Pascal TISSIER : Panique à l’évêché

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France
Pascal TISSIER - Panique eveche
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  • Éditions De Borée le 12 juillet 2018
  • Pages : 432
  • ISBN : 9782812923364
  • Prix : 7,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À l’issue d’un procès d’assises à Aix-en-Provence, jugeant une affaire d’enlèvement suivie d’un homicide, certains jurés sont assassinés et d’autres disparaissent sans raison apparente. Muté en renfort à l’Évêché, le commissariat cen- tral de Marseille, le commissaire César Campana mène l’enquête sur le terrain, aidé de son adjointe, la commandante Judith Kerlovéou et de la journaliste d’un quotidien provençal, Paola Beltramo. La psychose et la panique s’emparent de la cité phocéenne.

L’AVIS DE CATHIE L.

Panique à l’évêché, septième roman de Pascal Tissier, a été publié par les éditions De Borée en 2018. Le récit se déroule du point de vue de l’enquête, à la troisième personne, au passé. Les chapitres courts s’enchaînent à un rythme endiablé, ponctués de nombreux dialogues et scènes d’action.

L’intrigue se déroule dans un climat politique et social perturbé par les menaces terroristes pesant sur la capitale et par une criminalité toujours plus galopante dans la cité phocéenne, contexte mis en évidence de manière simple et directe :

« On ignorait encore d’où venaient les menaces, mais elles ne pouvaient venir que de groupes djihadistes qui ne cessaient depuis des mois de vilipender la France pour ses actions. Plusieurs personnes, dont certains imams connus pour leurs prêches virulents, avaient été arrêtées préventivement et expulsées. » (Page 172)

Contexte qui contribue à installer une ambiance de panique, suite aux récents événements qui ont ensanglanté Marseille :

« Comme le craignait le procureur Rousseau, les médias se gaussaient de cette panique venant de gagner la cité phocéenne et sa banlieue. Deux des jurés avaient été assassinés et deux autres avaient échappé de peu à de sauvages agressions. » (Page 78)…

Avec des mots simples et percutants, Pascal Tissier dépeint l’atmosphère d’affolement qui s’empare de la population :

« L’angoisse montait chez les honnêtes gens et malheur à celui portant un chèche ou ayant une vague ressemblance avec le signalement du suspect. Les dénonciations se multipliaient. » (Page 301).

L’intrigue

Le premier chapitre s’ouvre sur le procès de deux personnes ayant semé la panique dans Marseille et ses environs pendant plusieurs jours. Le réquisitoire du procureur général est sans appel: réclusion à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

Dix-huit mois plus tôt : alors que la capitale vit dans la terreur d’être frappée par de nouveaux attentats terroristes, deux des jurés ayant rendu un verdict dans un procès d’assises à Aix-en-Provence sont assassinés, tandis qu’une autre réchappe miraculeusement d’une brutale agression. Coïncidence ? Vengeance ?

Face à cette situation préoccupante, le ministère de l’Intérieur de nommer César Campana, super flic aux méthodes un peu inhabituelles mais efficaces, nouveau divisionnaire de l’Évêché, commissariat central de Marseille, avec l’espoir qu’il saura stopper l’hécatombe de jurés.

Mais c’est Paola Beltramo, journaliste dans un quotidien provençal qui, la première, comprendra l’origine de ces agressions en chaîne. Dès lors, elle devient la nouvelle cible à abattre par le ou les tueurs.

Les lieux

Marseille: proie d’une criminalité toujours en expansion, se renouvelant sans cesse :

« Si en une quinzaine d’années, la ville avait changé, un peu, la délinquance était quant à elle aux antipodes de celle qu’il avait connue. Depuis quelques temps, de petites frappes de peu d’envergure et sans aucun scrupule s’entre-tuaient pour un oui ou pour un non, avec des armes de guerre, vendues pour trois fois rien dans les quartiers nord de la ville. Personne ne respectait plus rien. Les personnels de santé et de secours étaient régulièrement pris à partie. Quant aux forces de l’ordre, n’en parlons pas. Il est vrai que le comportement d’une minorité d’entre eux prêtait à confusion. Les dealers ou braqueurs en tout genre avaient parfois le sentiment d’être tout simplement confrontés à une bande rivale. Du coup, tout le monde trinquait. » (Pages 35-36) =>Analyse très pertinente de la situation.

En conclusion

Une fiction bien huilée qui nous ramène au tragiques événements qui ont ensanglanté notre pays il n’y a pas si longtemps que cela. Sans prétendre apporter une réponse, Pascal Tissier montre discrètement du doigt les incuries des dirigeants incapables de nous protéger efficacement, faute de prendre des mesures plus draconiennes.

Le + : ne pas faire d’amalgame malencontreux en mettant « dans le même sac » tous les ressortissants d’une certaine religion, car nombre d’entre eux souffrent autant que nous de ces attentats aveuglément meurtriers et de l’ambiance de méfiance et de haine qui en découle.

Une intrigue simple et à la fois complexe qui se déploie sur deux axes : Paris et Marseille. Pour autant, le récit se déroule sans aucune zone d’ombre ni confusion. Un rythme soutenu entraîne le lecteur dans une course effrénée contre la mort. Scènes d’action, adrénaline, angoisse, tout y est pour nous faire passer un passionnant moment de lecture.

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