
INFOS ÉDITEUR
![]() Parution aux éditions Métailié en mars 1998, janvier 1999 Parution aux éditions Points en juin 2006 Parution aux éditions Métailié collection Suites en avril 2016 Traduit par René Solis et Mará Hernandez Chargé de l’enquête sur l’assassinat d’un travesti, l’inspecteur Mario Conde découvre un monde où on peut être exilé dans son propre pays et où chacun détient une vérité sur le mort et sur un passé que la révolution veut effacer. Electre à la Havane est le troisième volet, de Leonardo PADURA, intitulée « Les quatre saisons » avec l’inspecteur Mario Conde. (Source : Métailié – Pages : 256 – ISBN : 9791022604895 – Prix : 10,00 €) |
L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI
Tout commence à La Havane où un cadavre d’un travesti est retrouvé. Mario Conde, flic paumé et hanté par des enquêtes internes, est chargé de l’affaire. Tout s’accélère quand il apparait que le corps est celui d’un fils de diplomate. L’enquête emmène Condé sur les traces d’Alberto Marquès, dramaturge homosexuel exilé dans son propre pays. Cette rencontre va faire découvrir à Condé une Havane insoupçonnée…
Ce roman est intéressant à plusieurs titres.
En premier lieu Cuba. En effet, La Havane apparait comme le théâtre oppressant du drame qui se déroule. Si ce dernier a lieu, c’est justement car Cuba est Cuba, c’est-à-dire un pays dans lequel la répression de l’homosexualité était très forte, où l’élite est gangrénée par la corruption et le vice, et enfin où la religion est tellement omniprésente qu’elle est un des piliers de la vie cubaine.
Pour amplifier cette sensation d’oppression, l’auteur n’hésite pas à faire appel au climat chaud et moite pour déranger encore plus.
Outre ce cadre suffocant, Leonardo Padura nous présente des personnages tourmentés, avec notamment Alberto Marquès. Cet homme va servir la dénonciation que l’auteur fait du régime cubain qui a percuté ses intellectuels, les a condamnés. Contrairement à beaucoup, Marquès ne connaitra « que » la solitude et la disgrâce.
Ce libre penseur est, au final, le personnage principal du roman. Au fil des pages, il deviendra le mentor de Condé, en le faisant évolué dans la société et lui faisant prendre conscience de sa propre inadaptation au milieu policier auquel il appartient.
Ce jeu entre le mentor et le policier est tout en opposition, tout comme Cuba l’est du reste. D’un côté nous avons un artiste n’arrivant à pas à freiner sa création et son envie d’aller de l’avant, et de l’autre nous avons un être dépassé par les évènements et qui ne fait que suivre le courant. Ce contraste donne un relief sympathique à ce roman.
Au final c’est une découverte agréable car cela fait découvrir la partie sombre de cette île qui déchaine les passions depuis plusieurs décennies. Je pense que je vais continuer avec Leonardo PADURA car le test a été concluant.