
INFOS ÉDITEUR
![]() Parution aux éditions L’ Harmattan en novembre 2011 Tard le soir, dans les rues de Paris, imaginez une jeune femme traquée : elle tente d’échapper à des agresseurs d’un genre particulier. Pourquoi est-elle poursuivie ? Elle ne le sait pas. Par qui est-elle poursuivie ? Elle en a une vague idée. Ce dont elle est sûre : tout a commencé le jour où elle reçut le premier e-mail anonyme. Et depuis elle avait commis trois erreurs : 1. Ne pas prendre ces menaces au sérieux. Alors que c’était une déclaration de guerre. 2. Ne pas se méfier assez des gens qui l’entourent. Alors que l’ennemi semblait étran-gement la connaître. 3. La dernière erreur d’Andréa fut la plus grave : s’imaginer pouvoir se faire justice elle-même. Un thriller qui prend comme toile de fond un racisme ordinaire, aboutissant ici à un fait divers glaçant. Ta Haine, ma peur est un roman mêlant habilement le suspense et l’étude sociale, l’auteur nous avertissant que des idées extrêmes au passage à l’acte, la frontière est parfois mince. (Source : Harmattan – Pages : 250 – ISBN : 9782296565845 – Prix : 24,50 €) |
L’AVIS DE EVA LEVEQUE
Patricia Kim est une jeune auteure de 25 ans et produit une œuvre prometteuse. L’intrigue est intéressante, elle mêle problèmes de société et émotions humaines.
Andréa, jeune étudiante, reçoit un jour un mail anonyme au contenu violemment raciste. Logiquement, la jeune femme va chercher à débusquer l’auteur de ces mails haineux. La paranoïa s’installe progressivement et l’héroïne se met à douter de tout et de tous, même de ses meilleurs amis. Progressivement, l’on voit se dessiner le portrait machiavélique de certaines organisations nationalistes. Andréa est le déclencheur d’évènements tragiques, elle sera poursuivie, agressée, surveillée mais trouvera en son meilleur ami, Pierre, ainsi qu’en Alexis, un étudiant très sensible à ses charmes, des alliés de poids.
J’aime beaucoup la formulation du titre qui résume à elle seule la dynamique des individus extrémistes qui jouent, effectivement, sur l’effroi pour anéantir physiquement et moralement leur cible. L’atout de ce roman, c’est son message, à travers la persécution d’Andréa se cache la folle cruauté du racisme, le rôle pernicieux de la politique qui utilise ce fiel pour « jeter de l’huile sur le feu », pour alimenter les médias. L’on aurait apprécié d’avoir un rythme davantage soutenu pour maintenir le lecteur en haleine tout au long de cette course effrénée pour la survie. Cependant, Kim accélère la cadence en milieu de roman et la lecture n’en n’est que plus avide. Patricia Kim est encore jeune et je prends le pari que d’ici quelques temps, elle deviendra un auteur à suivre.
L’histoire qui est ancrée dans la réalité, ça change des livres et des personnages aux destins si extraordinaires qu’on ne peut s’y associer. Andréa, elle, est une jeune fille comme tout le monde, elle mène une vie « ordinaire » et ce thriller tend à prouver que le pire peut arriver à tout le monde, hélas. La déraison xénophobe est assez bien traitée, même si, pour ma part, j’y ai trouvé quelques clichés car ces individus ne sont malheureusement pas que des nazis au crâne rasé et des aristocrates. Le danger du racisme, c’est qu’il se dissimule un peu partout, des ruraux, des lambdas sans traits distinctifs…
Je n’ai pas bien saisi la raison du choix de la victime, pourquoi Andréa ? Son personnage manque un peu de profondeur dans le sens où, finalement, je trouve que les protagonistes sont les deux amis de la victime. Leur caractère est plus développé, plus en relief. MAIS, comme le notifie les éditions l’Harmattan, le but d’un roman est de divertir et celui de Patricia Kim y réussit. L’écriture légère est agréable, le roman se lit bien et, je le répète, diffuse un message fort quant à la bêtise humaine de ces groupuscules nationalistes.