Stanislas PETROSKY : L’amante d’Etretat

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Déclaration d’amour, déclaration de mort. Véritable moment d’évasion littéraire.

INFOS ÉDITEUR

L amante d Etretat - stanislas petrosky

Parution aux éditions Atelier Mosésu en février 2016

Isabelle et Frédéric vivent une des plus belles histoires d’amour qui soit, passionnée et fusionnelle. Mais un jour où Frédéric part s’adonner à sa passion, la planche à voile, il disparaît corps et bien en mer. Isabelle va doucement mais sûrement sombrer dans la folie sans l’homme qu’elle aime.

Stanislas Petrosky nous entraîne dans les méandres de la dépression. Jusqu’où le manque de l’être aimé peut-il mener ?

Mais l’auteur venant du monde du polar, il se pourrait que L’Amante d’Étretat ne soit pas qu’une simple histoire d’amour tragique.

(Source : Atelier Mosésu – Pages : 120 – ISBN : 9791092100631 – Prix : 8,00 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Isabelle a vécu et un adolescence douloureuse. Son père sous l’emprise de l’alcool battait sa mère. Il lui était également arrivé de lever la main sur elle. Leur calvaire aurait du prendre fin lorsque son père complètement imbibé était passé sous un train. Mais sa mère avait alors plongé dans une profonde dépression. Elle aimait tellement cet homme, sa fille était trop jeune pour comprendre, l’auto-destruction était inéluctable. C’est à ce moment là qu’Isabelle découvre l’univers du funérarium, l’accompagnement de la famille du défunt et surtout Frédéric. Ils deviennent un couple de thanotopracteurs très fusionnel. Ballade, superbe maison non loin de l’eau où le jeune homme aime tant se rendre. Les heures, les jours, les mois vont s’écouler et Frédéric ne rentre pas dans sa dernière sortie en mer. Isabelle ne veut pas quitter son cocoon, elle créé un jardin japonais pour se recueillir en attendant que la mer, amante égoïste et cruelle, lui rende le corps de celui qu’elle aime. Entre la douleur et la folie, la frontière est parfois mince.

Un récit intense, pudique et magnifique. Avec des thèmes d’actualité comme la violence faite aux femmes et en même temps l’addiction, l’amour que portent certaines femmes à leurs bourreaux. Un texte émouvant sur le thème de deuil. Stanilas Petrosky travaille dans le milieu funéraire, il décrit l’importance de l’accompagnement, du respect pour le défunt mais aussi pour ceux qui restent. Cette mer, amante terrible qui prends dans ses bras les corps et ne veut les rendre aux familles sauf parfois pendant les grandes marées. La douleur d’Isabelle devient séculaire et universelle. « L’amante d’Etretat » a beau être écrit en prose, il y a une véritable poésie dans ce texte notamment lorsque la jeune femme façonne un jardin japonais en hommage à Frédéric. Il lui faut absolument un lieu de recueillement. Son deuil est conscient et complètement déraisonné. Elle vit dans l’espoir qu ‘il reviendra. Déclaration d’amour, déclaration de mort. Et sur l’écrin de ce bijou d’émouvant moment d ‘évasion littéraire nous aurions pu inscrire « roman noir ». Car les terres normandes sont riches en mystères et les individus ne sont pas forcément ceux que l’on pense. A peine de le roman finit, j’ai presque eu envie de le lire à nouveau pour l’appréhender avec ce nouvel angle.

Stanilas Petrosky est le pseudonyme de l’auteur normand Sebastien Mousse qui aime ciseler ses textes et accompagner d’autres auteurs en tant qu ‘éditeur. J’avoue que cela a été pour moi particulier d’ouvrir ce livre car je connais très bien Sebastien Mousse qui est notamment chroniqueur sur Zonelivre. Il n’est jamais facile de lire quelqu’un qui vous est proche, j’appréhendais et…. j’ai eu un gros coup de coeur. Une immense fierté et une grande émotion en lisant ce livre.


L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Pour être tout à fait honnête, je n’étais pas attiré par ce livre au départ et c’est pour cela que je ne l’ai pas acheté à sa sortie, et pourtant le roman précédent de Stanislas Petrosky était l’un de mes coups de cœur de 2015. Pourquoi me direz-vous ? J’avoue que la 4eme de couverture ne me tentait pas plus que ça.

Comme vous le voyez, j’ai finalement changé d’avis et grand bien m’en a pris. J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de cet auteur. Une nouvelle fois rien de superflu : que l’essentiel, que des mots justes. Comme Stanislas nous parle une nouvelle d’amour, d’amour tragique une nouvelle fois, il vaut mieux le faire en maniant les mots et les maux correctement … et c’est le cas.

Nous voilà donc plongé dans l’histoire d’Isabelle, puis d’Isabelle et Frédéric, puis de nouveau Isabelle pour finir. Nous découvrons cette dernière au travers les pages de son journal intime d’enfance. Le moins que nous puissions dire c’est qu’elle n’a pas eu une enfance heureuse. Elle trouve un sens à sa vie quand elle rencontre Fred avec qui elle passe de belles années. Isabelle rechute lors de la disparition en mer de Frédéric et la longue descente aux enfers qui va suivre : perte d’emploi, isolement, dépression, alcool.

Je ne rentrerai pas dans les détails de l’intrigue qui est assez bien construite, mais je relève notamment l’aspect psychologique de ce très court roman. Précédemment je notais que Stanislas Petrosky maniait très bien les mots et les maux et cela se ressent très nettement dans les sentiments qui se dégagent de ce roman. Nous évoluons avec Isabelle et nous l’accompagnons dans sa renaissance avec joie, puis nous sombrons avec elle dans la folie qui l’empare… et tu ne peux pas faire autrement.

Une nouvelle fois, Stanislas Petrosky me surprend, me surprend agréablement. Je sais qu’il va sortir dans quelques mois son prochain roman, et vous savez quoi ? Il va vite atterrir dans ma bibliothèque, car c’est assurément un auteur à suivre de près…


L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Isabelle et Frédéric forment un couple fusionnel, en totale osmose. La première approche s’est faite lors d’un triste évènement, la mort de la mère d’Isabelle. Frédéric était le croque-mort qui a pris soin du corps de sa mère, l’a rendu présentable. Leur rencontre dans un premier temps a permis à une Isabelle déboussolée, de découvrir sa vocation : elle aussi désormais, souhaite « réparer les morts ». Leur relation professionnelle va peu à peu se nouer en histoire d’amour. Eux qui côtoient la mort au quotidien, vont devenir ensemble immortels. Ce qui n’est pas forcément au goût des parents de Frédéric qui n’ont jamais vraiment accepté leur bru, qui semble représenter une menace pour l’entreprise familiale. Qu’importe, ces deux là s’aiment et emménagent dans une maison près des falaises d’Etretat. Frédéric a la mer comme maîtresse et la planche à voile est sa passion. Un jour, tout bascule… Frédéric disparaît en mer, on ne retrouve pas son corps. C’est le début de la descente aux enfers pour Isabelle…

Stanislas PETROSKY dresse le portrait d’une femme ravagée par la perte. Toutes les phases psychologiques sont dépeintes avec finesse : le déni, l’espoir, la dépression, les tentatives de suicide ratées mais aussi des moments de recueillement, de communion, de partage avec l’être aimé même si celui-ci n’est qu’une ombre. Est évoqué aussi le rapport aux parents, certaines blessures de l’enfance laissent des traces… Des morceaux de musique évocateurs ponctuent le texte. C’est déchirant, c’est poétique… L’auteur venant de la planète polar, on peut néanmoins s’attendre à des rebondissements qui vont encore secouer davantage le lecteur, certains secrets remontant à la surface faisant l’effet d’une vague meurtrière…

Je vous invite vraiment à découvrir ce court et très beau texte !!!

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Lucie Merval est libraire

4 Commentaires

  1. Blam ! Et un de plus à ajouter à ma PAL… qui s’est transformée en BAL (Building A Lire) à cause de – ou grâce à – vous les chroniqueurs (J’hésite encore sur la locution à employer, merci de m’aider en barrant la mention inutile.) 🙂 En tout cas, la critique de Sophie donne méchamment envie de voir de quoi il retourne, de gratter le vernis extérieur de l’ornement et de découvrir ce qui se dissimule dessous, de vérifier si elles sont vraiment trompeuses les apparences, (et si oui, à quel point elles le sont), si l’amante n’est pas LA mante… stoooop ! Bref, j’ai furieusement envie de le lire celui-là et il va passer à la casserole… obligé.

  2. Hello Christophe, ce livre ne peut que te plaire, il est magnifique. Et il faut absolument que tu rencontres Sébastien je pense que cela pourrait bien passer entre vous.

  3. Un très bel avis pour un roman qui vaut le détour. Un roman qui va à l’essentiel et qui explose à la fin. Vraiment: petit mais costaud! Un coup de coeur. Une couverture originale. Rencontré au détour d’une allée à Livre Paris et heureusement…

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