KOZ : Série Apocalypse – 01 – Noir

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KOZ : Série Apocalypse - 01 - Noir
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Présentation Éditeur

De nouvelles menaces mettent notre monde en péril…

Au moment où les dix-huit transformateurs alimentant Paris et sa banlieue en électricité explosent simultanément, le noir tombe sur la capitale et ses environs. La nuit est totale, le danger inédit. En quelques heures à peine, les rues sombrent dans le chaos. Les scènes de pillages et de violence se multiplient. La tension monte.

Immédiatement, Hugo Kezer, chef de groupe à la brigade criminelle, prend le commandement de la cellule de crise mise en place pour répondre à l’urgence de la situation. Il doit avant tout comprendre qui se cache derrière cet acte criminel, cette organisation aussi élaborée. Et les raisons pour lesquelles ce black-out a été si minutieusement orchestré.

Une course contre la montre s’engage alors pour Kezer, d’autant plus éprouvante que les menaces sont nombreuses et pourraient bien mettre en danger celles et ceux qu’il aime…

Origine Flag-FRANCE
Éditions Fleuve
Date 1 avril 2021
Pages 320
ISBN 9782265154841
Prix 15,90 €

L'avis de Stéphane FURLAN

Publié sous un pseudonyme, ce roman se pare d’un voile de mystère qui lui va bien (cela dit, une simple recherche sur Google peut rapidement nous apprendre qu’il s’agit en fait d’Erwan Le Morhedec, un individu engagé en compagnie de qui j’ai peu de chances de battre le pavé…). Premier tome d’une série dont l’ambition est d’aborder les grandes menaces contemporaines avec les codes du polar, je ne peux que saluer cette démarche qui m’a conduit également à écrire mes deux derniers livres (Implantés et Couru d’avance), et surtout commencer à me dire que nous assistons peut-être à la naissance d’un sous-genre. Vous trouvez que j’exagère ? Je ne le pense pas, et ceci pour une raison évidente : cette dernière année, nous venons d’être projetés dans un monde qui n’était envisagé jusque-là que dans des récits d’anticipation ou de science-fiction. Mais la pandémie nous a submergés et à présent l’impossible appartient à notre quotidien, au même titre que le réchauffement climatique, les fragilités de la démocratie, la montée de l’autorité, la collapsologie, l’effondrement de la biodiversité et j’en passe. Dans ces conditions, la littérature noire et policière, si pertinente dans l’exploration des franges d’une société, me semble tout à fait légitime pour à la fois labourer ces sujets et en tirer les fils jusqu’à la nausée, à la fois pour susciter des débats, participer à l’éveil des consciences (mais peut-être est-ce trop ambitieux ?), comme dans le simple souci de décrire notre condition humaine au sein de cette nouvelle réalité, celle que nous devons maintenant nous coltiner la peur au ventre. Voilà pourquoi je n’ai pas trop traîné à lire ce roman quand j’ai appris son existence. Mon verdict ? J’ai été globalement convaincu avec néanmoins quelques réserves.

Les plus ? D’abord l’entame et son climat anxiogène. La destruction d’une série de transformateurs plonge la région parisienne dans le noir (d’où le titre…). Très vite, ce black-out souligne la fragilité de notre société. Privée d’électricité, elle vacille et l’on se demande même rapidement si ce coup de maître ne va pas provoquer son effondrement. Les chaînes d’approvisionnements sont perturbées, les réseaux d’information se taisent (dont le plus puissant, Internet), les systèmes de sécurité deviennent inopérants (que ce soient les caméras de surveillance comme les simples alarmes des magasins), les criminels comprennent qu’ils peuvent agir en toute impunité, le chaos s’étend. Cette évolution accompagne en toile de fond le déploiement du scénario, parvenant à bien instiller un climat d’angoisse en augmentation exponentielle. Juste un bémol ici : j’ai trouvé que l’auteur accélérait peut-être un peu trop l’irruption et l’intensité des catastrophes, notamment la violence des scènes de pillage (peut-être dans le souci de s’accorder avec l’ambition du titre de sa série, « Apocalypse » ? D’ailleurs, à la réflexion, cette référence à la Bible me chagrine, même si je comprends son potentiel commercial. De mon côté, je préfère évoquer le temps des effondrements). La crédibilité de l’ensemble aurait été renforcée dans une approche moins abrupte et plus progressive.

Un autre point fort : l’action, le rythme. Ce roman ne m’a jamais ennuyé et je l’ai lu d’une traite. Avec des phrases courtes et percutantes, l’auteur a chassé le superflu pour se concentrer sur l’essentiel, entraîner le lecteur avec lui dans ce qui devient rapidement une course contre la montre. J’ai apprécié cette efficacité, même si le thème « des nouvelles menaces » mériterait, à mon sens, de se poser quelques instants pour méditer, que ce soit dans des dialogues ou certaines pensées des personnages. En ce sens, il est certainement réducteur de l’aborder sous l’angle individuel comme il me semble que c’est le cas ici, en considérant que les méfaits d’un seul criminel, aussi génial soit-il, peuvent provoquer une série d’événements capables de déstabiliser toute une société. Je préfère pour ma part une approche plus globale qui, en partant de la multitude des menaces, tente d’en cerner les causes dans une critique systémique. Je pense que c’est à la fois plus juste, moins manichéen, et que la littérature noire peut également s’emparer de cet objet pour prendre toute sa place dans ce débat si vital.

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Passionné de littérature noire, science-fiction et fantastique, Stéphane Furlan écrit depuis de nombreuses années.

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