Dean KOONTZ : Série Jane Hawk – 01 – Dark web

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Etats-unis
Dean KOONTZ - Serie Jane Hawk - 01 - Dark web
Dark Web
  • Éditions Archipel le 14 février 2018
  • Éditions Archipoche le 6 février 2019
  • Traduit par Sébastien DANCHIN
  • Pages : 400
  • ISBN : 9782809823622
  • Prix : 22,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Il faut que j’en finisse. » Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé, mais qui y met fin… subitement.

Son épouse, Jane Hawk, du FBI, ne croit pas à la thèse du suicide. D’autant qu’ils sont de plus en plus nombreux à connaître le même sort sur le territoire américain… En cherchant des réponses, Jane met au jour – avec l’aide d’un hacker spécialiste du Dark Web – un complot visant à manipuler mentalement les êtres humains. Très vite, elle devient la fugitive la plus recherchée des États-Unis. Y compris par sa propre hiérarchie. Ses ennemis semblent posséder un secret si terrifiant qu’ils semblent prêts à tout pour l’éliminer. Mais leur influence et leur perversité suffiront-elles pour arrêter cette femme aussi intelligente que déterminée ? L’amour est comme la vengeance : il ne connaît nulle limite…

L’AVIS DE YANNICK P.

Un thriller basé sur l’action, une chasse à l’homme où l’on se doute que le contrôle des masses devient primordial.

David contre Goliath. David, c’est Jane Hawk, inspectrice du FBI, qui refuse de croire que son mari (Colonel du corps des Marines) se soit donné la mort. Goliath, ceux sont ceux qui se cachent derrière un complot sordide qui génère une hausse alarmante de suicides dans tous les États-Unis.

Jane se cache de ses anciens collègues pour découvrir la vérité sur ces suicides et surtout sur celui de son mari. Après avoir mis son fils à l’abri, elle voyage en évitant toute traçabilité, payant en en cash, n’utilisant que des téléphones jetables, et en ayant enlevé le GPS de sa voiture. Face à la fugitive la plus recherchée des États-Unis, une machine diabolique maitrise les arcanes du numérique dont le Web et met toute en œuvre pour la retrouver. Le thriller d’action se meut en thriller d’anticipation. Rouages et manipulations sont au rendez-vous.

A ce stade, le titre Dark Web, m’a laissé sur ma faim. Finalement, la notion est évoquée rapidement et est à mon sens plutôt racoleuse et éloignée du roman. Le titre originel, The Silent Corner me semble plus juste. Dommage, car ce choix éditorial est une fausse promesse.

Reste que Dean Koontz maitrise. Il maitrise complétement l’art de construire un récit dynamique. Sur la forme, tout est formaté. Cela fonctionne à merveille mais ce n’est pas le roman de l’année. Dark Web, 1er tome d’une série à venir (sinon je ne comprends pas la fin) a tout pour devenir un blockbuster et pour venir colorier les écrans des salles obscures. Malheureusement, une fois ôté le côté divertissant, le style tombe à plat. L’écriture se révèle d’une relative platitude.

Si le classicisme du scénario ne confère pas à l’ennui, l’exercice de style reste toutefois entrainant. Bref, Koontz fait le job malgré une sur-promesse éditoriale.

L’AVIS DE CATHIE L.

Né le 9 juillet 1945 en Pennsylvanie, Dean Koontz est un romancier américain auteur de romans policiers, de romans noirs, de SF, de romans d’horreur et fantastiques. Malgré une enfance vécue sous le joug d’un père alcoolique et violent, il obtient une maîtrise de lettres. En 1967, il décroche son premier poste de professeur d’anglais à la Mechanicsburg High School. Il consacre son temps libre à l’écriture. Son premier roman, intitulé Star Quest, est publié en 1968. Quelques années, il publie des romans de suspense et d’horreur sous plusieurs pseudonymes et sous son vrai nom. C’est avec Whispers ( La nuit des cafards dans la version française), roman publié en 1980, qu’il obtient son premier gros succès. Il réside dans le sud de la Californie, région où se passent la plupart de ses histoires.

Dark Web, The Silent Corner en version originale parue en 2017, a été publié en 2018 par les éditions Archipel. Le style est vif, brut, taillé au couteau. Les phrases construites sommairement impriment un rythme soutenu. Les descriptions concises donnent juste le nécessaire pour fixer le décor :

« Le centre-ville, planté de pins et de chênes, avait gardé des airs de Far-West. Au-delà des bâtiments les plus anciens datant de l’époque des pionniers, des constructions plus récentes avaient adopté l’architecture western avec plus ou moins de bonheur. » (Page 21).

Les scènes d’action alternent avec des scènes moins mouvementées, plus descriptives, correspondant aux faits et gestes de Jane, aux étapes de son enquête, construction qui donne au roman un rythme à double vitesse, propre à entretenir le suspense :

« Elle raccrocha, démarra et explora les environs jusqu’à ce qu’elle trouve une benne près d’un chantier. Elle n’avait utilisé que quelques minutes achetées avec le portable, mais elle n’entendait pas courir de risque inutile. Elle baissa sa vitre, lança le téléphone dans la benne, et s’éloigna au volant de la Ford en direction du Pierce College. » (Page 124).

Jane Hawk, inspectrice au FBI, en congé sans solde, rend visite à la veuve de Gordon Lambert, lieutenant-général dans la Marine, qui s’est donné la mort quelques jours plus tôt, dans des circonstances pour le moins troublantes. Tout comme le mari de Jane, Nick, qui s’est suicidé quatre mois plus tôt, sans raison apparente, alors que tout marchait bien dans sa vie et dans leur couple, laissant un curieux message, écrit d’une écriture illisible, comme s’il perdait peu à peu l’usage de sa main. S’agit-il d’une coïncidence ? De meurtres habilement déguisés ?

Comment expliquer le taux de suicide anormalement élevé qui s’abat sur le pays :

« A ceci près que tous ces suicides se sont déroulés de façon étrange. Il s’agit à chaque fois d’individus bien dans leur vie qui ne souffrent pas de dépression et n’ont pas de problèmes d’argent. Aucun n’a le profil habituel des personnes ayant des tendances suicidaires. » (Pages 28-29)

Malgré la désapprobation de sa hiérarchie, Jane veut des réponses. Elle décide de mener seule son enquête. Enquête dérangeante. La jeune femme ne tarde pas à se retrouver face à des ennemis invisibles, mais bien présents, qui ne reculent devant rien et disposent d’importants moyens, bien décidés à la faire taire et à étouffer le scandale qu’elle s’apprête à mettre au jour. Qui sont-ils ? Des officiels ou des membres d’un groupe occulte.

Jane, seule contre tous, aura besoin de toutes ses ressources et de son instinct pour les identifier et déjouer leur complot. Son seul point faible : Travis, son fils âgé de cinq ans !!!

Dark Web peut parfaitement être qualifié de thriller d’ambiance. Je sais que vous allez penser que cette expression ne signifie rien. En fait, si… Dans ce thriller basé sur une chasse à l’homme ( ou plutôt à la femme), les lieux sont secondaires. Il est plus important de ressentir ce que les personnages vivent ; pour ce faire, quoi de plus évocateur que de décrire l’atmosphère dans laquelle se déroule telle ou telle scène.

Par exemple, l’ambiance d’orage symbolisant la menace qui pèse sur Jane :

« La ville restait dans l’attente du déluge qu’annonçaient des accumulations de nuages sombres. Les fenêtres des immeubles étaient allumées alors qu’on était en plein jour, les conducteurs roulaient avec leurs phares dans ce faux crépuscule, à la façon de sous-marins se croisant sous l’eau. » (Page 53)…

…Où l’angoisse et l’appréhension transpirent par tous les pores de la peau :

« Par cette chaude journée de mars, des gouttes de sueur lui glissent le long de la nuque et coulent de ses aisselles. Le ciel est d’un bleu sans tache qu’imite l’océan, le soleil se reflète sur l’eau et lui brûle les yeux entre les arbres. Des vagues s’écrasent mollement sur le sable en poussant vers la grève une odeur d’algues pourries. » (Page 134).

Le jeu d’ombres et de lumières accentue ce sentiment de malaise et de mystère, créant le suspense :

« Aucune porte ne perçait le mur, mais celui-ci, haut de deux mètres, était facile à escalader. Elle se hissa au sommet et observa le jardin plongé dans l’obscurité. Rassurée, elle se laissa tomber sur la pelouse et contourna la piscine sur l’eau sombre de laquelle se reflétait une lune brisée. La lumière qui filtrait de l’une des fenêtres éclairait faiblement le patio… » (Pages 204-205).

Dean Koontz propose, avec Dark Web, un roman sombre et lumineux à la fois, sombre par son thème de manipulation sur l’humain afin de créer un surhomme capable de vivre plusieurs siècles en lui injectant des nanoparticules, enjeu autant économique que scientifique; lumineux par la personnalité de Jane, cette femme courageuse et déterminée prête à braver les pires dangers pour déjouer le complot inique auquel elle se trouve involontairement mêlée.

Le + : un aperçu de cette Amérique de contrastes où se côtoient le luxe effréné de milliardaires ne sachant plus que faire de leur argent et la misère de banlieues délaissées où survivent des gens échoués là, à quelques centaines de mètres.

La fable du pot de terre contre le pot de fer véhiculant le message d’espoir qu’il existe encore des humains probes, pour qui l’amitié, l’amour, l’éthique d’une humanité que l’on ne cherche pas à transmuter pour d’obscures motivations peu avouables autres que purement médicales, ont une signification réelle et sincère. Les avancées techniques devraient constituer un but en soi et non un moyen de récolter gloire, pouvoir et argent…

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