Matthieu ELHACOUMO : Ashley Loyd

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France
Matthieu ELHACOUMO - Ashley Loyd
Ashley Loyd
  • Auto Éditions le 12 mars 2018
  • Pages : 52
  • ISBN : 9781980544623
  • Prix : 3,34 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je m’appelle Ashley Lloyd, je suis morte il y a trois jours, je me suicidée après avoir subi de nombreuses intimidations, des insultes et après qu’un mec m’a brisé le cœur.

L’AVIS DE CLÉMENCE

Ashley Loyd, adolescente, s’est suicidée suite au harcèlement subi dans son établissement scolaire. Tom, le garçon dont elle est amoureuse l’a piégée… profondément humiliée, elle s’est donné la mort .

Le livre débute par la lettre laissée par l’adolescente pour sa mère .

Ce roman ne se présente pas comme les autres, il ne se compose que de documents d’enquête, de mails échanges entre les personnages…

L’idée est bonne. De plus, le harcèlement scolaire est un sujet d’actualité inacceptable. Cependant , je ne m’attendais pas du tout à cela. J’espérais autre chose. Le côté fantastique irréel ne m’a pas plu, j’ai trouvé cela surjoué, bref je n’ai pas accroché… désolée

L’AVIS DE LAURENT FABRE

Ashley Loyd de Matthieu Elhacoumo est un thriller d’horreur court, glacant et intense !!!

Il était une fois une lycéenne américaine comme des millions d’autres. Enfin, presque …
Parce qu’elle était différente du commun des mortels, parce que la vie sur Terre est souvent injuste, parce que la vie ne fait pas de cadeau, parce qu’elle était victime d’harcèlement alors un jour, elle a décidé de se suicider.
Son nom est Aslhey Loyd.
Voici son histoire …

J’avais lu et chroniqué il y a une semaine un récit authentique d’un cas de harcèlement scolaire.
De la réalité à la fiction …
Ce récit est purement imaginaire, l’auteur précise en préambule qu’il comporte des scènes choquantes et ne doit s’adresser qu’à un public averti.
A peine 20 ans et déjà à son actif plusieurs romans dont le dernier, Les sentiments innocents avec une couverture signé Matthieu Biasotto, autant dire qu’il est prolifique.
Je remercie Zonelivre pour m’avoir permis cette lecture sur format numérique.
Bien qu’il existe également une version brochée, ce roman est optimisé pour être lu sur une liseuse et je vais vous expliquer pourquoi.

Au vu du nombre de pages, je m’attendais à découvrir une histoire sous forme d’une nouvelle avec des chapitres courts et tutti quanti, une intro, un développement et un dénouement.
Que nenni !
La première chose qui frappe en l’entamant est qu’il s’agit d’un assemblage hétéroclite d’éléments à charge digne d’une véritable enquête policière.
Comme une lettre posthume de la suicidée adressée à sa mère, des interrogatoires de témoins, des documents ou des conversations privées figurant sur les rapports criminels.
Car la piste d’un suicide « forcée » ne fait aucun doute dans l’esprit des enquêteurs. Reste à savoir comment une jeune étudiante a pu commettre l’irréparable, qui l’a poussée à bout, pourquoi toute cette haine pour la harceler pendant des semaines ?
Pour apprécier ce roman court mais d’une noirceur extrême, il faut être prêt à toute éventualité, à embarquer dans un univers étouffant et d’une violence qui peut jaillir à tout instant au vu des indices proposés sous différentes formes, si vous aimez les films ou les romans d’horreur et fantastique, si vous n’avez pas peur de l’inconnu, de cette frontière entre la vie et la mort, de fouler des territoires interdits, cette histoire aura peut-être un air de déjà vu mais ce n’est pas le plus important.
Dans cette assemblage de documents et autres comptes-rendus, ce qui est intéressant est l’immersion au coeur des évènements ayant précédé ou suivi le suicide d’Asley Loyd
Ce procédé permet de saisir et de comprendre toute la complexité de l’affaire, les faits sont là, bruts, exposés et c’est à vous d’écrire votre propre histoire dans votre tête, de relier tous les éléments disparates, des hypothèses contradictoires, des phénomènes inexpliqués ou irrationnels, des épisodes d’une grande angoisse.
Quand vous avez vu ou lu des centaines (milliers) de films ou histoires d’horreur, même en en faisant abstraction pendant la lecture d’Asley Loyd, l’ambiance est là, inquiétante, malsaine.

Ce roman s’inscrit dans l’air du temps avec les technologies qui existent aujourd’hui, les téléphones portables, les réseaux sociaux, pour autant il ne s’agit pas de dénoncer le progrès mais les dérives qui peuvent en découler, la malveillance de certaines personnes, le cyberharcèlement, l’usurpation d’identité.
Et bien sûr, la cause de tous ces maux qui trouve son origine dans le harcèlement, cette brutalité qui vous tombe dessus, dans une nouvelle rentrée, dans une nouvelle école, de nouveaux éléves, un contexte particulier pour faire plonger la vie d’Asley Loyd dans un puit d’enfer, de solitude, de trahison, de consternation et toujours cette violence délétère et physique.
Cette répétition de faits au quotidien fragilise encore plus, si nécessaire, la victime, le mal est partout, invisible, il peut surgir à tout moment et par tous les moyens.

Sans dévoiler davantage tout ce qui vous attend dans cette histoire flirtant souvent avec l’étrange, le fantastique, les stigmates du passé, j’ai souvent pensé à des scènes précises et mémorables, issues de la culture populaire de l’horreur dans le cinéma ou la littérature de genre comme Ring de Hideo Nakata (adapté de Kōji Suzuki, ce dernier s’étant inspiré de Poltergeist datant de 1982), Ju-on de Takashi Shimizu, Kairo de Kiyoshi Kurosawa, une vision dantesque du mal à l’état pur, une ère moderne qui frappe les esprits les plus malléables, une frange de la jeunesse privée de repères qui cherche à donner un sens à leur existence, quand il n’y a plus de place sur Terre, l’Enfer c’est pour les autres …
Par sa construction et tous les raccords proposés, Asley Loyd peut aussi faire penser à des films tels que Paranormal Activity ou aux V/H/S, La mort au bout du fil de Takashi Miike.
D’autres thématiques viendront égayer le récit et vous apprécierez la montée en puissance du suspense qui va voir s’effondrer des scénarios courus d’avance pour mieux vous destabiliser, vous choquer et par la magie d’un montage astucieux des faits présentés.

A défaut de pouvoir critiquer directement la plume de l’auteur ou de découvrir une histoire dans sa forme classique à travers cette mosaïque de documents bruts mais pas illogique pour autant, ce sera à vous de reconstruire et de reconstituer tout le puzzle, ce roman démontre déjà une amplitude à poser les bases d’une intrigue dont le but est de vous faire monter votre palpitant et vous faire douter jusqu’à toute la fin que vous ne voyez pas venir et c’est déjà beaucoup.
Une lecture rapide mais extrême et cauchemardesque.
Pour peu que vous soyez embarqué dès le début, à travers le personnage central de la suicidée, titre éponyme du livre, Asley Loyd, son ombre vous poursuivra tout le long de votre lecture, des révélations, des surprises viendront égrener le récit, un dénouement inattendu, c’est souvent dérangeant de par le sujet délicat, de quoi vous rendre claustrophobe ou terrifié mais ne verse jamais dans la violence gratuite ni le gore outrancier.

Saurez-vous survivre et comprendre tous les rouages de l’affaire Asley Loyd ?

Un petit conseil pour savourer ce livre comme il se doit, le soir ou la nuit de préférence, débranchez votre téléphone, allumez votre liseuse, éteignez toutes les lumières et vivez l’histoire à 100 % !!!
Terreur nocturne garantie.

C’est une oeuvre auto-éditée par un jeune auteur qui gagne à être connu, il fait déjà montre d’un savoir-faire indéniable pour nous raconter … une histoire frissonnante à souhait, c’est de l’épouvante, de l’horreur, du fantastique, du drame, bref tout le monde peut y trouver son compte sous des angles d’attaque différents.
Retenez bien ce nom, Matthieu Elhacoumo, vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

 

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