Sébastien RAIZER : L’alignement des équinoxes – Tome 1

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Sebastien RAIZER - alignement des equinoxes - Tome 1
L'alignement des équinoxes
  • Éditions Gallimard collection Série Noire en mai 2015
  • Editions Folio en mars 2016
  • Pages : 480
  • ISBN : 9782070148257
  • Prix : 20,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Karen Tilliez, la fille étrange et fascinante qui se prend pour un samouraï, atteint l’équinoxe de la mystérieuse loi de l’alignement en décapitant un homme d’un coup de sabre.

Diane Lempereur, jeune femme aussi séduisante que déboussolée, travaille dans un sex-shop et abandonne tous les repères de sa vie tourmentée en se laissant guider par un psychiatre aux expérimentations singulières.

Silver, boxeuse zen laotienne, et Wolf, ancien commando déphasé, deux flics de la brigade criminelle, vont être entraînés dans ce lavage de cerveau existentiel en forme de grand huit, au son des Stooges, de Kraftwerk et de Coil, dans un univers mutant et mouvant, où rien ne semble impossible – ni aller de soi. Et pendant ce temps, la Vipère règle ses comptes, en attendant son propre équinoxe…

L’AVIS DE YANNICK P.

Dans un dédale de confusions, avec de nombreux entrelacs, on sort de certains chapitres hagard, voire totalement égaré. L’alignement des équinoxes, c’est du brutal ! Le lecteur que je suis, a pris un plaisir pervers à avancer dans une énigme passionnante. Dans ce premier roman thriller nippon-mystico-techno, Sebastien Raizer qui vit à Kyoto, brosse un univers pétri de cultures et de sous-cultures. Il nous accompagne vers une frontière pas très nette entre le mysticisme et un vrai bon thriller rude et violent.

Le pitch : Luc Hackman et Linh Schmidt, alias Wolf et Silver, sont officiers de police judiciaire à la Brigade Criminelle, qui trimballent leurs fractures. Wolf ancien commando et Silver orpheline laotienne devenue bouddhiste et vegan. Karen Thilliez vient de décapiter un homme d’un coup de sabre japonais en un geste maitrisé d’une pureté absolue. Interrogée par Wolf, elle semble obéir à une philosophie japonaise et à une énigmatique loi de l’alignement – le but ultime de sa vie. Wolf va se voir hanté par l’esprit de cette fille samouraï. En même temps, Wolf et Silver se voient confier une enquête sur une ancienne toxico – Deborah-Lee Henry. Elle a été découverte morte, empoisonnée, avec une étoile gravée à la soude sur son front. Cette mort fait ressurgir une autre affaire classée Cold Case. Delacroix, leur chef, met en place une équipe composée de Wolf, Silver, et d’un jeune stagiaire geek, Marcus. Enfin, Diane Lempereur, splendide jeune femme aussi perdue que désespérée, travaillant dans un minable sex-shop, va se laisser entrainer par un étrange psychiatre. Silver et Wolf vont également devoir la suivre sur un chemin qui va les faire plonger dans l’univers maléfique de La Vipère. La Vipère, celle vers laquelle tous les liens se concentrent. Pour tenter de trouver leurs places dans ce monde, Wolf et Silver devront se perdre dans l’univers des équinoxes où l’alignement ultime vers un épanouissement supérieur, semble être la seule voie digne de s’extraire d’un monde pourri.

Mon avis : Sébastien Raizer a placé la barre très haut. Certes, il y traite de nouvelles technologies informatiques, de dark web, de terroristes écolos et de militantisme végétarien. Oui, on peut facilement glisser vers un parallèle avec le défunt Dantec. Oui, les quelques doses de mysticisme, de culture ancestrale des samouraïs, sont parfois brutales. Mais ce roman diffère de pas mal de thrillers. Bon sang, quelle baffe. Oui Raizer a l’esprit tordu et semble prendre un malin plaisir à nous perdre dans un thriller où se mèle métaphysique, croyances et technologie, ordre naturel de l’humanité à s’auto-détruire, rôle de la police et de son administration procédurière, société de consommation et ses habitudes alimentaires. Ça, c’est pour la toile de fond. Mais l’essentiel est ailleurs.

Si comme moi, vous acceptez de perdre vos repères, vous plongerez entre délice et malaise dans une nouvelle pièce de la Série Noire. Pas de quoi être sagement assis dans son fauteuil. On ferme ce bouquin pour prendre une bouffée d’air frais. Puis on le fixe avec le désir d’aller plus loin. Quand avec Raizer, vous frôlez les frontières des croyances et de la métaphysique, celle de la folie, vous lâchez prise et vous entrez dans un épais brouillard tant son univers est intelligent. Le lâcher prise. Oui, il s’agit aussi de cela. Savoir se laisser pénétrer par le roman. A ses risques et périls.

Raizer a le sens du récit. Identités et esprits tordus des personnages hauts en couleur, tous sont bercés par une envie, un besoin de transgression. L’alignement des équinoxes, est roman captivant parfois jusqu’au haut-le-cœur. Les rebondissements et la sensation de confusion choppent le lecteur. Ils ne le lâchent plus. Il est des instants où la maitrise, le rythme soutenu, galvanisent le lecteur. Il est traversé par des traits poétiques, un besoin de pureté. Il enivre le lecteur et à la seconde suivante vous sèche en vous dévoilant des monstres. Ce roman est venimeux. Il ne laisse pas indifférent.

Un dernier point, mention spéciale à la musique qui tient une place essentielle dans le roman. Même année de naissance que Raizer, j’ai retrouvé un certain nombre de morceaux que j’avais enfoui. Il ne me reste plus qu’à entamer Saggittarius, le second tome. Mais je vais attendre quelques jours. Juste histoire de reprendre mon souffle.

 

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Jeune quinqua fringuant, serial Lecteur addict au roman noir" pour le reste, père aimant de 2 ados, marketeur de profession et amateur de whiskys, vins et de cuisine conviviale et auteur de TU JOUES TU MEURS !

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