Présentation Éditeur
Benjamin Delmas est psychiatre dans une unité médico-légale à Paris. Un soir, un officier de police frappe à sa porte et lui apprend que son frère Lucas, qu’il ne voyait plus depuis de nombreuses années, a été retrouvé mort à Bangkok, probablement noyé dans l’un des nombreux canaux de la ville.
Lucas travaillait pour une ONG écologiste et dédiait chacun de ses instants à la préservation des richesses naturelles.
Mais il était aussi très bon nageur. Impossible donc qu’il se soit laissé surprendre par une simple rivière thaïlandaise. Benjamin décide d’en avoir le cœur net et de comprendre ce qui est vraiment arrivé à son frère. Il ignore à ce moment-là dans quel champ de mines il a mis les pieds…
Origine | ![]() |
Éditions | Toucan |
Date | 15 mars 2017 |
Éditions | Toucan poche |
Date | 9 mai 2018 |
Pages | 320 |
ISBN | 9782810008421 |
Prix | 8,90 € |
L'avis de Sophie PEUGNEZ
Lucas menait des investigations très poussées à Bangkok qui ont tellement dérangées qu’on l’a tout simplement supprimé. Son frère Benjamin médecin à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police va être en état de choc lorsqu’il va apprendre cette nouvelle. Ils ne se parlaient plus depuis des années suite à une décision que ce dernier avait prise.
Benjamin va découvrir les photos du visage tuméfié et apprendre que sa mort n’était pas accidentelle. Afin de reprendre son souffle, il va se rendre dans la maison qui a appartenu à leurs parents et dans la boite aux lettres retrouver un colis qui vient de son frère. Il va creuser et recouper les informations laissées par Lucas concernant une multinationale nommée BGC qui utilise notamment un pesticide nuisible pour l’humain. Cette entreprise qui ne fait que grossir se moque bien des répercutions de l’utilisation de ses produits sur les hommes ainsi que sur l’environnement. Elle va même jusqu’à provoquer des « incidents » pour vendre les antidotes.
Un groupe écologiste se prépare à contrer cette « pieuvre » industrielle lors d’un colloque qui doit avoir lieu dans peu de temps à Paris et qui permettrait de racheter une entreprise donnant ainsi encore plus de pouvoir à la multinationale.
« Pire que le mal » publié dans la collection Toucan Noir est un roman qui se dévore et qui semble tellement réel. J’ai failli poser mon livre au cours de la lecture pour voir si les produits incriminés existaient vraiment. J’ai apprécié que Sylvain Forge mette à la fin de l’ouvrage des notes pour expliquer ce qui fait partie de la fiction et les sources dont il s’est inspiré pour construire l’intrigue. La narration rappelle celui du journalisme d’investigation : trouver la vérité quelle qu’en soit le prix. A chaque instant, j’ai eu peur de voir Benjamin disparaître, arrivera-t-il en transmettre le travail de son frère sans y laisser sa vie ? Est-il possible dans un tel cas aujourd’hui de faire éclater la vérité face à des groupes très puissants ? J’ai aimé les questions, les doutes et les révoltes qui sont soulevées dans ce livre. Cela doit être passionnant d’assister à une rencontre avec l’auteur pour en débattre.
Car notamment un des points de ce thriller c’est de nous immerger dans le quotidien de membres d’une cellule de militants qui veulent protéger la planète. Quelles actions a-t-on le droit de mener pour stopper des comportements criminels pour l’environnement et pour tous ?
Il y a également le portrait très touchant de cet ancien gendarme qui a perdu toute trace de sa fille pendant des années et qui tombe sur elle par hasard dans la rue. Mais le dialogue est impossible car elle pense qu’il est à l’origine des pressions que l’on exerce pour renvoyer son petit ami sans papier dans son pays d’origine. Et n’oublions pas les sociétés militaires privées, tellement de choses à dire, il faut vraiment que vous preniez le temps de le lire.
L’histoire passée permet parfois de mieux comprendre notre actualité et les deux sont parfois très liées. Sylvain Forge est, je pense, très attaché au devoir de mémoire et en même de vigilance. Dans « Le vallon des Parques », il parlait des nazis en 1943 et dans celui-ci, il rappelle que les nazis et leurs recherches ne se sont pas arrêtés avec la fin de la seconde guerre mondiale.
Un tel roman policier peut vraiment effrayer car croiser la route d’un tueur en série est peu probable tandis qu’être victime d’un pesticide ou d’un autre produit nocif peut arriver à n’importe lequel d’entre nous sans même que l’on s’en rende compte. Vraiment d ‘actualité. Heureusement l’auteur met beaucoup d’humanité dans ses personnages ce qui permet de poursuivre l’aventure sans trop angoisser.
Sylvain Forge, un auteur à découvrir ou à retrouver si vous avez déjà eu le plaisir de lire ses romans précédents.