Arnaldur INDRIDASON : Enquête d’Erlendur – Tome 8 – La muraille de lave

0
127
Islande

INFOS ÉDITEUR

Arnaldur INDRIDASON : Enquête d'Erlendur - Tome 8 - La muraille de lave

Parution aux éditions Métailié Noir le 03 mai 2012

Parution aux éditions Points Seuil en mai 2013

Titre original : Svörtuloft

Traduit de l’islandais par Eric BOURY

La Muraille de lave à laquelle fait allusion le titre est une falaise de basalte au pied de laquelle un tourbillon violent engloutit toutes les embarcations qui s’approchent, c’est aussi le surnom qui a été donné au siège social d’une grande banque, à l’architecture sombre et aux pratiques discutables.

Le commissaire Erlendur est parti en vacances sur les lieux de son enfance et il a disparu, mais son équipe continue à travailler.

Tandis que Elinborg, la fine cuisinière, s’occupe d’une affaire de viol (La Rivière noire), Sigurdur Oli, le moderne formé aux États-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l’un des témoins de l’affaire de pédophilie en partie résolue dans La Voix.

Ce même jour, un ami lui demande d’aider un couple de cadres qui, pratiquant l’échangisme, fait l’objet d’un chantage. Troublé par ses problèmes de nouveau divorcé, Sigurdur Oli va cependant aller jusqu’au bout d’une histoire qui lui révèle la cupidité qui s’est emparée de la société islandaise avec l’expansion mondiale des modèles financiers.

Commencé comme un polar classique, La Muraille de lave tisse les trames de plusieurs affaires et entraîne le lecteur dans les tourbillons de la perte de critères moraux et de l’impudeur de l’amour de l’argent.

(Source : Métailié – Pages : 320 – ISBN : 9782864248729 – Prix : 19,50 € – Points Seuil)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Argent versus morale.

Tailler un masque de cuir pour la vengeance. Car la douleur a été trop longue jusqu’à la destruction… Une gorgée de Brennivin pour se donner du courage, les souvenirs de rares moments de bonheur dans la campagne.

Le retour au présent : sera accompli ce qui doit l’être…

Sigurdur Oli est sollicité par un de ses amis de lycée et d’université pour intervenir dans une histoire de moeurs qui risque d’éclabousser sa famille par alliance.

Echangisme, rackett… même si ces domaines ne plaise pas à Sigurdur, il va tenter de jouer les négociateurs et il va se retrouver malgré lui sur une scène de crime…

Pas facile d’éviter les tensions lorsque le commissaire Erlendur et que les membres de son équipe, Sigurdur Oli et Finnur, n’ont pas la même façon de procéder. De plus, impossible d’avoir ses conseils, il ne répond pas de son lieu de vacances, même pas à sa fille.

La vie privé de Sigurdur n’est pas plus simple que sa vie professionnelle. Difficultés pour communiquer avec sa compagne Bergthora qui ne peut pas avoir d’enfants… Et une mère Gaga qui a une emprise sur lui qu’il ne maitrise pas et qu’il ne réalise peut-être pas.

« La muraille de lave » d’Arnaldur Indridason est vraiment un roman captivant avec plusieurs strates que l’on découvre au fil de la lecture. C’est dans un premier temps une véritable immersion dans le paysage islandais : paysage d’abord urbain où tout le monde semble lié (« la population de l’Islande était si réduite qu’on pouvait difficilement faire abstraction des liens familiaux ou amicaux. On ne pouvait y échapper. » p 149) puis viendra la découverte de « la muraille de lave ».

Dans un second on perçoit la partition d’Indridason qui écrit plusieurs mélodies qui se marient très bien. Loin d’être cacophonique, bien au contraire, plusieurs personnages sont dominants et on suit leur rythme, leur histoire. Pou un final surprenant car il y a une symphonie cachée dans ce texte. En effet, une vielle enquête va dévoiler de nouveaux aspects qui enrichira ceux qui ont suivi tous les romans de l’Islandais. Mais un lecteur qui fera ses premiers pas dans cet univers sera également conquis.

Il y a des thèmes que l’on retrouve également chez les danois Soren et Lotte Hammer dans « Morte la Bête » (Actes Nois, Babel Noir) : L’auto-justice, la pédophilie. Très troublante image de ces pays nordiques. A cela s’ajoute le pouvoir de l’argent. Du risque d’une explosion économique. J’ai eu envie de m’assoir à la table d’un café en compagnie d’Arnaldur Indridason pour l’ attendre parler encore plus en détails du fonctionnement de ce pays que je connais si peu.

Le texte est très vivant : beaucoup d’échanges verbaux avec un ton parfois incisif qui donnent vraiment l’impression aux lecteurs d’assister aux différents interrogatoires.

Le danger en refermant ce livre c’est une furieuse envie de vous précipiter dans l’agence de voyage la plus proche pour acheter un billet d’avion pour l’Islande.

Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.