Michael MENTION : La voix secrète

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France

INFOS ÉDITEUR

la_voix_secrete - mention

Parution aux éditions Fantascope en mai 2011

Parution aux éditions 10/18 le 5 janvier 2017

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe.

Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire.

Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain.

Critiqué par ses pairs, Allard s’enlise peu à peu dans ses questions : son ami Lacenaire est-il impliqué dans les crimes ?

Si tel est le cas, sa participation à l’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à l’enquête et d’aggraver le chaos ambiant ?

(Source : Fantascope – Pages : 180 – ISBN : 9782357240254 – Prix : – €)

L’AVIS DE LAETITIA

« Je me décide, moi, bien vivant, sain de corps et d’esprit, à faire de ma propre main mon autopsie et la dissection de mon cerveau. »
Pierre-François Lacenaire (1803-1836)

Escroc, voleur, assassin … mais aussi dandy littéraire. Malgré une certaine médiocrité dans sa carrière criminelle, Lacenaire aura fasciné tant ses contemporains que Marcel Carné qui immortalise un siècle après sa mort son personnage dans les Enfants du Paradis.

Michaël Mention va s’attarder sur les « Mémoires » de Lacenaire qu’il a écrites en détention avant de passer à la guillotine. Nous sommes à un mois de son exécution.

Lacenaire est l’icône d’une période de désolation dans l’Histoire de France. Il est le fil conducteur du roman dans lequel on retrouve cette époque perturbée : la monarchie de juillet succède à la Restauration, Louis-Philippe n’est pas sacré Roi de France mais intronisé roi des Français. Epidémies de Choléra, émeutes, républicains en quête d’insurrection, famine, misère, Paris est puante, Paris est faible, Paris sera aussi le théâtre de meurtres étranges sur des enfants que l’on retrouve décapités.

Voilà les ingrédients d’un polar pas comme les autres.

Commençons par Lacenaire qui est narrateur, observateur de son époque. Meurtrier qui hait l’Homme, meurtrier qui veut se suicider par la guillotine. Tout au long du livre, l’auteur s’appuie sur des extraits des « Mémoires » pour façonner son roman, les « Mémoires » deviennent le squelette d’un récit très bien construit.

Continuons par la peau du roman, l’habit, l’enveloppe : le contexte historique. Prendre le temps de mettre scène, situer l’action, visualiser le Paris de 1835, un détail, un lieu, un figurant. On y est, on les voit ces rues noires, ces abattoirs sans hygiène, ces éclaireurs de lanterne, ces calèches, ces hauts de forme,… oui, un travail de recherche poussé, on y est vraiment.

Et terminons par le fond, l’intrigue elle-même. Comment avec tout ça décortiquer le vrai du faux, la réalité de la fiction ? Qui est cet assassin qui fait trembler les parisiens, cet assassin qui décapite les enfants en signant ses forfaits de la main du maître : Lacenaire ? Et quel sera le rôle de ce dernier dans cette triste et pestilentielle affaire… ?

Comme il peut être agréable de trouver des formes nouvelles à l’écriture de polars…

Michaël Mention… à suivre donc.

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