Hafed Benotman tel qu’en lui même, dévoile ses colères, ses passions, pose son regard d’une noire lucidité sur le monde qui l’entoure
INFOS ÉDITEUR
Hafed Benotman tel qu’en lui même, dévoile ses colères, ses passions, pose son regard d’une noire lucidité sur le monde carcéral et politique, sur la vie, les femmes… Un livre testament. Témoignage d’un repris de justice. Un essai sincère et lucide (Source : Horsain – Pages : 206 – ISBN : 9782369070382 – Prix : 8,00 €) |
L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY
Tu sais quoi ? Les éditions du horsain auraient du sous-titrer ce livre : Testament d’un homme de cœur en colère…
Parce que je vais te dire que là Hafed il était remonté, oui étais, tu n’es pas sans savoir quand 2015 ce mec merveilleux, cet auteur magnifique nous a quitté, son cœur justement qui lui a faussé compagnie, le salaud.
Tu as donc compris que ce livre, cet OLNI (objet littéraire non identifié) est publié à titre posthume. Quand tu as connu Hafed tu as les poils en achetant le bouquin, mais encore plus en le lisant.
Ce livre n’est pas un roman, loin de là, c’est un monologue de l’auteur, non pas vraiment un monologue, tu as l’impression, qu’il est là, face à toi, attablé avec une bière, tu causes, non tu écoutes ton pote causer parce qu’il a plein de truc à dire sur ce monde qui ne tourne plus rond.
Souvent en colère, triste de voir ce qui l’entoure Hafed BENOTMAN digresse, parfois avec colère, parfois avec cynisme ou encore avec humour.
Fais bien attention en ouvrant les pages de ce bouquin, ce n’est pas ce que tu as l’habitude de lire, c’est un peu de la philosophie de comptoir, mais de la vraie, pas de la péjorative, hein. Le mec sait (putain tu fais chier Hafed, j’ai du mal à parler de toi au passé !) philosopher, mais surement pas dans les salons de madame la baronne, non, pas des lieux pour lui, pour nous…
C’est pas vraiment facile à chroniquer, vu que, je me répète, ni polar, ni roman noir, alors je vais te parler du passage qui m’a le plus touché. Hafed BENOTMAN s’est amusé à prendre parfois des personnages : la noire, la juive, Joëlle, Nathalie, et quelques autres, et dans ceux-là il y a : un dialogue magique, monstrueux, terrible entre le comédien déifié (Gérard Depardieu) et l’acteur suicidé (Patrick Dewaere), c’est beau, poétique, si poétique, je vai pas spolier le livre, juste filer un extrait de cet échange :
Au comédien déifié qui répond :
— Oui mais j’ai raté l’coche, j’suis pas mort trot tôt. De con j’suis devenu salaud puis me voilà enculé comme n’importe quel politicard. J’ai l’pouvoir quoi… Et je l’ai pas refusé ! J’me suis pris pour dieu et , comme lui, j’ai pas eu le courage de ne pas exister.
Et l’acteur suicidé dit :
— Moi ouf j’suis mort con, pile-poil avant d’être intelligent ! Enfin intelligent social robot quoi. Cervelle artificielle. Trucage et effets spéciaux.
[…]
C’est bizarre, je vous l’avais dit, c’est le bouquin que l’on achète et que l’on picore, on ne le lit pas d’une traite, on l’ouvre, bouffe vingt à trente pages, puis on prend quelques jours pour les digérer, et une fois assimilé, on replonge dedans…