Garth RISK HALLBERG : City on fire

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Flag-ETATS-UNIS

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Plon en janvier 2016

Traduit par Elisabeth PEELLAERT

31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur lui, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige.

Qu’est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s’entremêler jusqu’au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais…

(Source : Plon – Pages : 992 – ISBN : 9782259228190 – Prix : 23,90 €)

L’AVIS DE ERIC CHAVET

City On Fire, un livre qui a tout d’abord fait son actualité pour les 2 millions de dollars versés par la maison d’édition, pour un premier roman. Un cachet record, un pavé d’un peu moins de 1 000 pages. Forcément, cela intrigue… Qu’attendre d’un tel livre sinon une expérience nouvelle, un voyage unique, une révélation, une claque ? A 2 millions, il ne peut en être autrement.

Et bien, si…

De claque, je n’en ai pas eu, si ce n’est parfois celles que je me suis, peut-être, donné pour ne pas sombrer, certains soirs.

Attention… Je ne suis pas en train de prétendre que City on fire est un mauvais roman, et le talent de Garth Risk Hallberg ne fait aucun doute. Articulé autour de la tentative de meurtre d’une jeune femme, le livre nous plonge avec réussite dans l’atmosphère de New-York des années 70, son écriture est aboutie et l’auteur gère, avec une maîtrise étonnante pour un premier roman, une vaste galerie de personnages. Il a un grand talent pour nous faire partager leurs émotions, leurs luttes, leurs fragilités, leur complexité. Une belle imagination au service d’une écriture sensible, intelligente. Précise. Oui, City on Fire est une grande saga, maîtrisée de bout en bout, ambitieuse… Trop ?

Malgré cette maîtrise, on arrive à se perdre, à décrocher parfois, perdu dans cette abondance de destins croisés, et de digressions qui renforcent la profondeur psychologique des personnages, mais qui nous éloignent du cœur de l’intrigue. Des enjeux de pouvoir au sein d’une famille riche, un père remarié à une une femme autoritaire, accompagnée de son frère machiavélique, un fils homosexuel, ancien chanteur vedette d’un groupe punk, qui a renié les siens, son petit ami noir universitaire qui a quitté son sud natal, un journaliste fouineur, un flic bientôt à la retraite, un groupe de marginaux, une mouvance punk eux-aussi, réunis autour d’une sorte de gourou… Tant de personnalités sur lesquelles Garth Risk Hallberg s’attarde, et qu’il dissèque.

Alors on tourne les pages, on suit tous ces parcours pour savoir quand, comment et pourquoi ils vont se retrouver, dans cette ville plongée soudain dans le chaos d’une panne électrique géante. On attend avec fébrilité que tout prenne sens, d’être frappé par une ultime surprise…  Un ultime feu d’artifice, comme tend à nous promettre la couverture. Mais Garth Risk Hallberg a semble-t-il oublié de nous offrir ce bouquet final tant espéré. La fin du livre nous laisse sur notre faim, les personnages disparaissent ou se diluent, à se demander pourquoi il lui a fallu autant de pages pour en arriver là… Pour en arriver où, au fait ?

Je n’aurais pas pu aller au bout de tant de pages si je n’y avais trouvé aucun plaisir. Peu de livres ont la force de vous tenir la main sur un si long chemin. Mais, et c’est un comble après près de 1000 pages, City On fire m’a laissé un goût d’inachevé, d’inaccompli. Il lui manque une fin à la hauteur de son ambition.

A qui conseiller City on fire ? Aux lecteurs amoureux de défis pour un  challenge gros pavé ? Aux fanatiques de New-York ? Aux nostalgiques de la mouvance punk ? A ceux qui aiment suivre les grandes sagas ? A chacun, certainement, de trouver ce qui pourra lui plaire dans ce roman, s‘il en a le courage de s’y attaquer et s’il parvient jusqu’à la dernière page.

Différent, certainement. Des qualités. Sans aucun doute. Une révélation… Ça se discute.

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