Malik AGAGNA : Du passé faisons table rase

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Malik AGAGNA - Du passe faisons table rase
Du passé faisons table rase
  • Éditions Lajouanie en mai 2017
  • Pages : 352
  • ISBN : 9782370470829
  • Prix : 19,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jérôme Bertin, un père de famille sexagénaire, est abattu un soir devant chez lui près de Strasbourg.

Quelques jours auparavant deux ex-membres comme lui d’un groupe de sympathisants communistes, ont également été assassinés.

Un séjour de l’autre côté du rideau de fer, durant la guerre froide, semble avoir durablement perturbés ces militants d’un autre âge. Qu’ont-ils vu  ? qu’ont-ils fait  ? à quoi ont-ils assisté lors de ces années de plomb  ?

C’est en Lituanie que l’inspecteur Marie  Sevran et une jeune criminologue espèrent trouver quelques réponses. Leur voyage les plonge dans un passé sulfureux et fait ressurgir un certain Markus sanguinaire patron de la police secrète…

L’inspecteur Marie  Sevran nous entraîne avec ses acolytes dans une enquête chargée d’histoire, de non-dits et de renoncement. Communisme, rideau de fer, police secrète, argent, amitié, amours et meurtres sont les maître-mots de cette originale et historique descente aux enfers.

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

J’aurais presque plus plagier le titre d’un San-Antonio, avec En avant les moujiks…

Bien qu’il ne soit pas vraiment question de moujik dans ce roman policier mais pas que… mais plus d’anciens membre du PCF, qui du temps de ce charmant rideau de fer, voyageaient dans les pays de l’URSS… Qui allaient voir si de l’autre côté c’était mieux, ou pire…

Vingt-huit années ont passée, et la joyeuse bande commence à être décimé, on flingue Les copains d’abord, et là ça navigue plus père peinard sur la grande mare des communards… Il va donc falloir aux flics de maintenant comprendre ce qui s’est passé avant. Voyager du côté de la Lituanie pour tenter de comprendre, exhumer le temps d’avant la chute du mur.

On ne peut pas qualifier véritablement ce roman, de roman historique, même s’il y en a un peu. C’est plus un roman policier dans l’histoire.

C’est le premier roman de Malik, l’homme est plus habité aux nouvelles, c’est écrit dans sa bio. Et cela m’a semblé étrange, car son roman est « long ». Attention, j’ai dit long, pas chiant. Malik a une écriture à la Simenon, le flic prend son temps, et du coup le lecteur profite du décor. Pour certains c’est un défaut, pour d’autre une qualité, c’est selon le goût. Je ne cache que je suis plus du genre percutant, je préfère quand on va directement à l’action. Je suis plus Dard, Houssin, que Simenon, mais j’ai bien aimé.

On sent que Malik connaît son sujet, connaît l’histoire, promène son lecteur, au propre comme au figuré. On découvre des hommes qui avaient des idéaux, mais comme le disait Fidel Castro : “Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement.”

Et puis il y a ce titre, il m’a fait penser à autre chose, oui, je sais l’Internationale, certes, cette phrase est issue du texte composé par Eugène Pottier, mais aussi à un livre éponyme du grand Thierry Jonquet. Roman paru en 1982, sous le pseudonyme, à l’époque c’était risqué, de Ramon Mercader, assassin de Trotsky, qui traite d’ailleurs un peu du même sujet. Un peu, où Agagna nous fait un roman policier, Jonquet lui commet une œuvre engagée politiquement. Pour un peu, je vous recommanderais le coup double, de lire les deux. Deux visions de l’Est d’antan, assez proche, mais deux façons de la traiter différente.


L’AVIS DE JEAN-MARC VOLANT

Une excellente découverte que ce premier roman de l’auteur débarqué chez les éditions Lajouanie qui ne manquent décidément pas de flair pour dénicher de très bons romans policiers (mais pas que…). On m’offre de découvrir un auteur et c’est toujours une satisfaction en tant que lecteur quand la confiance que l’on vous accorde soit récompensée par le fait d’avoir passé un très bon moment avec la lecture de ce roman policier.

Un roman policier qui démarre fort et qui réalise l’exploit de maintenir une tension et un suspens extrême tout au long de l’enquête que va mener Marie Sevran et son équipe… Une enquête qui ne sera pas de tout repos : action, interrogatoires, recherches minutieuses, rebondissements et enfin la vérité qui se dévoile peu à peu. Une excellente galerie de personnages composent ce roman policier et la part belle est faite aux femmes (pour une fois, ce n’est pas toujours le cas dans les romans noirs) : en effet, mention spéciale faite aux deux personnages féminins que sont Sevran et la jeune stagiaire en criminologie qui l’assiste… Un duo chic et de choc pour mener à bien cette périlleuse enquête. Une enquête qui nous emmène dans les secrets de la Guerre froide, pendant le Rideau de fer : une époque plus que troublante, emplis de secrets et de mésaventures et dangers à tous les coins de rue. Des flashbacks sur cette période pendant ce récit policier qui permettent de mieux comprendre les tenants de cette histoire mystérieuse sur les assassinats d’anciens communistes qui avaient séjourné en Lituanie.

Un très bon suspens, une très bonne ambiance sombre et puissante retranscrite tout au long de ce roman policier, une tension permanente et des personnages auxquels on accroche bien… Que demander de mieux pour le lecteur que je suis ?

Encore un grand merci aux Editions Lajouanie pour m’avoir fait découvrir cet excellent polar et je ne peux que vous inviter à plonger vous aussi, dans les arcanes sombres et dérangeantes de la Guerre Froide…


L’AVIS DE YANNICK P.

De nos jours, Strasbourg, Jérôme Bertin, est abattu devant chez lui. Ce n’est pas le premier assassinat de ce type. Ils sont 3, tous ex-membres du parti communiste à avoir été exécutés. Ils ont point commun.

Un séjour, en 1989 dans ce “bloc de l’est”, ce que nous appelons les ex républiques socialistes soviétiques. Sous ce rideau de fer, la guerre froide tire sur sa fin, la pérestroïka fait le ménage. Les rêves de Marx et la lutte des classes s’effritent. L’URSS et les pays frères sont sclérosés. Chaque individu rêve d’un avenir radieux, confortable.

Marie Sevran, la quarantaine, commandant, est chargée de l’enquête. Tout, la ramène à ce voyage. Elle est soutenue ses deux collègues. Les lieutenants Arsène Chevallier et Rachid Hamidi. Il ne s’agit pas de flics bodybuildés sauveurs de la planète, juste des flics dans la moyenne, presque des vrais gens. Marie est séparée de son mari, c’est encore frais et douloureux. Arsène débute une nouvelle relation, tout comme Rachid nouvellement arrivé sur Strasbourg. Jennifer, étudiante en criminologie, va se joindre à l’enquête pour les aider.
Du passé faisons table rase, est un polar, mais pas que. Et oui,  il est édité chez Lajouanie. C’est donc un peu plus riche qu’un simple roman. Ce policier, malgré un petit déséquilibre entre les chapitres,  démarre comme une vielle Lada poussive. Il demande à être lancé, mais une fois que cela tourne, il t’emmène jusqu’à la fin sans coup férir. Certes, ce n’est pas toujours le grand confort, mais comme le style est simple, le lecteur est bien accroché.
J’ai grandi dans ces villes périphériques rouges dans les années 80. J’ai croisé des Jérôme Bertin, férus de tractages, piqués de grandes idées, fiers des incartades soviétiques de leurs sections, encore accrochés à leurs idéaux et pourtant les premiers témoins de leur effondrement. Je dois avouer que le roman de Malik, a redonné vie à ces personnages qui hantaient les marchés le dimanche matin. Ceux de Malik ont du corps. Hommes et femmes se relayent sous nos yeux. Malik les multiplie. Et il réussit à ne pas perdre son lecteur. Ils ont une certaine dose de lâcheté. Ils ont une vie amoureuse qui oscille, ont de la difficulté à s’engager. La fidélité est une valeur relative. Ils sont ma foi, humains et portent une lourde charge jusqu’à la fin.

Les réponses semblent se trouver en Lituanie. Agagna a la bonne idée de borner son roman à Vilnius et non Moscou. Il alterne les périodes. Avec Marie et ses acolytes, on suit l’enquête. Chacun de leur côté. A Arsène et Rachid la piste française, à la Lituanie. En jouant des flashbacks, on est avec Thomas. L’un des sept. Ils étaient sept. Les sept moujiks. S’en suit alors un voyage vers le passé. Des secrets et des amitiés se croisent. Sous couvert de communisme, arrivent des relents de police secrète sous la forme d’un certain Markus, responsable de la police politique et des tortures dans la Lituanie soviétique. Marie doit franchir ce rideau de fer, l’ouvrir de nouveau car la solution se trouve de l’autre côté, à une époque où le mur était encore debout.

C’est un policier digne d’intérêt qui offre la particularité de revenir sur une période qui s’efface gentiment.

 

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Jeune quinqua fringuant, serial Lecteur addict au roman noir" pour le reste, père aimant de 2 ados, marketeur de profession et amateur de whiskys, vins et de cuisine conviviale et auteur de TU JOUES TU MEURS !

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