Jérôme CAMUT et Nathalie HUG : W3 – 03 – Le calice jusqu’à la lie

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France

INFOS ÉDITEUR

Jerome CAMUT et Nathalie HUG - W3 - 03 - Le calice jusqu a la lie
Le calice jusqu'à la lie (W3, Tome 3)

Parution aux éditions Télémaque en avril 2016

Parution aux éditions Livre de Poche en mars 2017

Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion. Qui a voulu museler la voix des innocents ? S’agit-il d’un complot d’État comme tous les pensent ? Ou bien de tout autre chose, que les membres de W3 n’ont pas su voir ?

Les survivants comprennent vite qu’ils ne sont pas sortis d’affaire. Car ceux qui ont voulu les détruire sont toujours là. Sur les décombres encore fumants de l’immeuble, les drames se nouent et les destins s’entrelacent ou se heurtent. La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ?

Après le succès des deux premiers volumes de la série, dont le premier a été optionné pour la télévision, Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages. Les meilleures choses ont une fin… pas les pires. Il faut boire le calice jusqu’à la lie.

(Source : Livre de Poche – Pages : 992 – ISBN : 9782253086772 – Prix : 9,40 €)

L’AVIS DE YANNICK P.

Une intrigue colossale ancrée dans la réalité

L’histoire débute en nous ramenant une heure en arrière, avant la fin du Mal par le Mal. On retrouve les protagonistes de la trilogie dans les locaux de la rue des bleuets au siège social de W3 soufflés par une terrible explosion. Sont-ils victimes d’un complot d’état ou de quelque chose encore plus noir qu’ils n’auraient pas su anticiper ? Une nouvelle vie démarre pour les blessés et les survivants. Portés par le chagrin, certains renoncent, d’autres non.  Mais pour tous la réalité est bien présente, ceux qui ont voulu les détruire sont toujours là.

A travers une série de chapitres très cours, de dialogues incisifs, de rebondissements et remués par de nombreux cliffhangers, Le Calice Jusqu’à La Lie est véritablement l’apothéose de ce travail titanesque. Car les CamHug signent un monument de près de 2500 pages.

C’est explosif. Comme à l’accoutumé plusieurs thèmes sont abordés, la violence faite aux femmes, les magouilles politiques, la prostitution, la mafia russe et toujours de la liberté de la presse, du pouvoir. Dans ce combat entre le bien et le mal, il est délicat de voir le bien. Tout pousse les acteurs de ce roman vers la vengeance. Affronter celle à venir ou bien subir les relents d’une vengeance perpétrée jadis. Nos héros sont dépassés. La complexité de l’enquête voit, dans les dérives et les abjections perpétrées par les plus vils des personnages, poindre les ramifications des différents événements. Page après page, l’écheveau se dénoue. Pourtant, le lecteur pressent une lueur.

Les deux auteurs orchestrent le récit à travers le monde. Entre Paris, les Vosges, la Norvège et la Russie, le lecteur suit un des protagonistes à chaque chapitre. Cela crée une extraordinaire dynamique et un redoutable suspense. On bondit d’un lieu à un autre avec le plaisir de retrouver Hervé Marin, plus attachant que jamais, Sookie plus profonde à la recherche d’une raison de vivre, Valentin et son manque de maturité et toujours de nombreux personnages secondaires. L’importance de ces derniers vient solidifier le Calice. Qu’il s’agisse de Léon, Anne Chassin, Demarescau, Vera, Innokenty, Solvieg, Barbier ou de Maratier, leurs caractères ambivalents, leurs failles confèrent une épaisseur certaine à cet ouvrage. Nombreux sont ceux qui bénéficient d’une belle humanité, d’autres sont irrémédiablement perdus dans une noirceur sans fond. Mais ce qui unit majoritairement les personnages de W3, c’est, la souffrance, le deuil et de temps à autre la rédemption. Lara & Demian, assument parfaitement leur qualité de héros. Ils sont de somptueux personnages d’une profondeur remarquable. Lara révèle une force à peine soupçonnée en tant que femme d’Ilya Kalinine et Demian prend enfin sa position de personnage central.

Pour ce qui est de l’écriture, elle est toujours aussi fluide et agréable à lire. Très cinématographique, elle est addictive. Certes on oscille entre deux styles qui transparaissent, celui portant l’action et celui soutenant la réflexion des personnages. Mais, comme on dit « ça le fait ! ». Et « ça le fait bien ».

W3 était un programme ambitieux. Le Calice le clôture avec brio la trilogie. Il s’agit maintenant d’en ressortir. Le lecteur est intact. Enfin, presque. Il lui reste de nombreuses images en tête et le souvenir de personnages attachants.

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