Petros MARKARIS : Enquêtes de Kostas Charitos – 8 – Pain, éducation et liberté

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Petros MARKARIS : Enquetes de Kostas Charitos - 8 - Pain, éducation et liberté
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Présentation Éditeur

2014. Dans une Athènes en crise, trois cadavres sont retrouvés. À leur côté, un enregistrement diffuse ce slogan autrefois utilisé contre la dictature des Colonels :  » Pain, éducation, liberté « . Qui se cache derrière ces meurtres ? L’extrême droite ? Un ancien gauchiste revanchard ? Pourtant privé de salaire depuis trois mois, le commissaire Charitos redoublera d’efforts pour découvrir la vérité.

Origine
Éditions Seuil
Date 6 mars 2014
Éditions Points
Date 26 mars 2015
Traduction Michel Volkovitch
Pages 264
ISBN 9782757851746
Prix 6,80 €

L'avis de Cathie L.

Petros Markaris est un auteur, scénariste, dramaturge et traducteur grec né en 1937 à Istanbul. Dans un premier temps, il a étudié l’économie, puis il s’est lancé dans une carrière de scénariste. Auteur de pièces de théâtre, il est le créateur d’une série très populaire pour la télévision grecque. Il est l’un des traducteurs grecs des œuvres de Brecht et de Goethe. Il vit à Athènes. Il est connu en France comme auteur de romans policiers et créateur du personnage du commissaire Kostas Charitos

Pain, éducation et liberté, Ψωμί, Παιδεία, Ελευθερία (Psōmí, paideía, eleuthería) en version originale parue en 2012, a été publié par les éditions du Seuil en 2014 dans la collection Policiers Seuil. Il est le dernier tome de la Trilogie de la Crise, faisant partie intégrante de la série consacrée aux enquêtes du commissaire Charitos. Le récit, ancré dans une actualité qui s’éternise, est écrit au présent et à la première personne. L’auteur de propose que peu de données temporelles: pas de date, le moment de la journée est rarement cité avec précision. Le style fluide est rythmé par de nombreux dialogues. Pas de temps mort ni de longueurs.

2014. Tandis que Charitos et sa famille s’organisent afin de faire face à la suspension temporaire des salaires de la police, le commissaire s’intéresse au cas d’un jeune dealer plutôt intrigant: issu d’une famille aisée, ayant fait de brillantes études scientifiques, Charitos ne comprend pas pourquoi le jeune homme, arrêté pour détention de drogue, se justifie en déclarant qu’il avait besoin d’argent. Le flair de Charitos lui suggère qu’il y a anguille sous roche.

C’est alors que le père du jeune homme, entrepreneur, est retrouvé assassiné au centre Olympique de Faliro, couché sur un tas d’ordures. Les mobiles ne manquent pas: Vengeance d’un concurrent? En rapport avec son passé de militant? Un drame familial? Rancœur du fils? Acte terroriste? Un lien avec le crime organisé? Le commissaire Charitos et son équipe pataugent…

Puis une seconde victime est retrouvée: Nikos Theoloyis, pénaliste réputé et professeur de droit => Même génération, même profil que la première victime: tous les deux appartenaient à la « génération de Polytechnique », étaient mariés et père d’un enfant unique, vivaient dans l’aisance.

Un lien indéniable existe entre les deux meurtres mais pour quel mobile? Car les deux hommes ne semblaient pas se fréquenter. Charitos nage dans le brouillard. Pour résoudre cette enquête, il va devoir se fier à son instinct, amadouer sa hiérarchie…. et laisser sa voiture au garage!

Dans un contexte de crise économique et de faillite de l’Etat, le ministre de la Sûreté ayant démissionné, l’équipe de Guikas n’a plus personne pour la couvrir et prendre les décisions qui s’imposent; les enquêteurs vont devoir assumer toutes leurs actions et choix, et leurs éventuelles erreurs.
 S’ajoute à cela la suspension des salaires, le gel des avancements, les forces de police en alerte à cause des manifestations dans les rues et les nouvelles élections qui se préparent => De quoi mettre la clé sous la porte!!

Climat social constitue la trame de l’enquête menée par Charitos : les banques momentanément fermées, les Grecs se demandent si les dépôts sont garantis par l’Etat, et si les retraites et les salaires seront payés : « Les coupes répétées dans les salaires et les retraites n’étaient que le prélude… Je dois deux traites pour la voiture, d’accord, mais quel concessionnaire va reprendre une voiture pour si peu ? L’argent que j’ai à la banque me permet de tenir trois mois, et je peux même faire traîner un loyer. Mais qui me dit que la suspension (des salaires) prendra fin dans trois mois ? » (Page 21) … « Un magasin sur deux a baissé le rideau. Tantôt à louer, tantôt à vendre. Les pancartes sont là pour faire bonne figure: personne n’achète, personne ne loue ». (Page 45) => Dans ces conditions, comment assurer au mieux sa mission de maintien de l’ordre?

En conclusion

Le + : une enquête criminelle intimement mêlée à la conjoncture du pays et au quotidien de Charitos et sa famille : comment les gens se serrent les coudes et font preuve d’initiatives originales et inventives pour tenter de se sortir du marasme, notamment le foyer pour SDF installé dans un ancien hôtel et radio Espoir.

Pain, éducation, liberté propose une analyse fine et objective de la situation de la Grèce en 2014. Plus qu’un roman policier, c’est un hymne à son pays en grande souffrance, mené à la ruine par des politiques avides et sans scrupules pour le peuple qui doit gérer au quotidien, oscillant entre dignité et désespoir. S’ajoutent à cela une intrigue parfaitement maîtrisée, un scénario crédible et des personnages qui ne sont ni des héros ni de parfaits méchants, simplement des hommes et des femmes qui se battent pour leur survie…

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