Laurent SCALESE : La cicatrice du diable

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France

INFOS ÉDITEUR

Laurent SCALESE - La cicatrice du diable
La Cicatrice du diable

Parution aux éditions Belfond en avril 2009

Parution aux éditions France Loisirs le 24 mai 2010

Parution aux éditions Pocket le 13 juillet 2011

Paris, de nos jours. Un scénariste se défenestre du bureau de Cécilia Rhodes, une célèbre productrice. Chargé de l’enquête, le commissaire Milot ne croit pas à la thèse du suicide et établit un parallèle avec la mort de Lucie Drax, une autre jeune scénariste employée par Cécilia trente ans plus tôt.

L’affaire semble étrange­ment liée à l’histoire personnelle de Milot. Autour de cette femme prête à tout pour parvenir à ses fins gravitent un assistant fou amoureux, un mari richissime et un scénariste raté qu’elle exploite.

Des pantins qui ne tarderont pas à vouloir jouer leur propre rôle… Découvrant une femme impitoyable, le commissaire n’hésitera pas à faire saigner une ancienne et effroyable blessure : la cicatrice du diable.

Avec ce nouveau roman policier, Laurent Scalese offre une plongée fascinante dans le milieu du cinéma, un univers qu’il connaît bien pour le fréquenter depuis longtemps. Une atmosphère oppressante autour d’une intrigue bien ficelée.

(Sources : Belfond – Pages : 307 – ISBN : 9782714443007- Prix : 19 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Des scripts tâchés de sang, de honte et d’envie.

Travailler dans le milieu du cinéma peut jouer sur le système nerveux au point de faire comme le scénariste Grégory et d’écrire sa dernière scène en se jetant par la fenêtre sous les yeux de la productrice Cécilia Rhodes.

Cette femme est un catalyseur de destruction, le commissaire Artus Milot en est persuadé. son intime conviction est qu’elle est également à l’origine de la mort de la scénariste Lucie Drax.

La nouvelle proie de la productrice se nomme Charlie Kessel. Il n’a en commun avec le grand écrivain que le nom, en tout cas, ses écrits n’ont trouvé grâce aux yeux de personne. Le monde du cinéma lui offre enfin sa possibilité d’exister, d’être reconnu.

Mais Cécilia Rhodes est une véritable araignée et dès qu’elle a une proie dans ses filets, elle ne le lâche plus. Elle lui ôte toute sa quintessence. Elle peut jeter sans scrupules son nouveau pantin ou s’approprier ses idées. Bien entendu, il n’y a qu’une grande scénariste dont le nom apparait au générique : Cécilia Rhodes…

Tout cet univers est trouble et légèrement glauque, la « déesse sombre » est toujours escortée de l’impressionnant Kino WATANABE son assistant japonais. A ses côtes dans son travail mais également dans ses perversions…

L’ombre de Faust se dessine derrière plusieurs personnages qui sont prêts à tout sacrifier sur l’autel de la réussite.

Le commissaire Millot tente d’avancer avec ses propres démons. Les petites « pilules magiques » qu’il avale lui donne un caractère instable et cela peut être dangereux pour equ’il puisse xercer efficacement son métier. Sa vie personnelle subit également ces séismes imprévisibles.

« La Cicatrice du diable » est un roman très troublant qui sent à la fois l’envie, la trouille, le désir. Un texte très adulte où l’atteinte du plaisir ultime est primordiale pour certains que ce soit la jouissance sexuelle ou la jouissance de la réussite professionnelle. Et les deux sont très liées.

Quelques personnages sont porteurs d’espoir et de lumière mais dans les ténèbres de plus en plus dense, il faut espérer qu’un dénouement heureux puisse arriver… Mais le cinéma semble être une spirale sombre entrainant tous ceux qui s’en approchent…

Laurent SCALESE montre sa connaissance du monde du cinéma où les écrits d’un scénariste ne pèsent pas très lourds face à des décisions parfois très obscures. Une grosse machinerie qui peut écraser les plus faibles, il faut avoir des proches qui soient en dehors de cet univers et qui vous aiment pour vous aider à garder la tête froide.

La structure du roman est originale avec des chapitres très courts avec des titres évoquant un script. Exemple : Séquence 1. Quartier chinois de Paris – Extérieur/matin.

La bobine se déroule et le lecteur ne peut quitter son siège prisonnier d’un texte inquiétant mais ô combien captivant !


L’AVIS DE LEA D.

Après Le samouraï qui pleure et Le baiser de Jason, je me plonge toujours plus profondément dans le monde de Laurent Scalese.

Tout se passe à Paris, dans le monde de l’art, et plus spécialement dans le monde de l’audiovisuel. Cécilia Rhodes est une célèbre productrice, crainte pour ses humeurs et par la manière dont elle traite ceux qui travaille pour elle. Alors, le jour où un scénariste se donne la mort en se jetant de la fenêtre du bureau de Cécilia Rhodes, le commissaire Milot ne croit pas au suicide. Surtout pas après la mort, il y a une trentaine d’année, d’une scénariste appelée Lucie Drax, qui travaillait également pour Cécilia…

Le commissaire Milot va se plonger dans le monde impitoyable du show-biz, et découvrant qu’autour de Cécilia Rhodes transite des personnes à la fois prêtes à tout pour percer ou pour attirer l’attention de Cécilia. Cette femme semble attirer les personnes comme le vinaigre attire les mouches. Elle est à la fois fascinante, terrifiante et impitoyable.

Les premiers romans que j’ai lu de Laurent Scalese m’ont vraiment captivée du début à la fin, et je n’ai absolument pas été déçue avec La cicatrice du Diable ! L’univers diffère de celui de la drogue ou des samouraïs, on se retrouve ce coup-ci dans le monde du cinéma. Un monde où tout le monde se veut meilleur que les concurrents, pas d’entraide ou d’échanges, on fait tout pour percer quitte à écraser ceux qui se trouvent sur le chemin. Cécilia Rhodes en est le parfait exemple : bien décidée à être reconnu dans le milieu, elle n’hésite pas à exploiter ceux qui travaillent pour elle, à voler leur travail et à les monter les uns contre les autres.

Laurent Scalese est toujours aussi fort pour écrire une intrigue simple en apparence, mais complexe lorsqu’on s’y plonge vraiment. Complot, meurtres, intrigues… Tout est très bien dosé, captivant, et j’ai été accrochée jusqu’au bout ! La cicatrice du Diable fait sans conteste partie de mes préférés. J’ai adorée détester Célia Rhodes, une femme antipathique au possible, mais avec ses failles et ses fêlures, que l’on comprend de mieux en mieux au cours de l’intrigue. Le personnage du commissaire Milot est tout aussi intéressant, et beaucoup plus sympathique ! Il va faire de cette enquête une affaire profondément personnelle, et les révélations sur lui ne seront faire qu’au compte-goutte. On se pose sans cesse des questions, jusqu’à la fin pour les dernières révélations et explications.

La cicatrice du Diable est un thriller très bien mené, bien ficelé et très bien écrit du début à la fin, je suis toujours fan de Laurent Scalese, très inventif et captivant. Si vous ne le connaissez pas encore, foncez !

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3 Commentaires

  1. Je ne suis pas douée pour les rubriques, je dirais que ce livre est a lire absolument. Une qualité d’écriture exceptionnelle. Exceptionnel comme son auteur.

  2. Très bon bouquin de Laurent Scalese, cette « cicatrice du diable » fut ma 2e lecture de l’auteur français qui m’a confirmé son grand talent après « le baiser de Jason » !
    Tout lu (presque) de l’auteur, il me reste « Des pas sous la cendre » !

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