détails qui font coller sur la réalité.

Un livre dans la même veine que celui de son confère Michel Vigneron, Le puits de la perversion, où là aussi la pédophilie est la toile de fond, où l’ombre des frères Jourdain, d’Outreau, planent au-dessus de nos têtes tel « l’aigle noir » de Barbara.

Un reproche, car il en faut parfois, le livre aurait été plus court, retirer ce qui n’est pas indispensable à l’histoire, il aurait été beaucoup plus percutant, mais c’est déjà un moment de lecture agréable.

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