Présentation Éditeur
Elle émerge lentement, aveuglée par un projecteur. Nue et enchaînée à une table métallique. Près d’elle, un homme portant un masque de porc installe une caméra. Il se retourne vers l’objectif et prononce quelques mots avant de saisir un marteau : « J’ai bien reçu vos paiements. Nous allons pouvoir commencer conformément à vos directives. » Belgique, été 2006. Un promeneur découvre un corps sauvagement mutilé. Contraint d’intégrer la section criminelle d’un village tranquille, Matt entame sa première enquête. Rien ne pouvait le préparer à ce qu’il va découvrir. Tiré de faits réels, Jack Jakoli vous invite à prendre part à une terrible descente aux Enfers…
Origine | ![]() |
Éditions | Ifs collection Phenix Noir |
Date | 19 décembre 2019 |
Pages | 308 |
ISBN | 9782390460022 |
Prix | 20,00 € |
L'avis de Clémence
Vous en avez marre des Thrillers ordinaires, j’ai ce qu’il vous faut.
Le livre dont je vais vous parler, aujourd’hui, c’est une bombe, une claque, un uppercut pris de plein fouet.
Un chapitre d’introduction brutal, qui vous plonge sans ménagement dans un monde parallèle. A ce moment, vous vous dites on va se trouver dans un thriller violent, ça ne fait que commencer…
Et bien non ! C’est bien pire !
Jack nous propose une intrigue menée d’une main de maître où les codes sont parfaitement respectés.
Pas besoin de surenchère de la violence, les faits parlent d’eux même.
Cela vous fera froid dans le dos d’apprendre que cette histoire est inspirée de faits réels.
C’est assez déstabilisant de se dire que j’ai adoré me plonger dans cette histoire sordide, mais Jack a ce talent de conteur de nous exposer les faits tels quels sans nous passer la pommade.
Tout y est !
Tout d’abord le rythme. Les pages se tournent à une vitesse folle et j’ai eu envie plus d’une fois d’étrangler les voisins dans la salle d’attente où je me trouvais pour lire encore et encore.
Ensuite, l’ambiance, complètement glauque, oppressante. Des sous sols, a la prison, en passant par les vieilles maisons, aucun lieu n’est laissé au hasard.
Je vous ai déjà dit à quel point ce thriller est maîtrisé ?
La fin est inattendue et l’auteur a réussi à me surprendre, ce qui devient de plus en plus compliqué.
Catabase, du grec ancien, signifie « l’action de descendre ». Souvent utilisé dans les épopées grecques, le terme catabase évoque la descente du héros dans le monde souterrain des enfers…
Vous l’aurez compris, Jack vous propose une descente aux enfers, dans un monde parallèle effrayant !
Par son écriture incisive, mais si fluide, l’auteur nous offre un thriller percutant !
Jack a tout d’un grand et le prouve avec ce premier roman ! Croyez moi cet auteur va très vite devenir un incontournable !
L'avis de Yannick P.
Ce polar noir fait partie du Prix des Auteurs Inconnus dont j’ai la chance d’être un des chroniqueurs et à ce titre, je dois avouer mettre laisser aller à une lecture attentive.
La couverture est belle. Très bien travaillée. Tous les éléments du noir sont présents. Aucun doute, je vais nager dans le thriller à défaut dans un vrai polar. Elle est sombre et efficace. Le bandeau avec la citation de Ghislain m’attire. Sur un linéaire de libraire. Il est clair que je prends ce livre et le retourne pour en savoir plus. Là, débuter par un extrait c’est offrir plus qu’une promesse. Nous sommes dans un roman noir. C’est clair. La bio est courte et elle fait sens. Elle donne de la maitrise à l’auteur. Toutefois, la mention tiré de faits réels m’interpelle. C’est agaçant comme on peut être curieux voire voyeur durant ces moments.
Aucune fioriture. On entre dans le vif du sujet de manière brutale. Sur le fond, l’auteur ne se limite pas. Il frôle le gore parfois, y plonge souvent. Il ne s’embarrasse pas de faux semblant. Dans la forme, j’ai pu relever quelques incongruités, mais franchement ce n’est pas le débat.
L’écriture de Jakoli épouse le fond. Elle est saccadée, bardée de phrases courtes et riche de dialogues.
Débuter par un supplice est un pari. Soit le lecteur arrive à y survivre, soit il abandonne. Je suis passé au second chapitre. La relation familiale est tendue à souhait. Je suis bien dans un roman noir. Un truc violent, qui si je le continue va sans aucun doute secouer. Je dois être un peu maso.
Je continue.
Pourtant un truc me gêne. Le poids du 1er chapitre versus les autres.
Le poids de l’horreur. L’assassinat de Karen Wagner. Une tendance à virer vers le malsain. A mon sens, l’horreur n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle est suggérée. L’écrire est un exercice. Le lire également. Avec La Catabase, il me manque une respiration, une once de subtilité. Si les chapitres sont courts, il semble me manquer un liant. A mesure que j’avance, chapitre après chapitre, la mécanique se découvre, les déviances et les errances. Le mouvement devrait se créer, mais je passe à côté. Il me manque du fond pour ne pas uniquement me focaliser sur les déformations des personnages. Qu’il s’agisse de Matt Leymans ou de Gabriel Dumas, de la caste ou des élus, tous me semblent un peu caricaturaux.
Avoir de la matière est un des fondements du polar. Jakoli comme un certain nombre de flics en bénéficient. Mais raconter une histoire ou l’écrire c’est avant tout savoir emporter le lecteur avec soi. Ma lecture de La Catabase est assurément l’idée ce que l’on peut se faire d’une rencontre qui n’a pas eu lieu. Enfin, si, mais sans le déclic.