Johan THEORIN : L’Echo des morts

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Suede

INFOS ÉDITEUR

Johan THEORIN : L'Echo des morts

Parution aux éditions Albin Michel en février 2010

Parution aux éditions Livre de Poche en février 2012

Traduit du suédois par Rémi CASSAIGNE

Après L’Heure trouble, salué par la critique internationale, L’Écho des morts explore à nouveau l’atmosphère étrange de l’île d’Oland, où les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s’installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée au coeur de l’hiver, Katrine Westin est retrouvée noyée et son mari sombre dans la dépression. Alors que d’inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l’enquête est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un accident..

(Sources : Albin Michel – Pages : – – ISBN : 9782226195791 – Prix : 20,30 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Un murmure : est-ce le vent ou les paroles lointaines d’un mort ?

Katrine, son mari et ses enfants sont venus s’installer sur l’ïle Oland. Ils ont envie d’un nouveau départ loin de la ville et pour mettre de la distance avec un deuil qui leur pèse… Un prénom féminin qui revient. Ont-ils perdus une petite fille ? Pour l’instant ils ne se livrent pas. C’est d’abord la maman qui est venue avec ses petits en attendant que son époux est fini sa mission professionnelle.

Ils habitent une vieille demeure chargée d’histoire. Son bois vient d’un navire qui s’est échoué il y a plusieurs siècles. Les bois craquent, il y a dans ces lieux une atmosphère toute particulière. La silhouette des deux phares juste à côté renforce l’aspect intemporel et séculaire. La grange ne semble pas être un simple appendice…

Mais alors que notre sympathique famille avait prévu un nouveau départ, c’est un drame très douloureux qui les frappe de plein fouet. Le rêve se brise net et il faut essayer d’aller de l’avant avec un membre de la famille en moins…

Cette tragédie est assortie d’une horrible confusion. Le nouvel agent de police, une jeune femme, va commettre une terrible bévue…

Un texte qui va même au-delà du roman policier. Il y a effectivement un corps, des policiers mais nous ne sommes pas dans une classique intrigue policière. Johan Theorin, avec beaucoup de justesse et de sensibilité, a traité du deuil. De la difficulté d’aller de l’avant, de mettre un pied devant l’autre lorsqu’un être cher a disparu.

Chaque personne est tellement bien décrite que l’on a le sentiment d’avoir fait des rencontres. D’être allé sur l’île d’Oland et d’avoir assisté impuissant au drame. Mais c’est aussi un véritable hymne à la vie et à la transmission entre les générations. Angle de très bien incarné par Gerlof et Tilda, cette dernière enregistre les souvenirs du vieil homme comme autant de biens précieux. Il ya également son envie d’exceller dans son travail de flic pas évident dans un environnement très masculin et avec un ancien instructeur qui est également son amant.

Une prose vraiment magnifique. On a envie de lire “L’Echo des morts” au coin du feu bien calé dans un gros fauteuil et de raconter certains passages à voix haute. Il y a dans l’oeuvre de cet auteur suédois, une très belle place pour les contes et les légendes. Il y a un extrait que j’aime tout particulièrement et que j’ai envie de vous faire partager : “-C’est seulement une vieille histoire, dit Gerlof. On la raconte dans beaucoup d’endroits, pas seulement sur öland. Les morts célèbrent leur office de Noël : les morts de l’année reviennent pour se recueillir. Ceux qui les dérangent alors doivent fuir pour sauver leur vie”. Joakim hocha la tête. “Une rencontre avec les morts. – Tout à fait. C’est une croyance bien ancrée, selon laquelle on pouvait à cette occasion revoir les morts… pas seulement dans les églises, chez soi, aussi. – Chez soi ? – A noël, la coutume veut qu’on mette des lumières aux fenêtres, dit Gerlof. C’est pour que les morts retrouvent leur chemin.”

Roman fantastique ou policier ? A vous de juger et de découvrir. Pour ma part, j’ai été complètement séduite. Et j’ai aimé me laisser surprendre par le fil de l’histoire et par la frontière très mince entre les genres. Je me tais à présent et je laisse Johan Theorin vous conter son histoire…

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