Bernard MINIER : Soeurs

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France
Bernard MINIER - Soeurs
Soeurs
  • Éditions XO le 4 avril 2018
  • Pages : 480
  • ISBN : 9782374480343
  • Prix : 21,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pauvres âmes déchues.
Il a fallu que je vous tue…

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.

Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.

Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle-t-il pas La Communiante ?… L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.

Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.

L’AVIS DE YANNICK P.

J’avais été un poil déçu par Nuit. J’étais resté sur ma faim. Avec cette cinquième aventure de Martin Servaz, Minier nous sert une belle cuvée. Une enquête au long cours, entre deux époques, les années 90 et aujourd’hui. Bernard Minier a su se renouveler en revenant sur les débuts de Servaz pour lui forger son âme et ce qui le caractérise. Ce thriller est passionnant et subtil.

Deux époques.

Fin 80s, un trio dans une forêt sombre, deux ados, un inconnu. Vient ensuite, l’apparition de Martin, étudiant en lettres ravagé par la découverte de son père, suicidé. Début 90s, Servaz, a abandonné ses ambitions littéraires après un passage par l’école de Cannes-Ecluse, il intègre l’équipe de Kovalski, un flic autoritaire. Il est jeté dans sa première enquête criminelle. Deux sœurs Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans sont retrouvées mortes. Cela devient sa première confrontation avec Erik Lang, auteur à succès de « La Communiante », doté d’un égo incroyable, détestable et mystérieux.

Pour le lecteur que je suis, c’est la promesse d’un duel à la hauteur de Servaz. Car ce cinquième opus se joue sans Julian Hirtmann. Certes, il est en tache de fond quand Minier évoque Gustav, le fils de Martin, mais Lang sert de nombreux propos. Et Minier ne commet pas l’erreur de se répéter.

Mais revenons avant à la seconde période. 2018, Servaz hérite d’un dossier sur le décès suspect d’une certaine Amalia, l’épouse de Lang … en tenue de communiante. Un curieux dénominateur commun.

Jouer sur deux périodes, octroie à Bernard Minier la possibilité de revenir la fragilité de Martin, les failles qui l’ont construite, sa vie, son père, sa relation aux autres. Servaz jeune, la vingtaine hirsute face à Lang, sa jetée dans la vie d’adulte, son dépucelage professionnel. Lors de sa première enquête, il était sous le jong de Kovalski, aujourd’hui Servaz mène sa propre équipe, Samira Cheung et Vincent Espérandieu. Eux, sont bien présents. Martin se remet de sa période Hirtmann. Il semble maitriser son métier et partiellement ses émotions. Quant à Lang, il continue à rencontrer le succès. Il s’est forgé sa tour d’ivoire et ses relations avec ses fans paraissent avoir évolué aussi. Car c’est aussi de cela dont s’agit Sœurs. L’évolution.

Comme les personnages, la société a évolué. Côté police, les outils de recherche et d’investigation ont changé. Les droits, les devoirs et les limites procédurales également. Côté écrivain, la relation auteurs-lecteurs a été bousculée entre 93 à 18. Les réseaux sociaux offrent une proximité qui peut virer à l’obsession. Tout cela permet de belles interrogations et offre à l’auteur un creuset, une marmite pour concocter une intrigue intelligente et assez complexe – ok, à partir du second tiers j’avais en tête une partie de la vérité, mais une partie seulement.

Pourtant, les êtres demeurent viscéralement attachés à leurs fondements. Au-delà de la carrière de l’écrivain et de celle du flic, les personnages mis en scène sont ciselés. Suffisamment pour tenir tout bon lecteur en haleine.

Minier se bonifie avec ce thriller. Il monte, à mon sens, d’un cran tant dans le fond que dans la forme. Il nous glisse tout en douceur vers un monde violent à travers un suspense savamment maîtrisé.

Le cru Minier 2018 est bon. Très bon. Il se déguste et s’avale avec un grand plaisir.

 

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