Il palpite en nous, circule en silence sous la peau, nourrit les cellules, irrigue l’histoire et l’imaginaire
Présentation Éditeur
Si la médecine définit le sang comme un tissu liquide aux multiples fonctions, s’il est indispensable à la vie, protège l’organisme et en nourrit les cellules, il alimente aussi, depuis toujours, l’imaginaire des hommes. Le langage use de la métaphore ou du symbole qu’il peut représenter. Les religions l’ont honni ou magnifié, parfois fait couler.
Son image réelle ou fantasmée s’est glissée dans le quotidien de tout homme. Aussi le sang trouve-t-il sa place dans l’art, dans la littérature – qu’il s’agisse de romans, contes ou poésies. La peinture, l’opéra, les chansons ou le cinéma, tout autant que la gastronomie, lui ouvrent leur espace. Il fait monde.
Ce dictionnaire du sang n’est pas un dictionnaire médical mais évoque, sous forme d’articles, les multiples facettes de cet étrange fluide, exposé aux maladies, reflet tout à la fois de l’unité du vivant et de sa diversité.
Origine | ![]() |
Éditions | Harmattan |
Date | 9 mai 2024 |
Pages | 266 |
ISBN | 9782336454351 |
Prix | 27,00 € |
L'avis de Nicolas Bücher
Le Dictionnaire du sang : une symphonie rouge entre science et imaginaire
Il palpite en nous, circule en silence sous la peau, nourrit les cellules, irrigue l’histoire et l’imaginaire. Le sang est un fil invisible qui nous relie à nos ancêtres, un témoin du temps qui passe et des passions humaines. Jean-François Schved, hématologue et conteur érudit, en dresse une fresque magistrale dans Le Dictionnaire du sang, publié aux éditions L’Harmattan. Ni tout à fait encyclopédie, ni tout à fait essai, cet ouvrage se lit comme un voyage sensoriel et intellectuel à travers les siècles, les cultures et les disciplines.
Un fluide au cœur de l’histoire et des mythes
Depuis toujours, le sang fascine autant qu’il effraie. Il est sacré dans les rituels antiques, précieux dans les dynasties royales, craint lorsqu’il est souillé ou versé. Schved retrace son empreinte dans l’histoire humaine, des premières tentatives de transfusion aux expérimentations sur le sang artificiel. Il raconte comment William Harvey a bouleversé la médecine en prouvant la circulation sanguine, et comment les découvertes sur les groupes sanguins ont révolutionné la transfusion moderne.
Mais au-delà de la science, le sang est un symbole puissant. Il est serment lorsqu’il est mêlé dans les rites d’allégeance, lien familial lorsqu’il définit la filiation, malédiction quand il scelle des destins tragiques. Il évoque tour à tour la pureté et l’impureté, le courage et la peur, la vie et la mort. Il est ce fluide paradoxal, capable de sauver comme de condamner.
Un lexique vivant entre art et littérature
Là où l’on attendrait un ouvrage strictement médical, Schved nous surprend par une érudition vagabonde qui fait du sang une matière littéraire et picturale. Il est dans les poèmes de Baudelaire, où il devient parfum et frisson charnel. Il suinte sur la toile de La Mort de Marat, éclate sur les écrans de Shining, dégouline dans les tragédies shakespeariennes où le meurtre et la rédemption se teintent de pourpre.
Le cinéma, la peinture, la musique, la langue elle-même sont traversés par le sang. L’auteur nous entraîne dans l’étude de ses représentations, dans ces nuances où il est tantôt viscéral, tantôt abstrait. On y apprend pourquoi le sang des films d’horreur n’a pas toujours la même teinte, pourquoi les vampires nous fascinent autant, pourquoi « se faire du mauvais sang » traduit si bien l’angoisse humaine.
Un livre qui circule entre savoir et sensations
Loin d’un simple dictionnaire statique, ce livre s’écoule comme une rivière d’histoires. Chaque entrée est une escale, chaque article un battement de cœur qui nous entraîne vers un nouvel horizon. Il y a de la fluidité dans cet ouvrage, un mouvement naturel entre la rigueur scientifique et la poésie du monde.
Jean-François Schved nous rappelle que le sang n’est pas qu’une donnée biologique. Il est un langage, une mémoire, une métaphore du vivant. À travers ce livre, il nous invite à l’écouter, à le voir sous toutes ses formes, à en comprendre les mystères. Une lecture aussi fascinante qu’indispensable pour tous ceux qui aiment les savoirs qui circulent et s’entrelacent, comme les veines sous la peau du monde.
Site de l’auteur : https://jeanfrancois-schved.fr/
