Michèle PEDINIELLI : Boccanera

0
195
France
Michele PEDINIELLI - Boccanera
-
  • Éditions de l’Aube le 1 février 2018
  • Pages : 215
  • ISBN : 9782815927253
  • Prix : 17,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia – Diou – Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s’exerce en milieu hostile… Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d’inconscience face au danger.

L’AVIS DE YANNICK P.

Boccanera, c’est Ghjulia Boccanera, dite Diou, enquêtrice privée corse atterrie à Nice. Elle s’inscrit dans la plus pure tradition du polar. Le bandeau affichant la description de Raynal présentant Diou comme la fille de Montale est 100% juste. Elle en a tous les artifices. Pedinielli utilise tous les codes du genre. Fauchée, tabassée, Diou se relève à chaque fois. Diou a une belle dose d’inconscience, une tendance à se jeter dans la gueule du loup mais elle se relève à chaque fois.

Boccanera, c’est l’occasion pour Michèle Pedinielli, journaliste de son état, de prendre le temps de poser une certaine nostalgie et une réflexion. Dans ce premier roman, il y a, bien sûr, une belle dose d’action et d’humour, mais ce polar est vraiment l’occasion pour l’auteur d’afficher son indignation quand il s’agit de traiter des réfugiés ou de l’homophobie.
Sous couvert d’enquête, l’auteure pose un regard rempli de nostalgie sur Nice avant l’emballement économique lié au tourisme et à l’éventration de la ville par le chantier du tramway. Ces vieux quartiers de Nice font figure de personnages à part entière.

Dorian Lasalle, jeune homme à la gueule d’ange vient demander à Diou d’enquêter sur la mort de son amant, Mauro Giannini. Ex ingénieur en BTP, il a été assassiné chez lui. Diou visite l’appartement de Mauro, trouve une clé USB. Les cadavres vont s’accumuler Lasalle est le suivant. Plus les événements sont durs, plus Pedinielli se joue d’humour. Un bel exemple, celui où il s’agit de décrire Élisabeth Tordo et son patrimoine génétique chirurgicalement optimisé.

Mais surtout, suivre Diou, c’est aussi entrer de plein pied dans le reflet de notre société, éclairé par Michèle Pedinielli. On y parle d’art, de tolérance mais aussi de solidarité. Ce polar est lié à la réalité quand elle parle de Zeinah ou de Mo, ces réfugiés qui ont du tout recommencer en bas de l’échelle ou quand Diou s’évertue dans un monde bas du front peuplé de crânes rasés. Ghjulia Boccanera, est une quinqua dans son époque. Elle a son lot de problèmes mais aussi de nombreux soutiens à travers des personnages bien marqués et agréables à lire. Son ex, le commandant Joseph – Jo –Santucci, son coloc Dan, directeur de galerie et fêtard invétéré. Côté solidarité, ce roman à son lot de drapeaux arc-en-ciel qui flottent fièrement.

Alors oui j’ai aimé, Boccanera. C’est un polar réglé avec minutie, maîtrisé du début à la fin, sombre et humoristique. Son héroïne est attachante. Chiante mais attachante avec même parfois une once de poésie. Je cours. J’oublie la mort et la haine. Je m’emplis de bleus et de soleil.

Partagez votre lecture dans les commentaires !

Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.